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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 08:48
FO Accor vous informe: L’Etat attentif face à la montée de Jin Jiang dans Accor

« Le gouvernement suit avec attention le dossier » : à entendre l'entourage d'Emmanuel Macron en fin de semaine dernière, la montée du numéro un chinois et cinq mondial de l'hôtellerie, Jin Jiang (quelque 5.300 établissements et plus de 572.000 chambres, selon le cabinet spécialisé MKG), au capital de son champion français AccorHotels ne laisse donc pas indifférent le ministre de l'Economie et plus largement les pouvoirs publics. En substance, se posent, il est vrai, de lancinantes questions depuis quelque temps : y a-t-il lieu ou non de préserver ce fleuron national (3.873 hôtels, soit 511.517 chambres, à la fin 2015), privé, coté en Bourse et en bonne santé, d'une éventuelle prise de contrôle rampante ? Et si oui, comment ? A contrario, rétorque-t-on, Jin Jiang, qui soutient ouvertement la stratégie d'AccorHotels et lui a tendu la main pour un éventuel partenariat, ne pourrait-il pas être un allié de choix à l'heure où le tourisme chinois décolle à l'international ? De fait, le gouvernement serait « partagé », selon un financier fin connaisseur du dossier.

 

Si d'aucuns assurent qu' « il a vu venir le coup », son PDG, Sébastien Bazin, n'en a pas moins un sacré casse-tête à résoudre car non seulement Jin Jiang, qui détient déjà Louvre Hotels Group, un concurrent direct d'AccorHotels avec ses enseignes Première Classe, Campanile ou Golden Tulip, est - de loin - son premier actionnaire, avec une part de 15,02 % du capital, selon le dernier pointage officiel (27 mai), mais Jin Jiang n'exclut pas d'accroître encore sa participation sans pour autant vouloir le contrôle. Ce géant chinois, également actif dans la restauration, les agences de voyages, le transport et la logistique, a même proposé, selon « Le Figaro », vendredi dernier, d'acquérir le solde de la participation du duo Colony Capital-Eurazeo, l'actionnaire principal voire prédominant depuis le mitan des années 2000. Les deux sociétés d'investissement détiennent encore de concert 11,08 % du capital.

Flambée du titre en Bourse

Alors que ce tandem a largement amorcé son désengagement, l'annonce de la démarche de Jin Jiang a fait « flamber » le titre Accor dès vendredi : ce dernier a terminé la séance à 40,445 euros, en progression de 6,73 %, soit la plus forte hausse des valeurs composant l'indice SBF 120 d'Euronext. Ce qui en dit long sur la fébrilité des investisseurs....

Si le concert Colony-Eurazeo a vendu l'an dernier un bloc d'actions à 49 euros, on indique cependant de sources concordantes que le sujet Jin Jiang « ne se pose pas en termes de prix. ». Il ne s'agit pas non plus d'une " question personnelle" », allusion au soutien dont dont pourrait bénéficier Sébastien Bazin, ex-patron Europe de Colony Capital. En revanche, la gouvernance d'AccorHotels est au coeur des discussions entre actionnaires. Sébastien Bazin n'a d'ailleurs pas caché ces derniers mois être ouvert à l'entrée de Jin Jiang au conseil d'administration à laquelle le chinois aspire de son côté, à condition toutefois pour le PDG d'AccorHotels d'y mettre les formes. « Il s'agit de coucher sur le papier leurs intentions et leurs engagements, sachant qu'on a à faire à un concurrent direct », rappelle-t-on à ce propos, avant d'ajouter : « Ce n'est pas une question de partenariat car AccorHotels a déjà un partenaire en Chine [Huazhu, NDLR], mais de gouvernance. L'idée serait de s'embarquer pour plusieurs années. » Il s'agirait aussi de plafonner la participation de Jin Jiang, à l'instar du montage liant PSA et son partenaire chinois. Les discussions vont donc bon train d'autant qu'une assemblée générale mixte d'AccorHotels est programmée le 12 juillet. Les actionnaires sont conviés à entériner le rachat des chaînes de luxe Raffles, Fairmont et Swissôtel, et par voie de conséquence l'entrée au capital du Qatar et du holding du prince saoudien Al Waleed, à hauteur respectivement de 10,5 % et de 5,8 %. « L'AG est un jalon, mais ce n'est pas une contrainte de calendrier. Il ne se passera rien du tout concernant Jin Jiang s'il n'y a pas d'ici là un accord sur la gouvernance », prévient toutefois une source bien informée.

