Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 00:21

Carlos-Condessa.pngCarlos CONDESSA,

Délégué Syndical Central du segment NMP

Le groupe Accor compte aujourd'hui quelques 4300 Hôtels et 514 000 chambres dans 91 pays, pour un effectif de 145 000 salariés. L'Europe représente 50 % de l'activité totale et la France 25 %. Couvrant l'ensemble des segments de l'industrie hôtelière, avec des enseignes telles que Formule 1 et Etap Hôtel en gamme très économique, IBIS en secteur économique, Mercure et Novotel en gamme intermédiaire, Sofitel ou Pullman en gamme luxe, le groupe a l'ambition de devenir numéro 1 de l'industrie hôtelière dans le monde et, à échéance 2015, numéro 1 de la franchise en Europe. Cette orientation ne sera pas sans conséquences tant pour les salariés du groupe que pour ceux transférés chez des franchisés.

 

Le mécanisme de la franchise

La nomination comme Président Directeur Général du groupe de Denis HENNEQUIN, antérieurement Président de McDonald’s Europe, succédant à Gilles PELISSON, confirme les orientations financières et boursières du groupe et son choix de développer la franchise. « La Direction joue au Monopoly » Tels sont les propos que tient Carlos CONDESSA, Délégué Syndical Central du segment NMP (Novotel – Mercure – Pullman), la gamme luxe du groupe ACCOR. Depuis plusieurs années, le groupe se désengage des ses investissements immobiliers et se recentre sur son cœur de métier en cédant ses actifs immobiliers. Le carnet de route pour 2013/2015 prévoit la cession de 150 nouveaux hôtels, après la sortie ces dernières années de 450 unités. Le projet de création de 30000 chambres doit se réaliser à 85 % en franchise. A terme le rapport entre les activités exercées au sein du groupe et celles qui sont franchisées devrait passer de 50 / 50 à 40 / 60. Les activités exercées en franchise sont considérés comme beaucoup plus lucratives par le groupe et génératrices de plus de croissance et de valeur pour les actionnaires que les investissements immobiliers. Alors que la capitalisation boursière décroît, le résultat net du groupe augmente dans des proportions considérables.

« Aujourd'hui tout est à vendre chez ACCOR en fonction des opportunités financières », remarque Carlos CONDESSA. Il peut aussi bien s'agir d'hôtels vieillissants pour lesquels le groupe ne souhaite pas réaliser les investissements nécessaires à la poursuite de l'exploitation de fleurons du groupe comme l'hôtel Pullman à Bercy pour le compte de nouveaux propriétaires. Selon les enseignes les contraintes sont plus ou moins fortes et donc la rentabilité plus ou moins assurée.

 

Une régression des droits pour les salariés

Face à une telle stratégie, il est difficile, selon Carlos, pour les syndicats d’empêcher la Direction de prendre de telles décisions .Il convient surtout de défendre les droits des salariés qui perdent, dans un certain nombre de cas, les avantages attachés à l'appartenance à un grand groupe. Certes, le CCE du groupe est consulté sur les projets de cession mais les enjeux financiers ne sont jamais communiqués. En revanche, c'est bien souvent, en fait, sur le dos du personnel que s'effectuent les gains de rentabilité. Les salariés « transférés » se retrouvent seuls face à une Direction souvent peu compréhensive et perdent beaucoup de leurs avantages : plus de participation ni d'intéressement. Les évolutions de carrière sont moins favorables.

Les structures franchisées n'atteignant que rarement la taille de 50 salariés, la représentation du personnel est réduite à sa plus simple expression, avec au mieux des délégués du personnel mais pas de Comité d'Entreprise. Dans un certain nombre de régions, c'est le même groupe qui détient plusieurs entités. Toutefois la mise en place de structures juridiques distinctes rend difficile la preuve devant les tribunaux d'unités économiques et sociales, après des procédures longues et aléatoires. Pour maintenir l'unité sociale du groupe, FO a souhaité qu'un accord global couvrant l'ensemble des salariés puisse être signé, mais ce projet n'a pu jusqu'à ce jour aboutir.

 

Alain Sklénard  FGTA FO

Magazine Décembre 2011

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Syndicat FO Accor
  • : le blog du syndicat FO au sein du Groupe Accor et ses franchisés
  • Contact

IN MEMORIAM

             

Cécilio Garcia

Fondateur du Syndicat FO Accor 

1947-2018

 

 

Recherche

Découvrez le nouveau site FGTA FO

PiedMail_FGTA-FO4
           
cliquez sur le lien ci-dessus

ADHESION

FOAccor

  Si vous souhaitez adhérer à notre Syndicat,
contactez nous à
  l'adresse ci dessous 

  fleche 058-copie-5Syndicat FO ACCOR
253, Bis rue de Vaugirard
75015 Paris
06 08 16 67 58
bateau 015

VISITEURS


compteur visiteurs

Hommage à Léon Jouhaux

leon-jouhaux.jpg

Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.