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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 07:31
FO Accor vous informe: La moitié des Français estiment « passer à côté de leur vie »

Une enquête d'opinion publiée en septembre illustre le mal-être des Français. Elle doit tous nous alerter.

 
 

 

On connaissait les Français râleurs, mais les savait-on pessimistes ? À l'occasion des « Trophées du bien-être » décernés lundi 21 septembre, une enquête Ipsos publiée le 17 septembre montre que 47 % des Français estiment « passer à côté de leur vie ».

 

Pour plus d'un tiers d'entre eux, cela génère « une dévalorisation de soi-même », « le sentiment de ne pas être reconnu à sa juste valeur » (36 %), « de ne pas être bien dans son corps » (35 %) et suscite même « des envies de tout quitter et de changer de vie » (39 %). Ces chiffres sont alarmants et préoccupants.

 

Histoires de vie

 

Ces chiffres me rappellent un matin d’hiver vers 8 h 30 sur l’esplanade de la défense. Sortant du parking, je regardais une marée humaine déferler vers l’une des grandes tours surplombant le CNIT. Un sentiment de tristesse m’avait envahi à la vue de ce spectacle gris d’hommes et de femmes qui, tels des robots, allaient sans entrain vers leur bureau de verre passer la journée en attendant le retour 10 heures plus tard. Sans doute, certains d’entre eux étaient heureux d’aller à leur travail, sûrement mon biais perceptuel pouvait amplifier cette impression, dans tous les cas, ça ne respirait pas globalement le bonheur et la légèreté.

 

On pourrait se dire, leur niveau d’éducation, social… les y obligent, pas d’autres choix ! Le niveau social ou d’éducation n’a rien à voir avec l’affaire.

 

Ces chiffres me rappellent aussi un dîner avec un grand serviteur de l’Etat à qui tout avait réussi, jusqu’à devenir garde des Sceaux ; je me rappelle cette émotion dans sa voix quand il déclara avec pudeur avoir le sentiment d’être passé à côté de sa vie : « je voulais être vétérinaire, j’aime tant les animaux… la vie en a voulu autrement ! ». L’une de nos grandes peurs est celle de la trahison. Mais la plus grande trahison ne serait-elle pas celle de vivre la vie d’un(e) autre en revêtant et en s’identifiant à un costume qui n’est pas le sien ?

 

Enfin, ça me rappelle l’histoire – il y a 15 ans – de John S., un écossais qui était participant d’un séminaire « Vocation & Réussite » que j’animais. John venait d’être quitté par IBM qu’il avait servi depuis l’âge de 19 ans. Après une ascension remarquable, il était devenu CFO de l’une des grosses Business Unit. À 50 ans, il voulait créer son entreprise, en avait rêvé depuis toujours… Au moment de finaliser son projet qui lui tenait tant à cœur, il s’effondra en larme disant « j’ai peur, je n’y arriverai pas ». Toute sa vie, il avait cru réussir en gravissant les échelons, et en prenant de grosses responsabilités. Durant ces années, IBM était devenue comme une matrice protectrice, sa carte de visite, son costume. Démuni, il était nu, regardant sa peur, et moi j’étais touché.

 

Tous issus du même modelage

 

Nous sommes atteints de surdité chronique. Oui, nous sommes sourds à l’appel. L’appel de cette voix au fond de nous, que nous connaissons tous, et qui sait ce que j’aime ou ce que je n’aime pas, qui sait quelle est ma place et celle qui ne l’est pas ; cette voix, vocation, chacun de nous l’entend, mais si peu l’écoutent.

Est-ce par surdité ou parce qu’un autre bruit plus grand couvre le son de cette voix et rend sourd ? J’opte pour la seconde hypothèse : ce bruit s’appelle éducation, formatage, projection sur soi du désir des autres…

Beaucoup d’entre nous sont, dès l’enfance, pris dans ce modelage qui deviendra le masque social ( persona) fait de fonctions, de diplômes et d’expériences extraordinaires résumés en un CV et décrivant aux autres qui l’on croit être. Peu à peu, nous nous identifions à ce titre en dessous du nom sur une carte de visite de 6 cm2.

 

Un futur sous hypothèque

 

En plus du bruit des sirènes de la réussite, il y a la course… La course à l’avoir dans un monde où je suis ce que j’ai. Ce que j’ai à crédit. Alors, travailler devient l’art de rembourser sa dette et de se façonner cette persona, une apparence extérieure qui devient dure et qui étouffe la voix douce qui pleure en disant : « ce n’est pas ce que j’aime » et qui n’entend que comme réponse : « tu n’as pas le choix ! »

Nous vivons dans un état de peur – souvent inconscient – et acceptons des compromis sur notre vie que nous hypothéquons au propre comme au figuré. Derrière l’armure sociale qui se forge, qui se blinde, le soi intérieur se meurt, seul dans un vide de plus en plus sombre. L’être se dévitalise. L’issue, la seule façon d’arrêter devient la maladie, l’accident, la dépression, le burn-out… ce cri intérieur ultime qui dit stop je suis perdu(e) ! 47 % des Français seraient dans ce cas, et il y a donc une chance sur deux que cela résonne pour vous.

 

Le devoir de donner

 

Il semble temps de se retrouver, de se reconnecter à cet appel profond sous peine de danger imminent.

Si la vocation (voix) montre la voie, la vie nous a dotés également de talents uniques, de dons. On les appelle dons, car ce sont les dons de la vie. Si la première grande souffrance vient de ne pas être à sa place, la seconde est de ne pas faire don de ses dons. La vraie générosité est sans doute de donner ce qui nous a été donné dès l’origine.

Les résultats de l’enquête Ipsos sont peut-être – en définitive – une bonne nouvelle : en révélant un malaise profond, ils témoignent d’une prise de conscience collective croissante de la nécessité vitale d’un retour au vrai, d’une reconnexion à l’essence de ce que nous sommes et peut-être de la fin annoncée de ceux que certains appellent déjà l’Ancien Monde. Ces résultats appellent à se (re) poser la question de notre vie et de notre place.

 

Nous sommes ces 47 % de Français

 

Jeudi 30 septembre matin, sur France Inter, s’exprimant sur le sens de la vie, Edmond Baudoin (artiste dessinateur), disait : « la vie est un passage ». Si la vie est un passage, nous en sommes aussi les passeurs. Ce n’est pas tant la peur de mourir que celle de vivre qui bloque ce passage.

Je crois que – paradoxalement – nous sommes tous ces 47 %, à différent moment de la journée ou de la semaine. Oui, il nous faut garder le canal ouvert et il n’est pas utile d’attendre davantage de malaise pour agir et créer ce futur dont nous rêvons.

Le chemin d’évolution passe par le questionnement et le questionnement résulte souvent d’une situation qui devient inacceptable. C’est un chemin d’évolution, de transformation individuelle et collective. Un chemin difficile, souvent lent, parfois désespérant qui demande patience, confiance et humilité… Il s’accomplit dans l’intimité de soi sans jamais savoir où il mène.

Un ami indien d’Amérique du Sud me disait un jour : « Vous savez, la vie est une aventure dont vous ne ressortirez pas vivant ! Alors, n’attendez pas et n’en attendez rien, vivez là ! Simplement ».

 

 

Source les Echos : Laurent Saussereau PDG de YUMAN


En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-141263-un-francais-sur-deux-passe-a-cote-de-sa-vie-1164023.php?ZeUBRRTrPHWK4wTF.99#xtor=EPR-3038

 

 

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
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Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.