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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 14:24
Fo Accor vous informe: Sommet de l'Economie: comment AccorHotels fait face à la violence d'Airbnb

Sommet de l'Economie avec Sébastien Bazin (Accorhotels) Vincent Beaufils (Challenges) et Olivier Grémillon (Airbnb) Marc Bertrand/Challenges

La rencontre lors du sommet de l'Economie, organisé par Challenges, entre Sébastien Bazin du groupe AccorHotels et Olivier Grémillon d'Airbnb a symbolisé la confrontation entre l'ancien et le moderne dans le business du tourisme.

Un acteur de l’économie traditionnelle face à un nouveau venu du numérique. Cette confrontation, organisée lors du 2ème Sommet de l’économie, promettait d’être passionnante. Elle l’a été grâce à un dialogue constructif entre l’ancien et le moderne. Face à face, Sébastien Bazin, PDG d’AccorHotels, et Olivier Grémillon, directeur Europe et Afrique d’Airbnb. Le géant américain de la location de logements entre particuliers, créé il y a moins de dix ans, pèse aujourd’hui plus de deux fois la capitalisation boursière d’AccorHotels. En France, Airbnb affiche sur son site 150.000 annonces de location et Paris est devenue sa première ville au monde, avec plus de 50.000 annonces, devant Londres et New York. De quoi déstabiliser le groupe Accorhotels. Celui-ci a d’ailleurs porté plainte récemment contre Booking, le portail de réservation en ligne, pour concurrence déloyale. Il a également créé sa propre plate-forme de réservation ouverte à ses propres marques, comme Novotel, Mercure ou Ibis, mais aussi à des milliers d’hôteliers indépendants.

Contrairement à ce que l’on pouvait prévoir, il existe une certaine connivence entre les deux hommes qui se connaissent bien. Pourtant, le phénomène Airbnb a de quoi inquiéter Accorhotels: plus de 60 millions de personnes ont utilisés Airbnb depuis sa création en 2008 et 2 millions de logements sont proposés sur son site. « Forcément, il m’agace, a souri Sébastien Bazin, en guise d’introduction, mais je l’ai dit: c’est un formidable succès et une belle histoire. Et personne ne va arrêter l’histoire. » Mais l’idée originelle de la plateforme de mise en relation entre particuliers n’a-t-elle pas été dévoyée ? Aujourd’hui, certains en font un business industriel en louant pour le compte d’autres des dizaines d’appartement. Or, ceux-là n’ont pas, loin s’en faut, les mêmes règles sociales, fiscales et économiques que les hôteliers.

« Effectivement, il y a des professionnels sur notre site mais ce n’est pas notre modèle, insiste Olivier Grémillon. D’ailleurs, 93 % de notre offre à Paris émanent de particuliers qui n’ont qu’un seul appartement en location » Et d’ajouter : «We love regulation. Le système est très clair ». Certes, mais pas pour tous. Certains membres continuent de louer leur logement plus de quatre mois par an ou leur résidence secondaire, ce qui requiert à Paris des autorisations supplémentaires. La violence du phénomène est inouïe. A Paris, c’est comme s’il y avait eu 600 hôtels de 100 chambres ouverts en deux ans. « Mais moi, je reçois des handicapés tous les jours. Vous faites quoi pour ces populations ? », interroge Sébastien Bazin qui se voit répondre du tac au tac par Olivier Grémillon : « C’est la beauté du système, on ne fait rien. En fait, beaucoup mieux car les logements neufs, qui appliquent ces normes, représentent 10 % de notre offre. » Le patron d’Accor revient alors à la charge avec un nouvel angle d’attaque, prenant la salle à partie : « Est-ce que vous apprécieriez d’avoir un appartement dans votre immeuble loué chaque semaine à des personnes différentes qui reçoivent les codes d’accès sur leur téléphone mobile ? ».

Olivier Grémillon a bien conscience qu’Airbnb doit faire des efforts pour rassurer les professionnels et les collectivités locales. Malin, il rappelle que le site a commencé à collecter la taxe de séjour à Paris pour le compte des propriétaires. « Nous allons développer ce service dans d’autres villes. » Dont acte.

Mais jusqu’à quel point cette révolution peut impacter AccorHotels ? « Il y a plus d’opportunités que de menaces, considère son patron. Et de détailler : j’accueille 280 millions de personnes par an, 600.000 par jour, avec du personnel motivé. Je vais travailler sur le cheminement du voyageur en lui offrant des services tout au long de la journée. » Le groupe devrait prochainement faire des annonces dans ce sens, et cela notamment grâce au numérique, division qui emploie désormais 200 personnes à AccorHotels. Le géant hôtelier a d’ores et déjà lancé une place de marché ouverte à 8.000 établissements indépendants dans 320 villes du monde. Pourquoi cela ? « 70% de l’offre mondiale est dans les mains de particuliers contre 30% pour les chaînes, indique Sébastien Bazin. Face à cette mutation technologique, la capacité d’adaptation de ces hôteliers est très faible car ils n’ont pas l’expertise, ni les moyens. Nous nous adressons à eux pour offrir ce qui se fait de mieux et créer du trafic sur notre site. »

De son côté, Airbnb veut améliorer l’expérience de ses membres en personnalisant les résultats selon le profil de l’utilisateur. « Nous allons proposer les logements qui correspondent le mieux à chacun d’entre eux avec une petite sélection d’une dizaine d’annonces », révèle le jeune dirigeant du site en Europe. Sans complexe, celui-ci ne se considère nullement comme un « nouveau barbare » mais au contraire un missionnaire qui fait quelque chose de « fondamentalement bon ». En France, par exemple, ce sont 2 millions de voyageurs étrangers qui ont utilisé Airbnb au cours des 12 derniers mois dont une partie n'aurait probablement pas voyagé. Sébastien Bazin ne donne pas dans l’angélisme mais il reconnaît que l’industrie hôtelière est bénie des dieux. « Il y a aujourd’hui 1,4 milliard de personnes qui voyagent chaque année, en augmentation de 5% par an, dont 80 millions viennent en France. Cela offre un réservoir immense et le temps de la réflexion ». Et Vincent Beaufils, directeur de la rédaction de Challenges, de conclure : « on n’a jamais vu un homme agressé si heureux. »

 

 

 

Source: Challenges

 

 

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Hommage à Léon Jouhaux

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
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Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.