Note challenges : pouvait mieux faire

L'estime de soi est le capital le plus difficile à conserver en cas de revers professionnel. Gilles Pélisson n'en manque pas : « Je suis fier qu' Accor, désormais recentré et en pleine santé, puisse profiter pleinement du rebond économique », a lancé le PDG, après l'annonce de son départ-surprise. Les chiffres lui donnent-ils raison ? Chaque année, Challenges établit un classement des patrons les plus performants, en compilant trois données objectives (croissance, rentabilité, cours de l'action), sur une période de trois ans, et en incluant un redressement sectoriel. Sans en révéler la primeur - ce classement sera publié dans un mois -, les indications pour Accor sur 2007-20082009 sont éclairantes : avec un chiffre d'affaires qui a régressé de 2,3 % en moyenne annuelle sur la période, le groupe fait bien moins que l'hôtellerie-restauration (+ 5,6 %) ; en revanche, en matière de rentabilité économique (résultat d'exploitation/ capitaux employés), les performances réalisées par Accor (14 %) apparaissent deux fois plus élevées que celles de son secteur. Enfin, l'évolution de l'action (- 13,4 %) en moyenne annuelle se situe au 25e rang du CAC 40, très proche de la position finale de Gilles Pélisson parmi ses pairs. Bref, un patron qui aurait pu mieux faire.

 

Source : Challenges Jean-François Arnaud