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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 15:25
 Getty Images Souvent décriés, les élus syndicaux jouent un rôle clé au sein des entreprises. Face au mal-être de certains salariés, leur mission est souvent loin d'être aisée.

Getty Images Souvent décriés, les élus syndicaux jouent un rôle clé au sein des entreprises. Face au mal-être de certains salariés, leur mission est souvent loin d'être aisée.

 

Critiquer les syndicats est un sport national pratiqué même par certains postulants à l'Élysée. Mais une fois franchi le seuil de l'entreprise, les Français s'accrochent à leur "seule roue de secours", souligne à l'AFP Marc Delaleuf, "40 ans d'engagement syndical" au compteur. L'échéance présidentielle approchant, le délégué FO des Banques populaires (BPCE) a des "craintes énormes": que les syndicats soient considérés comme des "empêcheurs de tourner en rond" par le futur exécutif, tenté de "réduire encore leurs moyens d'action, alors qu'il faudrait aller dans l'autre sens".

La "face cachée" du syndicalisme "de terrain"

La petite musique anti-syndicale résonne du fait de la "mauvaise image" donnée parfois par les partenaires sociaux à l'échelon national et "les grèves qui perturbent la vie des Français". Mais dans l'entreprise se joue une autre partition. Les instances représentatives du personnel, élues avec une participation plus élevée que les politiques, ne souffrent d'aucune contestation. Elles ont même "la légitimité et la reconnaissance des employeurs", assure Marc Delaleuf.

LIRE AUSSI >> INFOGRAPHIE. A quoi servent les représentants du personnel?

Le natif d'Issoudun, dans l'Indre, se plaît à décrire la "face cachée" du syndicalisme "de terrain" qu'il pratique depuis une vingtaine d'années à temps plein: "aller voir mes collègues dans les agences, les écouter, les faire parler, surtout pas vendre une idéologie". A l'écouter, l'activité syndicale est plus que jamais nécessaire dans le monde feutré des banques, traversé par des mutations profondes, des effectifs sous tension et une hausse des incivilités. "Les conditions de travail sont devenues une problématique qui passe quasiment avant les salaires", dit cet homme de 60 ans, père de deux enfants. Or, dans l'entreprise "on le nie", jusqu'à ce qu'un employé commette "un acte irréversible".

Témoin privilégié du malaise ambiant, il doit parfois troquer ses habits de syndicaliste pour ceux "d'assistante sociale", malgré les avertissements de ses formateurs. "Ils nous disent: ''lorsque les salariés viennent vous voir en pleurs et vous (racontent) leurs problèmes, il faut les diriger vers les médecins du travail (...), c'est pas votre travail''. Sauf que lorsque vous faites du syndicalisme avec les tripes, vous pouvez pas faire ça." Au contraire, face à une personne "en détresse", il s'agit de tout faire "pour essayer de la sortir de là".

Dès lors, la frontière entre empathie et militantisme, comme entre vie privée et vie professionnelle, se brouille. Un même collègue peut appeler "deux fois, trois fois dans la journée", puis le week-end quand "vous êtes en train de décompresser. Parce que vous êtes leur seule roue de secours".

"Certains finissent par être malades eux-mêmes"

Le mal-être des salariés peut alors déteindre sur les délégués syndicaux. Certains, notamment les plus jeunes, ne sont "pas préparés à ça" et "finissent par être malades eux-mêmes", lâche-t-il. Le procès en légitimité fait aux syndicats fait sourire cet autodidacte, sorti du cycle scolaire à 16 ans et en conflit dès l'année suivante avec son premier employeur, un fabricant de machines agricoles qu'il a fait condamner aux prud'hommes.

LIRE AUSSI >> Carnets de prud'hommes

Que ceux qui voient le syndicalisme d'un mauvais oeil "s'engagent pendant un an" dans une entreprise et leur regard changera, s'amuse-t-il. Le message s'adresse en premier lieu aux responsables politiques qui, plutôt que d'"amoindrir le contre-pouvoir" des organisations syndicales, devraient songer à le renforcer, selon lui. Ils font "tout pour les empêcher de faire leur travail correctement", peste le délégué FO en citant les récentes lois Rebsamen et El Khomri.

