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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 19:04
Spectral design

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Quelles opinions, quels désirs les DRH prêtent-ils aux salariés de moins de 30 ans ? Cegos a confronté leurs perceptions avec celles des juniors*. Globalement positifs envers leur employeur, mais lucides et pragmatiques, ces « insiders » secouent certains préjugés.  

Entreprise & Carrières«Les millenials sont la première génération qui a intégré les évolutions sociétales, carrières non linéaires, changement permanent, imprédictibilité… Le véritable enjeu, ce sont les forces de rappel. Car les cadres dirigeants ont une grille de lecture des années 80 », constate Annick Allégret, membre du directoire de Cegos. Le second baromètre de l’organisme sur le regard croisé des jeunes actifs et des DRH – le 1er date de 2012 – pointe des hiatus. Avec un challenge de taille pour les RH : être capable de faire confiance aux insiders et de se caler sur leur fonctionnement. Morceaux choisis.

À l’unisson sur la rémunération et la nature du job

Pour 57 % des digital natives, le salaire est le facteur décisif qui engage à signer un contrat d’embauche, alors que celui-là était à la deuxième place en 2012. Il double ainsi les deux items contenu du poste (54 %) et stabilité (53 %), ce dernier ayant pourtant été en pôle position en 2012. De leur côté, les DRH prêtent aux jeunes actifs un trio de tête similaire puisqu’ils retiennent d’abord, eux aussi, la rémunération (66 %) puis les conditions de travail (58 %) et le contenu du poste (48 %).

« Les DRH ont bien identifié et intégré l’importance de ces critères chez les jeunes, souligne Christophe Perilhou, directeur de l’activité conseil et formation sur mesure chez Cegos. Pour attirer les talents, ils ont donc intérêt à marqueter leur offre, à raconter une belle histoire. Faire une job description ne suffit pas. » Dans la même veine, cet expert observe que l’argent devient essentiel dans la vie de la génération montante. Ce thème recueille 44 % des suffrages, en hausse de 12 points par rapport à 2012, reléguant loin, et contre toute attente, l’engagement pour une cause (2 %).

Dissonances sur la politique de formation

Les “Y” ont un jugement plutôt critique sur ce sujet. La moitié tout juste (51 %) estime que l’offre de leur entreprise correspond à leur enjeu de développement, alors qu’ils ont une forte envie d’enrichir leurs compétences, (56 %, + 16 points par rapport à 2012), clé de leur employabilité. Un faible satisfecit et une forte attente que ne mesurent pas les DRH, lesquels supposent, à 83 %, que les jeunes s’y retrouvent dans leurs propositions de stages : un fossé de 32 points. « Ce résultat questionne les préférences d’apprentissage des moins de 30 ans, note Christophe Perilhou, et pousse les DRH à s’interroger sur le sens et la valorisation de leurs dispositifs. »

Fausses notes sur la marque employeur

Le regard des millenials sur la capacité de leur entreprise à recruter et fidéliser les jeunes talents est sévère. Seuls 42 % leur en donnent crédit, tandis que 20 % – surtout des non-encadrants et des jeunes de petites structures – critiquent leur employeur, jugeant qu’il s’agit surtout de marketing et de storytelling, remettant le sujet à sa juste place. Pourtant, les DRH extrapolent que 80 % de leurs jeunes salariés ont une vision positive de leur stratégie employeur. De quoi réfléchir !

À l’inverse, les DRH semblent avoir davantage absorbé que les jeunes les évolutions du monde du travail : 76 % des premiers jugent pertinent le concept de flexisécurité, contre 68 % des seconds. Ces derniers montrent qu’ils « aspirent à un fonctionnement plus flexible en termes d’horaires, de modalité et d’organisation du travail », conclut l’expert.

À contretemps sur les “défis RH”

Jeunes actifs et DRH sont sur la même longueur d’onde, mais en déphasage dans l’ordre des priorités. Si les premiers placent sur le podium des chantiers RH l’attractivité du management (41 %), les salaires (37 %) puis les conditions de travail (27 %), les seconds pensent que ce sont le salaire (55 %), la carrière internationale (53 %), puis l’attractivité du management (31 %) qui préoccupent les juniors. « De fait, pour les millenials, la dimension relationnelle devient essentielle, l’écoute, l’empathie, l’humanité. Une bonne nouvelle pour les managers qui s’interrogent sur leur valeur ajoutée et leur légitimité », résume Christophe Perilhou.

Couacs sur le degré de satisfaction professionnelle

Les DRH en surestiment le niveau chez leurs jeunes collaborateurs. Exemples : 74 % pensent qu’ils ont une charge de travail bien évaluée, alors que 47 % des intéressés partagent cette opinion, soit 27 points d’écart ; 80 % pensent que les moins de 30 ans, ont un retour régulier sur leur travail, contre 51 % pour les intéressés, soit 29 points de moins.

Et sur la phrase, « mon manager me confie des responsabilités », 85 % des DRH pensent que c’est une réalité, contre 68 % des jeunes sondés. Des divergences de perception abyssales. Il y a donc nécessité à concilier sur le terrain, les exigences et les besoins individuels, et à inciter les managers à réaliser des feedbacks constructifs au quotidien.

 

 * Enquête menée en mars 2017 auprès de 1 043 salariés actifs de 20 à 30 ans ainsi que de 175 DRH et RRH, dans des entreprises de plus de 100 salariés.

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
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Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.