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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 09:22
FO Accor vous informe: Loi Travail: l'escalade de la contestation en six actes

© Fournis par BFMNewsLoi

 

Travail: l'escalade de la contestation en six actes

Débat, bras de fer parlementaire, manifestations houleuses, blocages de raffineries: alors que la contestation se durcit, retour sur les grandes dates du périlleux parcours du projet de loi travail.

Files d'attentes aux stations-services, production d'électricité affectée, transports perturbés, manifestations spontanées et une huitième journée de mobilisation ce jeudi pour réclamer le retrait du texte: la grogne contre la loi Travail s'est clairement durcie ces derniers jours, les actions se propageant des raffineries aux centrales nucléaires et au trafic SNCF. Retour sur trois mois de contestation de ce très contesté projet de réforme du Code du Travail.

 

> Acte I: l'avant-projet de loi dévoilé

 

Avant même la présentation officielle du texte en conseil des ministres, une odeur de soufre entoure le projet de réforme de la ministre du Travail Myriam El Khomri. L'avant-projet de loi réformant le droit du travail - qui n'est pas définitif - est transmis au Conseil d’Etat le 17 février. Il instaure la primauté des accords d'entreprise en matière de temps de travail - le fameux article 2 - un plafonnement des indemnités prud'homales et précise les conditions de licenciement économique.

Le Medef est plutôt satisfait, le PS embarrassé, les "frondeurs" de la majorité en colère. Tous les syndicats dénoncent les mesures sur les indemnités prud'homales et les licenciements économiques, et certains, comme la CGT, également la primauté des accords d'entreprises. Mais surtout, dans une interview, la ministre du travail laisse entendre qu'elle est prête à utiliser le 49.3 pour faire passer sa réforme. Si le président de la République François Hollande finit par rectifier le tir, d'aucuns s'alarment déjà d'un passage en force du gouvernement.

 

> Acte II: une pétition lancée, la contestation s'organise

 

Deux jours plus tard, le 19 février, la pétition en ligne "Loi travail: non merci !" est lancée. Elle recueillera rapidement plus d'un million de signatures. Les premières manifestations ont lieu le 9 mars. La première journée de mobilisation contre le texte réunit plus de 220.000 manifestants à Paris et en province, selon le ministère de l'Intérieur.

 

> Acte III: le gouvernement revoit sa copie

 

Pour tenter d'éteindre la grogne, le gouvernement édulcore le projet. Le 14 mars, une version 2 du texte (qui sera adopté dix jours plus tard en conseil des ministres) est présentée. L'exécutif recule sur les articles les plus contestés, dont le barème des indemnités prud'homales. L'initiative est saluée par les syndicats "réformistes" dont la CFDT, mais décriée par le patronat. Sept syndicats et organisations de jeunes (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl) réclament son retrait et maintiennent des appels à manifester.

 

> Acte IV: Naissance de "Nuit debout", des incidents

Le 31 mars, entre 390.000 personnes (autorités) et 1,2 million (syndicats) manifestent pour le retrait dans toute la France. Une cinquantaine de manifestants engagent dans la nuit l'opération "Nuit Debout", avec une occupation symbolique de la place de la République à Paris. Le mouvement citoyen s'y installera pour plusieurs semaines, essaimera dans d'autres villes de France, et tentera même de s'exporter à l'étranger.

D'autres journées de manifestations, parfois violentes, se déroulent dans toute la France, les 5, 9 et 14 avril. De plus en plus d'incidents émaillent les manifestations. Comme le 28 avril, lorsque de violents affrontements en marge des défilés qui réunissent entre 170.000 personnes selon les autorités, et 500.000 selon la CGT.

 

> Acte V: Valls dégaine le 49.3

 

Le texte arrive à l'Assemblée nationale le 3 mai. Mais très vite, le gouvernement se rend compte qu'il n'a pas la majorité pour faire passer le projet de loi. Le 10 mai, Manuel Valls dégaine le 49.3 pour faire adopter le texte sans vote. A deux signatures près, les opposants de gauche échouent à déposer une motion de censure. Le 12, celle de la droite est rejetée, sur fond de manifestations tendues, en particulier deux jours plus tard à Rennes.

 

> Acte VI: bras de fer engagé entre Valls et la CGT

 

Une nouvelle journée de mobilisation a lieu le 19 mai avec blocages, manifestations et grèves dans les transports routier, ferroviaire et aérien. Dans toute la France, 68.000 personnes manifestent, selon la police, 400.000 selon la CGT. Le lendemain, la CGT, premier syndicat français, appelle au blocage des raffineries, "étape supplémentaire" pour obtenir le retrait de la loi.

Mercredi, la contestation s'est encore durcie: à la veille d'une huitième journée de grèves et de manifestations, six raffineries sur huit étaient bloquées. Le gouvernement a envoyé les forces de l'ordre débloquer le dépôt de carburants de Douchy-les-Mines, dans le Nord, après avoir fait de même mardi à Fos-sur-Mer. "La CGT ne fait pas la loi dans le pays", a lancé à l'Assemblée nationale le Premier ministre, Manuel Valls, au sujet des blocages organisés par la centrale syndicale pour protester contre le projet de loi, dont il a assuré qu'il n'y aura pas de "retrait".

Et demain la grève générale ? Le leader de la CGT, Philippe Martinez, brandit à demi-mot la menace, appelant à "une généralisation de la grève partout, dans tous les secteurs". Selon un sondage Elabe pour BFMTV publié mercredi, 7 Français sur 10 sont en tout cas favorables au retrait du texte pour éviter un blocage du pays

 

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Hommage à Léon Jouhaux

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.