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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 23:19
Discrimination à l’embauche : El Khomri épingle AccorHotels et Courtepaille

Discrimination à l’embauche : El Khomri épingle AccorHotels et Courtepaille

Les deux entreprises sont les seules sur les quarante dont les pratiques ont été testées à ne pas avoir mis en place de plans d’actions jugés satisfaisants par le ministère du Travail. Elles se disent "surprises".

Elle l'avait promis. Elle l'a fait. Dans la foulée de la campagne de test anonyme sur les discriminations à l'embauche liées à l'origine qui a ciblé quarante entreprises privées l'an dernier, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, avait prévenu qu'elle n'hésiterait pas à rendre public les noms de celles qui ne joueraient pas le jeu. Dont acte puisque AccorHotels et Courtepaille ont été mis à l'index ce mardi à l'occasion d'une conférence à l'initiative de l'Association française des managers de la diversité » (AFMD) et des Entreprises pour la cité.

« La situation de ces deux entreprises (...) est particulièrement préoccupante. D'une part, parce le testing a clairement conclu à un risque élevé de discriminations. D'autre part, parce qu'elles ne sont pas parvenues, malgré de multiples relances, à produire un plan d'action satisfaisant pour remédier à leur situation », a déclaré la ministre en clôture de la conférence. Avant d'ajouter qu'elle allait saisir le Défenseur des droits, Jacques Toubon, même si sa porte reste ouverte.

Les maghrébins victimes de discriminations à l'embauche

Pour mener la campagne, deux CV ont envoyés en réponse à 1.500 offres d'emplois de quarante gros recruteurs. Les CV étaient équivalents en tout, sauf sur la consonance du prénom et du nom. Résultat : un écart de 11 points en moyenne en défaveur de candidats maghrébins, et douze entreprises pointées du doigt . Aidé du cabinet Vigeo Eiris, spécialiste de la notation en matière de responsabilité sociale, le ministère a ensuite travaillé avec les quarante entreprises sur des plans d'action, avec une attention particulière portée aux douze mauvais élèves.

De cette évaluation, qui a duré trois mois, Vigeo a acquis une « assurance raisonnable » que dix sur les douze en question maîtrisaient les risques de discrimination, même s'il reste encore beaucoup à faire, en matière de contrôle et de reporting notamment. Pour les chaînes hôtelière et de restauration en revanche, le couperet du « Name and shame » est tombé.

150 milliards gaspillés

Courtepaille a pêché faute d'avoir suffisamment formalisé sa politique en la matière (objectifs, communication, portage, vérification des pratiques dans ses restaurants ...), selon nos informations. AccorHotels dispose bien d'une politique de la diversité, mais elle est jugée « insuffisamment animée ». Ses établissements signent une charte de recrutement sans que le groupe s'assure qu'elle soit appropriée ni demander qu'on lui rende compte.

Outre qu'elles constituent une faute morale, les discriminations à l'embauche sont aussi une aberration économique, a rappelé Myriam El Khomri, ces pratiques coûtant à la France 7 % de son PIB, soit 150 milliards d'euros, selon une récente étude de France Stratégie . Si le phénomène persiste, c'est, expliquent l'AFMD et les Entreprises pour la cité, pour plusieurs raisons : stéréotypes, tabous, absence d'obligation de négocier comme pour l'égalité homme-femme ou les handicapés, interdiction des statistiques ethniques.

Le ministère, qui ne veut pas en rester là, va renouveler sa campagne tous les ans, en l'élargissant à une centaine de recruteurs. En attendant, une grosse vingtaine d'entreprises ont conclu un pacte de bonnes pratiques. On y retrouve ADP, Covea ou encore Michelin.

AccorHotels et Courtepaille « surpris »

Interrogés ce mardi par « Les Echos », AccorHotels et Courtepaille n'ont pas caché leur « surprise » après avoir pris connaissance des observations du ministère du Travail sur leur politique en matière de lutte contre les discriminations. « Nous ne sommes pas satisfaits. Nous avons fait énormément de choses en matière de diversité », a notamment commenté la directrice Diversité du champion français de l'hôtellerie, Anne-Sophie Béraud, et de rappeler qu'il y a 122 nationalités représentées dans les 1635 établissements du groupe en France.

Cette dernière a fait également de nouvelles mesures à mettre en place depuis janvier, en particulier une - nouvelle - action de sensibilisation auprès des responsables des hôtels, sa charte de recrutement étant revisitée. Par ailleurs, une phase d'auto-testing doit être lancée en interne.

« On tombe de l'armoire. On ne se retrouve pas dans les commentaires du ministère du Travail. Le groupe a toujours réagi en cas de problème », a déclaré, pour sa part, le responsable FO, Gilles d'Arondel, qui n'est pas du genre à ménager la direction.

Du côté de Courtepaille, on rappelle que les bonnes pratiques de l'entreprise avaient été relevées en novembre s'agissant des recrutements au siège. Sa direction reconnaît toutefois qu'il y a eu de « légers risques dans les recrutements de certains restaurants » non exploités en direct. A ce titre, la chaîne de restauration a concocté un plan d'actions avec treize mesures, dont un dispositif d'alerte avec un numéro vert.

 

 

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Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.