A l'approche de la retraite, il n'attend pas grand-chose des politiques, mais plus de ses concitoyens. Car, conclut-il, "les organisations syndicales n'ont que le pouvoir que les salariés leur donnent".

 

Critiquer les syndicats est un sport national pratiqué même par certains postulants à l'Élysée. Mais une fois franchi le seuil de l'entreprise, les Français s'accrochent à leur "seule roue de secours", souligne à l'AFP Marc Delaleuf, "40 ans d'engagement syndical" au compteur. L'échéance présidentielle approchant, le délégué FO des Banques populaires (BPCE) a des "craintes énormes": que les syndicats soient considérés comme des "empêcheurs de tourner en rond" par le futur exécutif, tenté de "réduire encore leurs moyens d'action, alors qu'il faudrait aller dans l'autre sens".

La "face cachée" du syndicalisme "de terrain"

La petite musique anti-syndicale résonne du fait de la "mauvaise image" donnée parfois par les partenaires sociaux à l'échelon national et "les grèves qui perturbent la vie des Français". Mais dans l'entreprise se joue une autre partition. Les instances représentatives du personnel, élues avec une participation plus élevée que les politiques, ne souffrent d'aucune contestation. Elles ont même "la légitimité et la reconnaissance des employeurs", assure Marc Delaleuf.

LIRE AUSSI >> INFOGRAPHIE. A quoi servent les représentants du personnel?

Le natif d'Issoudun, dans l'Indre, se plaît à décrire la "face cachée" du syndicalisme "de terrain" qu'il pratique depuis une vingtaine d'années à temps plein: "aller voir mes collègues dans les agences, les écouter, les faire parler, surtout pas vendre une idéologie". A l'écouter, l'activité syndicale est plus que jamais nécessaire dans le monde feutré des banques, traversé par des mutations profondes, des effectifs sous tension et une hausse des incivilités. "Les conditions de travail sont devenues une problématique qui passe quasiment avant les salaires", dit cet homme de 60 ans, père de deux enfants. Or, dans l'entreprise "on le nie", jusqu'à ce qu'un employé commette "un acte irréversible".

Témoin privilégié du malaise ambiant, il doit parfois troquer ses habits de syndicaliste pour ceux "d'assistante sociale", malgré les avertissements de ses formateurs. "Ils nous disent: ''lorsque les salariés viennent vous voir en pleurs et vous (racontent) leurs problèmes, il faut les diriger vers les médecins du travail (...), c'est pas votre travail''. Sauf que lorsque vous faites du syndicalisme avec les tripes, vous pouvez pas faire ça." Au contraire, face à une personne "en détresse", il s'agit de tout faire "pour essayer de la sortir de là".

Dès lors, la frontière entre empathie et militantisme, comme entre vie privée et vie professionnelle, se brouille. Un même collègue peut appeler "deux fois, trois fois dans la journée", puis le week-end quand "vous êtes en train de décompresser. Parce que vous êtes leur seule roue de secours".

"Certains finissent par être malades eux-mêmes"

Le mal-être des salariés peut alors déteindre sur les délégués syndicaux. Certains, notamment les plus jeunes, ne sont "pas préparés à ça" et "finissent par être malades eux-mêmes", lâche-t-il. Le procès en légitimité fait aux syndicats fait sourire cet autodidacte, sorti du cycle scolaire à 16 ans et en conflit dès l'année suivante avec son premier employeur, un fabricant de machines agricoles qu'il a fait condamner aux prud'hommes.

LIRE AUSSI >> Carnets de prud'hommes

Que ceux qui voient le syndicalisme d'un mauvais oeil "s'engagent pendant un an" dans une entreprise et leur regard changera, s'amuse-t-il. Le message s'adresse en premier lieu aux responsables politiques qui, plutôt que d'"amoindrir le contre-pouvoir" des organisations syndicales, devraient songer à le renforcer, selon lui. Ils font "tout pour les empêcher de faire leur travail correctement", peste le délégué FO en citant les récentes lois Rebsamen et El Khomri.

A l'approche de la retraite, il n'attend pas grand-chose des politiques, mais plus de ses concitoyens. Car, conclut-il, "les organisations syndicales n'ont que le pouvoir que les salariés leur donnent".

 

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Hommage à Léon Jouhaux

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.