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19 juin 2020 5 19 /06 /juin /2020 09:18
Par  Christophe Palierse Publié le 16 juin 2020 à 20h15Mis à jour le 17 juin 2020 à 9h20

Par Christophe Palierse Publié le 16 juin 2020 à 20h15Mis à jour le 17 juin 2020 à 9h20

L'entreprise est peu médiatique, son désormais futur ex-directeur général aussi, mais l'affaire est d'importance pour l'hôtellerie française et internationale. AccorInvest, le plus gros propriétaire d'hôtels sous enseignes du groupe Accor (plus de 900 établissements, en propriété et en location, dans 31 pays), ancienne branche immobilière même du champion français de l'hôtellerie, a en effet annoncé ce mardi le départ surprise de son directeur général, John Ozinga. Ce dernier sera remplacé, à compter du 1er juillet, par Gilles Clavie, un ancien du groupe Accor lui aussi et jusqu'alors patron de la société hôtelière polonaise Orbis, dont AccorInvest a récemment repris le contrôle auprès d'Accor.

Crise sanitaire

De fait, cette opération a été finalisée au moment même où la crise sanitaire finissait de s'abattre sur l'hôtellerie européenne, Accor annonçant ainsi le 11 mars « la réalisation définitive » de la cession de 85,8 % du capital d'Orbis auprès de AccorInvest pour 1,06 milliard d'euros. Par la même, AccorInvest, propriétaire et exploitant hôtelier (plus de 34.000 collaborateurs), renforçait davantage encore sa relation à l'égard d'Accor, alors même que les entreprises sont juridiquement séparées.

Pour mémoire, Accor a cédé, en 2018 - en deux temps -, 65 % environ du capital de sa branche immobilière filialisée à un tour de table d'investisseurs, empochant alors une plus-value de 2,4 milliards d'euros. En novembre 2019, Accor a ramené sa participation à 30 %, en cédant 5,2 % à plusieurs actionnaires.

Cheville ouvrière

John Ozinga a été une cheville ouvrière dans cette phase charnière dans l'histoire d'Accor. Cet ancien de la maison et spécialiste de l'immobilier hôtelier y était en effet revenu en 2014 à la demande du PDG, Sébastien Bazin, afin de mettre en bon ordre ses actifs afin de mieux les valoriser. Quatre ans plus tard, cette première mission réussie, John Ozinga était en première ligne pour le changement de contrôle, conservant au passage le pilotage opérationnel d'AccorInvest.

Pour autant, des tensions sont apparues entre Accor et sa filiale devenue a priori indépendante. « Ces tensions sont un peu naturelles dès lors qu'une filiale devient un client du jour au lendemain, et ce avec les mêmes protagonistes », observe un fin connaisseur du sujet. La crise sanitaire a pu les accentuer d'autant que Sébastien Bazin n'a pas caché que celle-ci a plus que validé sa stratégie de désengagement de l'immobilier hôtelier. Un transfert de patate chaude en substance…

Fin de mandat

Pour autant, le départ de John Ozinga relève officiellement d'une tout autre problématique. « Le mandat de John Ozinga se terminait au printemps 2021. Son départ était convenu. La crise a accéléré le calendrier », explique en effet le président du conseil d'administration d'AccorInvest, Nadra Moussalem, par ailleurs patron Europe de Colony Capital. En clair, John Ozinga n'était plus en mesure de se projeter dans le moyen-long terme avec l'entreprise alors même, ajoute Nadra Moussalem, que « le vrai sujet du moment, c'est la trajectoire de la reprise ». Dans ce contexte, « le conseil a eu à coeur de trouver une voie qui soit respectueuse de l'écosystème de l'entreprise », souligne son président.

Inquiétudes

Gilles Clavie, lequel précise Nadra Moussalem « ne vient pas appliquer un plan préconçu », devra sans délai rassurer en interne. Si la reprise s'amorce tout doucement pour l'hôtellerie avec la réouverture d'hôtels fermés par manque de clients, notamment chez AccorInvest, le départ de John Ozinga suscite en effet des inquiétudes. « On est inquiet. John connaît la maison, nous avions de bonnes relations avec lui. Que cache son départ ? », s'interroge notamment le secrétaire du syndicat FO d'AccorInvest, Gilles d'Arondel.

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Hommage à Léon Jouhaux

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.