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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 15:45
FO Accor vous informe : Le drapeau chinois bientôt sur l’hôtellerie française et les loisirs

 

Le modèle économique d'une France sans usines qui en revanche bénéficierait d'un tourisme dopé par les classes moyennes des pays émergents, semble avoir pris du plomb dans l'aile. Le pavillon chinois pourrait bientôt flotter sur les fleurons français du tourisme et des loisirs !

Hôtels Sofitel, Novotel, Mercure, Ibis… bientôt chinois ?

En mars 2015, le groupe hôtelier Jin Jiang, propriété de la ville de Shanghai, a déboursé 1.3 milliards pour l'achat de Louvres hôtels, deuxième groupe hôtelier européen (1120 hôtels aux enseignes Première Classe, Kyriad, Campanile, Tulip inn, Golden et Royal). Yu Minliang, président du groupe chinois, avait alors annoncé au ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, sa volonté de faire de la France la plateforme de son groupe en Europe.

Le Chinois détient depuis fin mai 2016, 15 % de la chaîne d'hôtels Accor, premier opérateur hôtelier européen et sixième au rang mondial (3 800 hôtels Ibis Hôtel, Sofitel, Mercure, Novotel, Formule 1, Pullman…). Jin Jiang est maintenant le premier actionnaire et pourrait monter à 29 % du capital.

Tout en continuant à dérouler le tapis rouge aux investissements chinois, l'État s'inquiète maintenant d'une prise de contrôle rampante d'Accor. Le groupe pourrait bientôt venir grossir le nombre d'entreprises du CAC 40 qui ont quitté le giron français depuis le début du quinquennat, noircissant ainsi un peu plus le bilan économique du gouvernement. Afin de s'opposer aux velléités de mainmise chinoise, une entrée de l'État au capital à hauteur de 10 % a été envisagée.

Bataille boursière entre groupes chinois

Après Jin Jiang, un deuxième loup pourrait pénétrer dans la bergerie. Selon le JDD, Sébastien Bazin, PDG d'Accor Hôtels, serait maintenant en contact avec le conglomérat chinois HNA group. Ce dernier pourrait entrer dans la bataille boursière et s'opposer à son concurrent chinois. Les actions du groupe français monteraient mais l'issue s'avérerait incertaine.

HNA affiche des ambitions internationales depuis plusieurs années. Outre ses autres emplettes à travers le monde, il s'était déjà offert en 2012, pour quelques dizaines de millions d'euros, 48 % d'Aigle Azur, deuxième compagnie aérienne française derrière Air France.

Puis en novembre 2015, après avoir tenté en vain d'acheter le voyagiste français Fram, devenait actionnaire à hauteur de 10 % du capital de Pierre et Vacances - Center Parcs mais s'octroyait, avec 60 % du capital, le contrôle de la coentreprise créée pour développer les activités en Chine.

Fin mai 2016, après son OPA sur GateGroup, géant suisse de la restauration à bord, le groupe chinois raflait ensuite, face au groupe toulousain Newrest, 49.9 % des parts de Servair, filiale de la restauration d'Air France.

Le leader européen des loisirs également convoité

Pour compléter le tableau des acquisitions ou participations chinoises dans le secteur du tourisme, Le groupe chinois Fosun a acheté le club Med en 2015 et convoite maintenant La compagnie des Alpes. En juin 2016, le journal Le Monde dévoilait une négociation au terme de laquelle Fosun pourrait prendre une participation de 10 à 15 % du leader européen des loisirs qui exploite onze des plus grands domaines skiables dont Tignes, Val d'Isère, Les Menuires, Méribel, les Arcs ou la plagne mais aussi des parcs de loisirs dont le Futuroscope de Poitiers, le Parc Astérix et Walibi ou les musées Grévin. Le PDG Dominique Marcel déclarait ces jours-ci au Dauphiné Libéré, être également en discussion avec d'autres partenaires.

Terminons, bien que la liste ne soit guère exhaustive, avec le fonds Kai Yuan Holdings qui a acheté l'hôtel Marriott des Champs Elysées en 2014 et l'État français qui cédait 49.99 % de l'aéroport de Toulouse - Blagnac au consortium chinois Casil Europe, pour un montant de 308 millions d'euros.

Ainsi, les dépenses des touristes chinois, même lorsqu'elles seront réalisées en France, seront souvent captées par des intérêts chinois, dans le secteur du tourisme mais aussi dans d'autres secteurs. Pour exemple, le groupe textile chinois Shandong Ruyi Technology a acquis récemment pour 1.3 md d'euros, l'entreprise d'habillement SMCP qui regroupe les trois marques françaises dites de « luxe accessible », Sandro, Maje et Claudie Pierlot (1 118 points de vente dans le monde).

Derrière les sociétés d'État, la stratégie de Pékin

Afin de pallier rapidement la baisse de croissance chinoise, le gouvernement de Pékin missionne en Europe, un nombre croissant d'entreprises chinoises.

Celles-ci sont souvent des sociétés d'État (SOE) qui constituent ensemble près de 65 % du PIB chinois et représentent 70 % des investissements effectués à l'étranger. En août 2016, dans un article publié dans Marianne, Nouvelles villes chinoises en France : deux ans plus tard, où en est leur implantation ? , nous attirions l'attention sur ce risque.

L'État chinois dispose de capitaux illimités et pourrait à terme, s'emparer, dans les pays occidentaux et plus particulièrement dans les pays les plus accueillants d'Europe dont la France, d'intérêts stratégiques.

Le secteur de l'énergie constitue une cible prioritaire. Le fonds souverain China Investment Corporation (CIC) avance ses pions depuis 2011 et possède maintenant une participation de 30 % dans la branche exploration-production de GDF Suez.

Par ailleurs, il est à craindre que d'éventuelles complications dans la réalisation du chantier à haut risque des EPR d'Hinkley Point, mettent en péril EDF et Areva déjà au bord du gouffre. Les partenaires et actionnaires CNNC (China National Nuclear Corporation) et CGN (China General Nuclear Power Corporation, postés en embuscade au nom d'une guerre économique chinoise sans merci, tireraient très certainement profit des difficultés voire à terme, d'un démantèlement de la filière française de l'énergie. L'empressement de la Chine qui exhortait Londres à donner son feu vert devrait nous alerter. En abandonnant notre indépendance énergétique à l'État chinois, nous hypothéquerions pour longtemps notre avenir économique mais aussi notre sûreté nucléaire.

Francis Journot tient le site Collectivité nationale. Il est membre du mouvement Rendez-nous notre industrie et de l’association Vêtements made in France

Source: AGORA VOX

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


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Il
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Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.