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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 22:40

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Espérance UMWIZANINDE

Au Canada, dans la province de l’Ontario, la loi exige que les salariés d’une entreprise se prononcent à plus de 50% en faveur d’un syndicat pour que celui-ci soit reconnu représentatif. L’employeur est supposé rester neutre lors de ce vote. Lorsque le syndicat Unite-Here a tenté de s’implanter dans quatre Novotel, le groupe Accor s’y est opposé de différentes façons plus scandaleuses les unes que les  autres : licenciements, mises à pied, changements d’horaires, pressions de toutes sortes. 

Au Novotel de Mississauga, dans la banlieue de Toronto,le directeur n’y est pas allé par quatre chemins. Il a fait distribuer un courrier signé de sa main. Son message était clair : voter pour Novotel, c’est voter non au syndicat. Triste comportement d’une entreprise française à l’étranger.

 

Le témoignage d’Espérance

Après avoir fui son pays natal, le Rwanda, Espérance Umwizaninde a travaillé pendant quatre ans comme femme de chambre au Novotel d’Ottawa. S’occupant de son fils gravement malade, elle n’a fait l’objet d’aucune critique de la part de la direction, jusqu’au jour où elle a décidé de se syndiquer. A partir de ce jour, elle a été menacée:on lui a fait comprendre qu’elle risquait de ne plus pouvoir couvrir les soins hospitaliers de son fils. Sa gouvernante la harcelait pendant qu’elle nettoyait les chambres pour la convaincre de quitter le syndicat. Les tracasseries se sont succédé. Finalement, elle a été licenciée sous prétexte qu’elle n’avait pas changé les taies d’oreillers et de couettes après le départ d’un client, ce qu’elle a formellement nié. Elle a été escortée par des cadres jusqu’à la sortie de l’hôtel. Elle a contesté son licenciement devant les tribunaux. Elle a heureusement trouvé un autre emploi. A ses collègues de travail, elle dit : « je me suis sacrifiée pour vous. Tout cela m’a tuée physiquement et moralement. J’ai perdu un emploi à temps complet mais je resterai à vos côtés et vous soutiendrai ».

 

Les sanctions et pressions pleuvent 

Par pure coïncidence, bien entendu, deux autres salariés, syndiqués comme Espérance, ont été mis à pied le même jour.Jeff Segat a lui aussi été licencié pendant que sa femme était en congé maternité : « Je ne m’en suis toujours pas remis. Cela a été une grande souffrance qui me poursuit encore ».Le Tribunal du travail ne s’est pas encore prononcé sur son licenciement. En Ontario, les gouvernantes d’hôtel ont un pouvoir très large. Elles ont le pouvoir de sanctionner, de changer les horaires à tout moment et aussi de les réduire. Elles peuvent ainsi baisser les salaires des femmes de chambre et faire pression sur elles. Les directeurs et leur encadrement ont multiplié les entretiens individuels et les réunions par petits groupes pour « convaincre » les salariés de ne pas voter pour le syndicat. A la suite de toutes ces pressions, le syndicat aperdu les élections dans deux hôtels, à Mississauga et à Ottawa où le vote a été partagé. Le syndicat Unite-Here conteste ces résultats devant les tribunaux en raison des multiples violations du principe de neutralité par la direction d’Accor. Les preuves à charge sont nombreuses et accablantes.

 

La victoire au Novotel de Toronto Centre

Au Novotel North York, le travail de syndicalisation se poursuit. Le syndicat n’a pas encore demandé d’élections compte tenu des fortes pressions exercées sur le personnel. Au Novotel de Toronto Centre, le syndicat a gagné sa reconnaissance de haute lutte. Mais le comportement anti-syndical perdure. Les non-syndiqués sont favorisés par rapport aux syndiqués. La direction organise des réunions pour critiquer le syndicat. Les négociations sont tendues : la direction est revenue sur sa décision de baisser le nombre de chambres à nettoyer par salarié, le sous-effectif en cuisine implique une charge de travail pénible, les salaires en réception sont très faibles, etc.

 

La mobilisation s’élargit

La campagne pour la reconnaissance du syndicat recueille un soutien de plus en plus large d’associations, de conseillers municipaux, de députés provinciaux, de syndicats d’autre pays, comme la FGTA-FO. Les membres du Comité d’entreprise européen du groupe Accor ont demandé « à la direction générale de faire cesser ces agissements et de reconnaître les syndicats et leurs adhérents au sein de ces hôtels ». L’UITA a déposé plainte contre Accor auprès de l’OCDE. L’image d’Accor est désastreuse au Canada. Dans l’intérêt du groupe comme dans celui des salariés, il est temps, pour Accor, de mettre fin à un anti-syndicalisme consternant, peu en rapport avec les valeurs qu'il veut afficher ailleurs

 

Rafaël Nedzynski

Secrétaire FGTA-FO

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Hommage à Léon Jouhaux

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.