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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 07:20
FO Accor vous informe:Les velléités du chinois Jin Jiang, déjà actionnaire à 15 %, de grimper dans le champion français de l'hôtellerie inquiètent les pouvoirs publics.

Depuis cinq mois, le groupe chinois JinJiang a entrepris de grignoter le capital d'AccorHotels, franchissant successivement les seuils de 5% fin janvier, 10% fin février, et enfin 15% en fin de semaine dernière. Ce qui en fait aujourd'hui le premier actionnaire du groupe français.

Jusqu'où JinJiang veut-il aller? Auprès de l'Autorité des marchés financiers, le groupe chinois a constamment affirmé qu'il «n'entend pas prendre le contrôle d'Accor». Pour autant, «JinJiang vise 29% du capital», soit le maximum possible sans franchir le seuil de 30% qui oblige à lancer une OPA, affirme un proche du dossier. Et cette ambition est étayée. De sources concordantes, JinJiang a mis sur la table, au printemps, une offre de rachat des 11,08% détenus, de concert, par le fonds Colony Capital et la société d'investissement Eurazeo. De quoi, déjà, porter à 26,1% sa participation (près de 22% après la dilution liée au rachat de FRH par Accor).

 

Cette offre, à ce jour, reste valable. Selon nos informations, le groupe chinois propose aux deux grands actionnaires d'AccorHotels autour de 45 euros par action. Un prix à première vue alléchant, puisque l'action cote 38 euros en Bourse. Mais Colony et Eurazeo auraient à l'esprit leur propre référence: l'an dernier, c'est à 49 euros par action qu'ils ont cédé un premier bloc de titres (9,65%)… Surtout, les deux actionnaires historiques auraient clairement indiqué qu'ils ne céderaient pas leurs titres à JinJiang sans accord préalable du PDG d'AccorHotels, Sébastien Bazin, et de son conseil d'administration.

 

Pas question pour Paris de laisser l'État chinois mener une opération «de prise de contrôle rampant» d'un fleuron du CAC 40

 

En abattant ainsi ses cartes, JinJiang a donc déclenché les grandes manœuvres. Et l'Etat français y joue désormais un rôle déterminant. Les négociations - qu'aucun acteur ne souhaite commenter - battent leur plein entre Sébastien Bazin et Yu Minliang, le président de JinJiang, mais aussi le gouvernement français, le groupe hôtelier de Shanghaï, et les autorités chinoises. Des discussions essentiellement pilotées par le cabinet d'Emmanuel Macron, et suivies de près au Quai d'Orsay, et à l'Elysée. François Hollande y a été sensibilisé, et pourrait l'évoquer dans le cadre de rencontres bilatérales.

 

JinJiang, qui aurait eu initialement le sentiment d'être bienvenu, a montré patte blanche. Et son représentant a soutenu la stratégie et le management d'AccorHotels devant les actionnaires du groupe fin avril. Mais vu de Paris, l'irruption du groupe chinois inquiète. Le champion tricolore de l'hôtellerie est un authentique fleuron national, «un morceau de France», selon l'expression d'un proche du dossier. JinJiang est, lui, un groupe public, une création de la municipalité de Shanghaï, bref, un «morceau» de l'État chinois. Autant dire que l'enjeu économique a pris un relief diplomatique.

 

L'exemple PSA

La voie d'un compromis est étroite. Pas question pour Paris de laisser l'État chinois mener une opération «de prise de contrôle rampant» d'un fleuron du CAC 40, explique un proche du dossier. Pas question non plus d'entrer en conflit frontal avec Pékin, qui pourrait user de mesures de rétorsion sur l'accès d'Accor et d'autres entreprises françaises au marché chinois.

 

De sources concordantes, les négociations actuelles ont pour objectif de parvenir avec JinJiang à un accord de nature similaire à ceux que le gouvernement français a obtenus chez PSA avec Dongfeng en 2014, et chez Vallourec en début d'année avec le japonais NSSMC. L'objectif, c'est de conditionner l'entrée au conseil d'administration d'AccorHotels, souhaitée par le groupe chinois, à plusieurs engagements gravés dans le marbre d'un contrat, et pour longtemps.

 

Il s'agit d'une part d'obtenir de JinJiang un «standstill», c'est-à-dire un plafonnement de sa participation et/ou de ses droits de vote, et cela sur le long terme. Chez PSA et Vallourec, les nouveaux actionnaires se sont engagés sur 10 et 15 ans. Il s'agit d'autre part d'organiser les modalités de gouvernance en déterminant le nombre de sièges d'administrateur qui pourraient revenir au chinois, la politique de vote en assemblée générale, mais aussi les conditions dans lesquelles JinJiang aura accès aux informations stratégiques chez Accor, surtout en France.

 

Car la complexité du dossier se double d'une dimension concurrentielle: depuis l'an dernier, JinJiang est propriétaire de Louvre Hôtels (Campanile, Première Classe…) qui n'est autre que le challenger d'Accor dans l'Hexagone. Enfin, il faut compter avec les autres actionnaires et partenaires du groupe français. Comme Huazhu, autre groupe chinois qui exploite en franchise des marques économiques d'Accor en Chine. Mais aussi et surtout le Qatar et le prince saoudien al-Waleed, qui vont eux aussi entrer au capital d'AccorHotels, respectivement à hauteur de 10,5% et 5,8% dans le cadre de la reprise par du canadien FRH (Fairmont, Raffles…).

 

Rien n'est donc fait, loin s'en faut. Mais le rythme des discussions s'est accéléré ces derniers jours, dans la perspective de la prochaine assemblée générale du groupe, prévue mi-juillet. C'est à cette occasion que sera bouclée l'opération de rachat de FRH par Accor

Source: Le Figaro Par Bertille Bayart et Service Infographie

 

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.