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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 08:24

Sébastien Bazin joue avec le feu. En s'opposant en coulisse, auprès des pouvoirs publics comme de ses investisseurs, au chinois Jin Jiang, qui s'est invité à son capital, le patron d'AccorHotels a pris un risque : celui de perdre son job si, demain, ce concurrent asiatique, qui est déjà son premier actionnaire, finit par réclamer sa tête. Certes, Jin Jiang a avancé en partie masqué. Il a grappillé des actions Accor sans faire clairement connaître ses intentions et, bien qu'il soit, en Chine comme en Europe, concurrent du français, il cherchera sans doute demain à peser sur sa stratégie sans pour autant aller jusqu'à lancer une coûteuse OPA. Sébastien Bazin, qui oeuvre avec talent depuis 2013 à la modernisation d'un géant de l'hôtellerie, a de quoi être irrité d'être ainsi mis sous pression par plus riche que lui. Mais serait-il légitime que l'Etat français pèse pour bloquer le chinois ? L'hôtellerie n'est pas un secteur stratégique comme les télécoms ou la défense. Rien ne devrait donc empêcher un actionnaire étranger d'acheter des actions AccorHotels en Bourse. Certes, une fois de plus, il conviendrait de souligner diplomatiquement que la Chine propose un capitalisme à deux vitesses. Ses groupes sont dans presque tous les secteurs capables de s'imposer sans contrainte sur la scène mondiale, mais son propre marché est souvent cadenassé. A quelques exceptions près, les Chinois peuvent faire des acquisitions hors de leurs frontières, mais la réciproque est soumise au feu vert des autorités chinoises. Accor peut être acheté par Jin Jiang, mais il n'y a aucune chance que cette émanation de la municipalité de Shanghai puisse être rachetée par des investisseurs étrangers ! Il y a là incontestablement une part d'injustice dans ce « deux poids, deux mesures » qu'il conviendrait de traiter au moins à l'échelle européenne plus que simplement française. Une coalition d'intérêts entre des Allemands qui cherchent à défendre leurs fabricants de machines-outils et des Français soucieux pour leurs hôtels a néanmoins peu de chances d'émerger dans les temps. Les investisseurs chinois sont aujourd'hui à la fois très riches et très pressés. Inquiets du ralentissement économique sur leur marché intérieur ou redoutant d'être un jour victimes de luttes politiques, les entrepreneurs chinois exportent leurs milliards. On peut s'en préoccuper. On pourrait aussi se dire qu'ils perçoivent énormément de valeur dans des groupes et des marques occidentales que nos Bourses, elles, ont souvent tendance à bouder. Nos groupes sont-ils victimes de l'appétit chinois ou du manque d'appétit des investisseurs occidentaux ?

Source Les Echos

@DavidBarroux

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Hommage à Léon Jouhaux

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.