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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 20:40
AccorHotels et Courtepaille ont échoué à montrer que les efforts déployés étaient suffisants pour réduire la discrimination dans le traitement des candidatures. © Jacky Naegelen / Reuters / REUTERS

AccorHotels et Courtepaille ont échoué à montrer que les efforts déployés étaient suffisants pour réduire la discrimination dans le traitement des candidatures. © Jacky Naegelen / Reuters / REUTERS

Les deux entreprises ont échoué à montrer que les efforts déployés étaient suffisants pour réduire la discrimination dans le traitement des candidatures.

Trois mois après la publication par le ministère du travail d’une étude révélant que douze entreprises, sur quarante testées, présentaient « un risque élevé de discrimination dans le traitement des candidatures » lors d’un processus d’embauche, le nom des deux moins vertueuses a été révélé au grand jour, mardi 14 mars. Il s’agit des restaurants d’autoroutes Courtepaille et de la chaîne AccorHotels. Ces deux entreprises ont échoué à montrer que les efforts déployés pour arranger la situation étaient « suffisants ».

L’affaire commence le 13 décembre 2016. Ce jour-là, le ministère du travail publie les résultats d’une enquête réalisée par la Dares et l’association ISM Corum, spécialisée dans la prévention des discriminations, montrant que, pour trouver un emploi, mieux vaut avoir un nom à consonance française.

Trois mille candidatures envoyées

Menée d’avril à juillet 2016, cette campagne de « testing », c’est-à-dire de tests par l’envoi de candidatures fictives, a révélé qu’un nom à consonance maghrébine pouvait être un sérieux frein à l’embauche. Ainsi, selon l’étude, le taux global de réponses positives reçues par une candidature « maghrébine » est de 9 %, contre 20 % pour les candidatures « hexagonales ».

Les chiffres sont encore plus édifiants si l’on se concentre sur les douze entreprises les moins vertueuses : dans ces sociétés, le taux de réponse positive reçu par les candidats « maghrébins » était de 15 à 35 points inférieur à celui de leurs homologues porteurs d’un nom considéré comme bien français.

Pour arriver à ce résultat, la Dares et ISM Corum avaient envoyé trois mille candidatures à quarante entreprises employant plus de mille salariés chacune. A chacune d’entre elles, et à différentes reprises, deux CV avaient été envoyés à quelques heures de décalage pour ne pas éveiller les soupçons. Quasi identiques (degré d’expérience, diplômes, lieu de résidence socialement neutre), ces deux candidatures différaient donc uniquement par le nom de la personne qui postulait.

Désireux de suivre la voie de la conciliation, le ministère du travail avait enjoint aux douze entreprises les plus concernées de présenter des plans d’actions en vue d’enrayer le phénomène. Leurs méthodes et autres dispositifs ont ensuite été examinés au peigne fin par le cabinet Vigeo Eiris, lequel a donc trouvé que les réponses apportées par Courtepaille et AccorHotels n’étaient pas satisfaisantes.

Lire aussi :   Discrimination à l’embauche : situation inquiétante

Les deux dossiers portés « à l’attention du défenseur des droits »

« La situation de ces deux entreprises est particulièrement préoccupante. D’une part parce que le testing a clairement conclu à un risque élevé de discriminations. D’autre part, parce qu’elles ne sont pas parvenues, malgré de multiples relances, à produire un plan d’action satisfaisant pour remédier à leur situation », écrit le ministère du travail dans un communiqué. La rue de Grenelle a d’ailleurs décidé de porter « leur cas à l’attention du défenseur des droits ».

« Je ne poursuis qu’un seul but, faire évoluer les comportements et les mentalités pour que cesse l’injustice des discriminations. En rendant public aujourd’hui le nom de ces deux entreprises, je ne souhaite pas les clouer au pilori, mais les mettre face à leurs responsabilités pour qu’elles se mobilisent à la hauteur de cet enjeu, a déclaré, mardi 14 mars, Myriam El Khomri, ministre de l’emploi, lors d’une conférence portant sur l’égalité d’accès à l’emploi. Si dans les jours ou les semaines qui viennent, ces entreprises produisent des éléments nouveaux attestant d’un changement de comportement, je le ferai savoir publiquement. Il n’est jamais trop tard pour améliorer les choses et ma porte reste ouverte. »

Afin d’améliorer la situation de façon plus structurelle, la ministre a proposé aux entreprises concernées par le testing, ainsi qu’à toutes celles qui le souhaitent, de signer un « pacte pour le respect de pratiques non discriminantes dans les procédures de recrutement ». A ce jour, une vingtaine d’entreprises l’ont signé.


LE MONDE | 14.03.2017 à 18h33 • Mis à jour le 14.03.2017 à 19h26 | Par Sarah Belouezzane

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Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.