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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 07:42
FO Accor vous informe: La stratégie de Sébastien Bazin pour contenir les ambitions de Jing Jiang

Sébastien Bazin est prêt à offrir un siège d'administrateur à son principal actionnaire, à la condition que ce dernier accepte de renoncer à prendre le contrôle d'AccorHotels. - Crédits photo : KENZO TRIBOUILLARD/AFP

 

«Sébastien Bazin n'a pas vu venir Jin Jiang chez Accor, assure un proche du PDG du groupe hôtelier français. Il est très malheureux de la présence des Chinois à son capital et fait tout pour les empêcher de prendre le contrôle.» Depuis que Jin Jiang a proposé, en début d'année, de racheter les 11 % d'Eurazeo et de Colony Capital, deux actionnaires historiques d'AccorHotels, Sébastien Bazin tente de convaincre ces derniers de ne pas céder à l'opportunité d'une forte plus-value rapide.

 

Le PDG d'AccorHotels les connaît bien: ex-président de Colony Capital Europe, il est à la fois l'ex-boss de Nadra Moussalem, son successeur, et un proche de Patrick Sayer, patron d'Eurazeo, avec qui il a longtemps fait la pluie et le beau temps au conseil d'administration d'AccorHotels.

Sébastien Bazin pense avoir de bonnes raisons de craindre les ambitions de Jin Jiang. Son prédateur est aussi son rival en France et en Chine. Peu après avoir pris les rênes d'Accor à l'été 2013, le PDG se met en quête d'un partenaire pour développer Ibis en Chine, où son enseigne phare est à la peine.

 

Fin 2014, il doit choisir entre deux candidats: d'une part, Jin Jiang, leader de l'hôtellerie en Chine avec 6700 hôtels, contrôlé par la Mairie de Shanghaï et coté à la Bourse locale ; d'autre part, Huazhu, un groupe hôtelier privé plus petit coté à New York. «La personnalité des patrons chinois a fait la différence, assure un proche de Bazin. Entre Ji Qi, un entrepreneur amateur de bon vin parlant couramment anglais, et Chairman Yu, un haut fonctionnaire ne s'exprimant qu'en mandarin, il s'est senti plus d'affinités avec le premier.»

 

Quelques mois après ce camouflet, Jin Jiang prend sa revanche, en rachetant Louvre Hotels (Campanile, Kyriad…) au nez et à la barbe d'Accor. Snobant les banques d'affaires, les équipes de Chairman Yu proposent directement au vendeur 1,3 milliard d'euros, plusieurs centaines de millions de plus qu'Accor.

Cela ne suffit pas à rassasier les ambitions de Jin Jiang, dans un contexte de consolidation du secteur et d'explosion du tourisme chinois. Jin Jiang s'intéresse à AccorHotels sous l'influence de Pékin. Dans leurs deux derniers plans quinquennaux, les autorités ont fixé comme objectif d'accompagner les centaines de millions de chinois dans leurs tribulations touristiques partout dans le monde.

 

Soutien des actionnaires qatariens

Et la France a déployé des trésors de séduction pour recevoir ces derniers, surtout quand Laurent Fabius, ministre des Affaires Étrangères de 2012 à 2015, a fait du tourisme une cause nationale. Après le rachat de Louvre Hotels, il a reçu Chairman Yu en grande pompe au Quai d'Orsay. Du coup, chez Jin Jiang, on comprend mal la froideur d'Accor. «Ils ont l'impression qu'on est venu nous chercher pour entrer au capital d'Accor», lâche un proche du groupe chinois, réfutant les problèmes liés à sa présence chez les deux leaders français.

 

 

 

Sébastien Bazin est prêt à offrir un siège d'administrateur à son principal actionnaire qu'à la condition que ce dernier accepte de renoncer à prendre le contrôle d'AccorHotels. «Jin Jiang n'est pas dans une logique agressive, les Chinois ne se sont jamais comportés en envahisseurs, assure un proche du groupe. Chairman Yu ne fera rien d'inamical. Mais si Accor ne veut pas de Jin Jiang, Pékin considérera que la France ne veut pas de la Chine.» Si cet argument ne laisse pas insensibles certains membres du clan français, la plupart estiment qu'il s'agit d'un bluff grossier.

 

Eurazeo et Colony Capital sont prêts à entendre les arguments du dirigeant français: ils ne veulent pas donner l'image d'investisseurs cédant leurs parts au prix fort en laissant un groupe en situation délicate. Mais s'ils renoncent à céder leurs actions à 49 euros, le PDG devra leur montrer qu'il est capable de faire remonter le cours d'Accor (38 euros jeudi). Pour y parvenir, le dirigeant mise sur une meilleure prise en compte par le marché boursier de la valeur de sa division HotelInvest, qui détient les murs de 1288 hôtels.

 

L'ancien patron du PSG, proche des Qatariens, compte aussi sur le soutien de deux futurs actionnaires: le fonds Qatar Investment Authority et une société contrôlée par le prince saoudien al-Walid, qui détiendront 10,5 % et 5,8 % le 12 juillet, après l'AG d'Accor entérinant le rachat de FRHI (Fairmont, Raffles). Des proches du groupe français imaginent une opération similaire avec Four Seasons, qui diluerait la part de Jin Jiang.

Autre opération possible: un mariage avec le britannique InterContinental (IHG), qui propulserait Accor en bonne position dans la course au «million de chambres», Graal à atteindre pour survivre dans un monde hôtelier bousculé par les sites de réservations Booking.com et Hotels.com ou encore par Airbnb. «Mais un rapprochement avec IHG ne sera envisageable que lorsque AccorHotels se sera désengagé de l'immobilier», assure un connaisseur du dossier. Sébastien Bazin n'est décidément pas près de résoudre son casse-tête chinois.

Source : Le Figaro

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Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.