Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 23:19
Les Mardis d’ESSEC : Sébastien Bazin, directeur général du groupe ACCOR, et Olivier Grémillon, directeur général d'Airbnb pour la zone EMEA

La nouvelle tendance axée sur la consommation collaborative a bouleversé de nombreuses entreprises, notamment dans les secteurs du voyage et de l'hébergement. Avec l'arrivée de sociétés comme Bla Bla Car, Airbnb et Uber, dont on parle dans le monde entier, nous avons voulu savoir comment les autres acteurs de ces marchés réagissent face à ces nouveaux concurrents ? Le mardi 23 mars, l'ESSEC Business School a eu le privilège d'accueillir Sébastien Bazin, directeur général du groupe ACCOR, et Olivier Grémillon, directeur général d'Airbnb pour la zone EMEA, pour connaître réellement ce que ces sociétés pensent l'une de l'autre. Accor et Airbnb ciblent des marchés similaires tout en adoptant des stratégies sensiblement différentes en termes d'offre de services. Ces sociétés sont-elles vraiment concurrentes ?

Messieurs Bazin et Grémillon conviennent indubitablement que la réponse est non. Elles ne sont pas concurrentes. En fait, les deux directeurs estiment que leurs entreprises se complètent mutuellement, tout comme l'atteste la situation du marché à Paris. Airbnb propose plus 44 000 appartements à Paris, ce qui n'empêche pas Accor d'enregistrer d'excellents résultats. M. Bazin affirme que tant que les utilisateurs d'Airbnb restent fidèles au concept initial de ce service et qu'ils n'utilisent pas la plateforme dans le cadre d'un usage industriel ou commercial, Accor saura s'adapter à l'évolution du marché dont la base se trouve être maintenant le client et sa réaction émotionnelle. Airbnb a même parfois été une source d'inspiration pour Accor.

M. Bazin considère que le succès d'Airbnb s'explique par la croissance annuelle de 5% du nombre de voyages enregistrés dans le monde entier. La croissance des hôtels, elle, s'effectue à un rythme plus modeste, qui est de l'ordre de 2%. Un des aspects fondamentalement différents qui existent entre ces deux sociétés, c'est leur coût en capital. Les marchés financiers semblent valoriser Airbnb en fonction du nombre de voyageurs et de clics que la société génère, tandis que le groupe Accor est évalué sur ses gains et revenus. Par conséquent, la capitalisation boursière d'Airbnb est supérieure à celle d'Accor, même si Airbnb ne possède aucun bien immobilier. Ce terrain de jeu inégal impose à Accor de relever un énorme défi, celui de se développer et d'évoluer plus vite qu'Airbnb, tout en étant handicapé par son poids.

Si on veut analyser plus profondément le sujet, il faut identifier les différences qui existent entre ces deux services : Doivent-ils être liés par une même règlementation étant donné qu'ils proposent pratiquement la même chose ? Une fois de plus, nos deux intervenants conviennent que non. Puisque ce sont des produits différents, ils ne peuvent être réglementés par une même politique. Les hôtes d'Airbnb paient des impôts sur le revenu alors que les hôteliers paient des impôts sur les sociétés. M. Bazin précise également qu'il n'a aucun intérêt à combattre Airbnb sur le terrain des modalités d'imposition tant que la compagnie reste fidèle à son concept initial, qui est de fournir un hébergement local à domicile aux voyageurs. Du point de vue du groupe, Accor est une entreprise d'hébergement qui tente d'adopter une dimension technologique, alors qu'Airbnb est une entreprise basée sur les nouvelles technologies qui essaie d'améliorer son offre d'hébergement. Airbnb est une entreprise basée sur les nouvelles technologies, affichant des compétences développées fermement dans l'univers numérique. Le groupe Accor peut-il rattraper son retard ?

Historiquement, les hôteliers ont toujours mis l'accent sur leurs produits et leurs marques. Cependant, depuis 2005, le secteur a connu une évolution rapide, avec des sociétés comme Expedia et Orbitz qui sont entrées sur le marché, et qui ont remplacé les canaux de distribution existants et érodé les marges de profit. M. Bazin convient que l'industrie n'a pas réagi assez rapidement à ce changement et qu'aujourd'hui, Airbnb, contrairement à Orbitz et à Kayak, représente une véritable menace pour le modèle existant et prédominant dans l'industrie hôtelière car elle prend sa part dans l'économie du marché. Pour Accor, il n'y a rien d'autre à faire que de cesser d'être spectateur et de devenir acteur. M. Grémillon rappelle qu'Airbnb est une société axée sur le design. Elle a par exemple dépensé beaucoup d'argent en envoyant des photographes professionnels prendre des photos de plus de 50% des sites dans les principales villes. Airbnb est plus réactive, plus dynamique et plus leste que d'autres entreprises comme Accor et tire profit de sa capacité à aller vite et à créer le buzz à tout moment pour gagner en rentablité. Accor a identifié un processus en 7 étapes pour décrire l'expérience du voyage dans son intégralité

1.Le rêve

2.Le choix

3.La réservation

4.La planification du voyage

5.Le voyage/séjour

6.Le partage de l'expérience

7.La fidélité

Accor veut travailler très dur pour être présent au-delà de l'étape 5 et faire partie du rêve et bien plus encore.

Pour y parvenir, le groupe doit arrêter de se concentrer sur l'aspect commercial de son offre et construire une relation affective avec ses clients existants et potentiels. Que peut bien réserver l'avenir à ces deux sociétés ? M. Grémillon prévoit une forte croissance pour Airbnb ! Il voudrait voir, par exemple, jusqu'à 900 000 appartements dans son porto folio à Paris, dans un avenir proche. Le marché chinois est également en vue, mais pose toutefois d'autres défis car Airbnb devra repenser son partenariat avec Google avant d'entrer sur ce marché.

Airbnb souhaite également étendre les services proposés afin de couvrir plusieurs aspects de l'expérience de voyage, mais bien sûr, aucun détail n'a été communiqué. De son côté, M. Bazin pense que l'avenir d'Accor dépend de la capacité d'adaptation du groupe. L'ESSEC Business School tient une fois de plus à remercier les représentants de ces deux compagnies pour avoir participé à cette soirée et partagé toutes ces information perspicaces.

Merci également aux organisateurs, élèves, anciens élèves et membres du personnel pour leur participation.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by FO ACCOR
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Syndicat FO Accor
  • Syndicat FO Accor
  • : le blog du syndicat FO au sein du Groupe Accor
  • Contact

NOUS SOMMES TOUS CHARLIE

je-suis-c.png             


Recherche

Découvrez le nouveau site FGTA FO

PiedMail_FGTA-FO4
           
cliquez sur le lien ci-dessus

FORMULAIRE ADHESION

FOAccor

  Si vous souhaitez adhérer à notre Syndicat,
    renvoyez votre formulaire d'adhésion à
  l'adresse ci dessous avec votre réglement à
 l'ordre du

  fleche 058-copie-5Syndicat FO ACCOR
253, Bis rue de Vaugirard
75015 Paris

bateau 015

VISITEURS


compteur visiteurs

Hommage à Léon Jouhaux

leon-jouhaux.jpg

Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.