 

Cela étant, il est difficile d'imaginer que la situation reste en l'état durablement. Six ans après la mise en Bourse de l'ex-branche services d'Accor (devenu Edenred), trois ans après l'arrivée à la tête du groupe de Sébastien Bazin - à la fin août 2013 -, l'été devrait être animé chez le champion français de l'hôtellerie, d'autant que l'ouverture du capital de son pôle immobilier est plus que jamais un sujet de réflexion. Une telle initiative serait d'autant plus majeure qu'elle pourrait faciliter un éventuel rapprochement dans un contexte de consolidation amplifiée de l'hôtellerie mondiale. De quoi tenir à distance Jin Jiang...

 

Réflexions autour de l’avenir du pôle immobilier

 

Sollicité par des investisseurs, AccorHotels doit se pencher sur l’éventuelle ouverture du capital de son pôle hôtelier.

La direction d'AccorHotels songe sérieusement à l'éventuelle ouverture du capital de son pôle hôtelier, HotelInvest. Certes, la décision n'est pas prise, mais l'examen de cette option devrait être approfondi, dit-on, « au cours de l'été ».

L'opération viserait à répondre à la demande d'investisseurs intéressés par les murs d'AccorHotels, mais pas par son pôle exploitation et franchise hôtelière, HotelServices, tout en accélérant la rotation des actifs immobiliers. Elle permettrait aussi de doter le groupe de moyens substantiels pour accélérer sa croissance. L'opération serait effectivement de taille, la valeur brute d'HotelInvest s'élevant à 6,9 milliards d'euros à la fin de 2015.

A ce stade, les options sont multiples : émissions de titres convertibles, introduction en Bourse, cession partielle ou scission. Un schéma semble toutefois émerger selon certaines sources : il s'agirait de créer une entité spécifique dont Accor SA, la maison mère du groupe AccorHotels, détiendrait moins de 50 % du capital, ce qui permettrait au passage de déconsolider HotelInvest.

 

« Le marché immobilier est porteur et c'est la seule alternative aujourd'hui pour AccorHotels de sortir ses murs à sa convenance », souligne un spécialiste du marché immobilier hôtelier. Ce dernier met aussi en exergue « une course contre la montre » entre le duo Colony Capital-Eurazeo, l'actionnaire de référence en voie de désengagement qui détient encore 11 % du capital, et l'opérateur chinois Jin Jiang, devenu ces derniers mois le premier actionnaire d'AccorHotels, avec une part avoisinant 15 %.

Consolidation amplifiée

Cette séparation entre le métier d'opérateur et l'immobilier permettrait en effet d'externaliser la valeur du groupe mais aussi de simplifier sa structure. De quoi faciliter ultérieurement un rapprochement avec un grand concurrent, dans un contexte de consolidation amplifiée. Une analyse que l'on ne conteste pas dans l'entourage du duo Colony-Eurazeo.

La réflexion intervient aussi à l'heure où « le plan de transformation » initial de Sébastien Bazin, à la tête d'AccorHotels depuis le 27 août 2013, touche de facto à sa fin. Pour mémoire, ce dernier s'est donné deux ou trois ans pour relancer la machine. Tout en assurant ne pas programmer une éventuelle scission, il n'a pas caché non plus que l'éventuelle ouverture du capital d'HotelInvest pouvait se poser à terme, le catalyseur étant la valorisation du groupe.

 

 

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Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.