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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 14:40
 

hennequin-lynch_large.jpgUn Français à la tête de la world company ? Ce scénario a été sérieusement envisagé en janvier dernier quand McDonald’s cherchait un remplaçant à Ralph Alvarez, le P-DG parti en retraite. Denis Hennequin figurait parmi les trois favoris. Finalement, Don Thompson, responsable des Etats-Unis, lui a soufflé la place… A 52 ans, le patron Europe pouvait pourtant revendiquer des résultats exceptionnels : avec 6 450 restaurants (15 000 aux Etats-Unis), le Vieux Continent représente 40% des 22,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires de la chaîne et 40% de ses profits.

C’est en France, championne de la rentabilité du groupe, que ce fils de juristes a mis au point le fast-food à la sauce européenne. Avec des hamburgers mâtinés de gastronomie locale (pain baguette, parmesan). Avec une nouvelle décoration des restaurants, plus design. Et, suprême audace, un nouveau logo, désormais un M sur fond vert. Autant d’entorses au concept que le board de Chicago a avalé sans rechigner.

Ses débuts en cuisine. Son premier entretien chez McDo remonte à 1984, avec le patron France de l’époque, Tom Allin. «Quelles sont vos ambitions», lui a demandé l’Américain. Réponse du jeune expert-comptable de 26 ans : «Prendre votre place.» Quelques jours après, Denis Hennequin faisait son initiation en cuisine, dans le premier fast-food installé dans la capitale, à Richelieu-Drouot. Puis entamait en accéléré le parcours de formation du cadre maison : manager à Paris en 1985, directeur à Mulhouse, responsable de la région Ile-de-France, puis patron France en 1996, et Europe en 2005. Une carrière plus palpitante que celle de consultant en stratégie, le job de ses débuts. «Ma première mission s’était déroulée dans une usine de freins à Beauvais. Il fallait virer des gens, ça ne m’a pas plu.»

Son art pour faire taire les critiques. En août 1999, Denis Hennequin s’apprêtait à partir en vacances dans son refuge de l’île de Bréhat lorsqu’il a été alerté : José Bové et ses troupes venaient de détruire un McDo en construction à Millau. Le leader de la Confédération paysanne en fut quitte pour trois mois en prison. A Villeneuve-lès-Maguelones où, ironie du sort, la fondation McDo avait subventionné la rénovation du parloir…

Plutôt que de saisir les tribunaux, le patron de McDo France a riposté en communiquant. «Chez nous, 75% des produits utilisés sont d’origine française», faisait savoir le patron. Dans la foulée, il s’offrait un stand au Salon de l’agriculture. Puis, en 2002, cosignait avec ses DG Jean-Pierre Petit et Philippe Labbé «McDo se met à table», un livre vantant le modèle social du roi du hamburger. 15 000 exemplaires de l’ouvrage ont été préachetés par l’enseigne et distribués dans les restos.

Plus récemment, à l’automne 2009, la direction s’est montrée moins transparente quand M6 a décidé de retoquer un reportage sur les coulisses peu flatteuses de certains fast-foods (McDo et KFC). Ce gros annonceur (159 millions d’euros en 2009 en France) sait se faire entendre.

Ses libertés avec le concept McDo. «C’est quoi, ce vert ?» Il y a six mois, les administrateurs de McDonald’s ont failli tomber de leur chaise quand ils ont découvert la dernière audace du patron Europe : un nouveau logo, avec désormais un M sur fond vert au lieu du rouge. «On voulait être plus discrets», nous explique le patron, qui va généraliser à toute l’Europe ces nouvelles couleurs, déjà en vigueur en France et en Angleterre. Hennequin n’en est pas à sa première entorse au concept. Côté recettes, c’est lui qui a donné l’aval au Royal Deluxe français, sans ketchup, mais relevé de moutarde à l’ancienne, au Shrimp Burger allemand, ou au hamburger au parmesan italien.

A son actif aussi, le style plus cosy des restaurants, dessinés par l’architecte grenoblois Philippe Avanzi, les McCafé pour concurrencer les Starbucks, ou encore le service à table. «C’est notre côté village gaulois», plaisante Hennequin, qui jouit d’une marge de manœuvre exceptionnelle.

Son bras de fer avec un franchisé marseillais. Adepte du management par le consensus – «je suis déterminé, mais je n’impose pas» – Dennis Hennequin est tombé sur un os à Marseille, où il s’accroche depuis 2006 avec Francesco Brescia, le plus gros franchisé français.

Un Etat dans l’Etat que McDo France, dirigé par Jean-Pierre Petit, l’ex-publicitaire de BDDP, ne voit pas d’un bon œil. Hennequin s’est rendu plusieurs fois sur place pour informer le baron de l’Estaque que certains de ses contrats ne seraient pas renouvelés à l’issue des vingt ans de contrats de gérance. Après maints épisodes judiciaires, la cour d’appel de Versailles a donné raison à McDo en mars dernier, contraignant le franchisé à lâcher deux de ses vingt-trois restaurants. Mais la bataille n’est pas finie.

Sa rémunération de super P-DG Il affiche l’un des dix plus gros revenus de la multinationale de Chicago et le premier parmi les étrangers. L’an dernier, son salaire s’est élevé à 1,54 million de dollars, fixe et variable, à quoi s’est ajoutée une prime exceptionnelle sur trois ans de 2,7 millions. Enfin, le patron Europe a reçu pour 1,5 million de dollars d’actions gratuites et de stock-options. Fin 2009, son portefeuille de titres était estimé à près de 11 millions de dollars.

Avec une transparence toute américaine, le Français communique même ses notes de frais, soit 320 125 dollars en 2009 (dont 209 000 de loyers à Londres, 2 800 de frais de gardiennage). Une somme exceptionnellement élevée qu’il explique par le déménagement du siège de McDo Europe, de Londres à Genève, intervenu en cours d’année. Précisons enfin qu’en bon contribuable Hennequin paie ses impôts en France.

Son club de patrons cyclistes. Quand il a été nommé à la direction de l’Europe, son bras droit Jean-Pierre Petit, cycliste émérite, lui a offert un Cannondale, un vélo de marque américaine. «Il est resté deux ans dans la cave», admet Denis Hennequin. Jusqu’à ce qu’on l’entraîne pour une randonnée exténuante mais initiatique en Sicile. Depuis, accroché à l’endomorphine, Hennequin parcourt tous les dimanches ses 100 kilomètres avec des amis patrons.

Comme Patrick Sayer, le président d’Eurazeo, avec qui il siège au conseil d’Accor, ou Pierre Lusinchi, le P-DG de l’agence Alice Evénements. «Il n’aime pas être derrière», constate ce dernier. Le cycliste Hennequin s’est aussi pris de passion pour le beau matériel : il s’est acheté le vélo de Lance Armstrong, un Trek Madone à plus de 7 000 euros. Et il sort toujours avec des tenues dernier cri de la marque anglaise Rapha, ce qui lui vaut d’être régulièrement chambré par ses camarades de peloton.

Jean Botella. Capital .fr

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
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Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.