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20 mai 2018 7 20 /05 /mai /2018 18:27
Le PDG d'AccorHotels, Sébastien Bazin, verrouille un peu plus le capital du champion français de l'hôtellerie avec la montée à hauteur de 4,5% de son partenaire chinois Huazhu. - AFP

Le PDG d'AccorHotels, Sébastien Bazin, verrouille un peu plus le capital du champion français de l'hôtellerie avec la montée à hauteur de 4,5% de son partenaire chinois Huazhu. - AFP

Le partenaire chinois du groupe hôtelier français détient désormais 4,5 % de son capital et sera représenté à son conseil d'administration.

Après  Jin Jiang International , son premier actionnaire avec une participation de 12,32 %, AccorHotels a un deuxième groupe hôtelier chinois dans son tour de table : Huazhu Hotels Group, l'un des principaux opérateurs en Chine (3.817 hôtels soit 384.959 chambres au 31 mars) et  partenaire « stratégique » du champion français depuis fin 2014 et l'annonce de leur alliance, formalisée en janvier 2016.

Pas de seuil réglementaire

A la faveur de la publication de ses comptes pour le premier trimestre, Huazhu, qui est coté au Nasdaq sous le nom de China Lodging Group, a en effet récemment indiqué détenir environ 4,5 % du capital d'AccorHotels, après avoir acquis 13,1 millions d'actions sur le marché. Le groupe chinois aurait, dit-on, commencé à acheter des titres l'an dernier.

De fait, son entrée au capital d'AccorHotels n'avait pas été signalée à l'Autorité des Marchés financiers (AMF), le « gendarme » de la Bourse de Paris, Huazhu, pas plus AccorHotels, n'ayant d'obligation légale. A ce stade, le groupe chinois n'a en effet pas franchi de seuil réglementaire, en capital ou en droits de vote, le premier niveau fatidique étant de 5 %...

Autre signe d'un resserrement de leurs liens, la montée de Huazhu au capital d'AccorHotels s'accompagnera de son entrée au conseil d'administration. Les deux partenaires ont d'ores et déjà convenu que le Chinois ait un représentant, des discussions étant en cours à ce propos. Au bout du compte, l'alliance franco-chinoise fait désormais de liens de quasi réciprocité au plus haut niveau.

Coopération fructueuse

AccorHotels, qui a fait de Huazhu son franchisé exclusif en Chine, mais aussi à Taiwan et en Mongolie pour son hôtellerie économique et moyen de gamme - marques ibis, ibis Styles Novotel, Mercure, et Grand Mercure - détenait déjà, de son côté, 10,8 % du capital de son partenaire et bénéficiait d'un représentant à son conseil d'administration, en l'occurrence le PDG Sébastien Bazin. Pour sa part, Huazhu disposait seulement jusqu'alors d'une participation de 29,3 % dans le pôle hôtelier haut de gamme et luxe d'AccorHotels pour la « Grande Chine » avec deux sièges au conseil.

A première vue, ce resserrement des liens entre les deux groupes intervient alors que leur coopération s'avère pour le moins fructueuse. Huazhu a ainsi précisé lors de la présentation de ses comptes pour le premier trimestre avoir un programme de développement de 62 unités pour Ibis, à comparer à un parc actuel de 105 unités. De même, 40 Mercure supplémentaires sont en vue alors que l'opérateur chinois en gère 19 aujourd'hui.

Par ailleurs, AccorHotels peut se frotter les mains pour avoir investi chez son partenaire, compte tenu de l'envolée du cours de Bourse de Huazhu : celui-ci tangente les 174 dollars au Nasdaq, alors que la valeur avoisinait les 28 dollars au tout début 2016... Et l'opérateur chinois peut faire le pari inverse au vu de la montée en flèche du titre AccorHotels depuis l' arrivée à sa tête de Sébastien Bazin fin août 2013. La valeur a en effet augmenté de 80 % en l'espace de cinq ans.

Tout sauf anecdotique

Au-delà des résultats opérationnels et financiers, ce rapprochement encore plus étroit entre AccorHotels et Huazhu est tout sauf anecdotique. Si la coexistence avec Jin Jiang International semble pacifique, la situation entre les parties reste bancale depuis que le numéro cinq mondial de l'hôtellerie - et candidat déclaré à la première place...- est devenu, il y a désormais plus de deux ans, le premier actionnaire du numéro six.

Jin Jiang contrôle de surcroît le principal concurrent d'AccorHotels en France, Louvre Hotels Group (Première Classe, Campanile, Kyriad, Golden Tulip...). Si le géant chinois n'en a pas fait la demande, son éventuelle entrée au conseil d'administration reste un casse-tête, eu égard au conflit d'intérêts. L'air de rien, AccorHotels verrouille toujours plus son tour de table avec l'arrivée de Huazhu, alors que Jin Jiang s'apprête à bénéficier de droits de vote double, leur exercice intervenant en juin.

Le mois suivant, il en sera de même pour le fonds souverain du Qatar, QIA, et le holding du prince saoudien Al-Waleed, détenteurs respectivement de 10,2 % et 5,7 % du capital d'AccorHotels. Pour mémoire, leur entrée au capital du groupe français et à son conseil d'administration résultent de l'acquisition par AccorHotels des chaînes de luxe Fairmont, Raffles et Swissôtel , une opération finalisée courant 2016.

Christophe Palierse

 

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

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Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.