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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 11:35

   

Les résultats de l'étude «Génération quoi» dressent le portrait d'une jeunesse en souffrance. Face à une société qui ne lui offre que des portes fermées, elle pourrait bien faire exploser sa frustration.

 
C'est une génération sacrifiée, méprisée, déclassée, à qui la société et le monde du travail ne donnent pas sa chance, et qui, face à tant de frustration, pourrait bien exploser. Tel est le sombre autoportrait de la génération des 18-34 ans interrogés à l'automne dernier au cours de l'opération «Génération quoi?». Lancé par France Télévisions, en partenariat avec Le Monde et Europe 1, ce sondage en ligne brassant des thèmes larges comme le travail, les relations amoureuses, la famille ou l'école a connu un fort succès avec plus de 210.000 répondants.    

Les premiers résultats concernant particulièrement la tranche-clé des 18-25 ans ont été dévoilés mardi dans Le Monde, et illustrent les conséquences d'une crise économique que les plus jeunes ont toujours connu. Ils listent également les ingrédients d'un cocktail qui pourrait emmener les jeunes vers la voie de la révolte.

● Une vision pessimiste du futur

Les lendemains qui chantent, les jeunes n'y croient pas vraiment: 33% sont persuadés qu'ils ne connaîtront que la crise économique tout au long de leur vie. La promesse de l'élévation sociale de génération en génération est brisée: 45% des sondés pensent que leur vie sera plus difficile que celle de leurs parents, et que celle de leurs propres enfants sera pire encore (43%). Ce pessimisme est encore plus marqué chez les jeunes chômeurs ou chez les intérimaires, particulièrement en souffrance. «Ils ont le sentiment insupportable que leur destin est aux mains des autres, que leur sort dépend d'un coup de téléphone, ce qui interdit toute projection dans l'avenir», note la sociologue de la jeunesse Cécile Van de Velde citée dans Le Monde. Sans grande surprise, ces jeunes sont tentés par le départ à l'étranger, et sont 24% à affirmer: «dès que je peux, je me barre».

● Le travail plébiscité mais difficilement accessible

Feignante, la jeunesse? Pas vraiment! 81% des sondés soutiennent massivement la «valeur travail» en affirmant qu'il est important dans leur vie. Seule une toute petite minorité des sondés songe à vivre de la débrouille en évitant soigneusement d'entrer dans le salariat. Si le travail paraît nécessaire pour gagner de l'argent, il est aussi vu pour la moitié des sondés comme un moyen de s'épanouir dans la vie. Ils sont d'ailleurs 62% à se dire heureux dans leur travail. Mais le monde du travail apparaît d'autant désirable qu'il est difficilement accessible: un quart des 18-25 ans est au chômage. Quant aux salariés, ils sont 60% à estimer qu'ils ne sont pas payés à la hauteur de leurs qualifications, et que leur emploi n'est pas à la hauteur de leurs études (46%).

 La faute à l'école

C'est une spécificité bien française soulignée par les sociologues: pour avoir sa place dans la société, il faut avoir un statut social. Et ce dernier s'acquiert via le travail, qui dépend du diplôme, qui lui même dépend des choix d'options ou d'orientation au collège et au lycée. Les jeunes Français sont bien conscients que leur destin se joue parfois dès leur 15 ans et qu'on leur donnera difficilement une seconde chance. Une réalité d'autant plus dure à accepter que l'école ne joue plus à leur yeux son rôle méritocratique. Pour 61% des jeunes interrogés, l'école ne récompense pas le mérite et ne donne pas sa chance à tous. Au final, ils sont 70% à penser que la société française ne leur donne pas les moyens de montrer ce dont ils sont capables. «C'est massif, et en forte progression. En 2006, ils étaient 53 % dans ce cas», note la sociologue. Quant au diplôme, il n'est plus la garantie d'obtenir un travail à la hauteur du temps investi dans les études.

● Une forte solidarité avec les parents...

Dans ce contexte économique difficile, les jeunes peuvent compter sur l'aide de leurs parents. Ces derniers sont parfaitement conscients que les conditions d'accès au marché du travail sont radicalement différentes de celles qu'ils ont connu durant leur propre jeunesse et sont enclins à filer des «coups de mains», financiers ou moraux. Plus de la moitié des jeunes, même actifs, reçoivent une aide financière de leurs parents. Ces derniers sont à 89% fiers de leur parcours, et les soutiennent dans leur choix à 91%. In fine, les relations parents-enfants sont décrites comme «idéales» (27%) ou «cool». On est bien loin des relations parents-enfants extrêmement tendues qui ont donné naissance au mouvement de Mai-68.

● ... mais de la rancoeur envers les générations précédentes

Si les jeunes entretiennent de bonnes relations avec leurs parents, ils en veulent à la génération dorée des baby-boomers qui serait, selon 51% d'entre eux, responsable de leurs difficultés actuelles. La mise à l'index des générations précédentes est totalement nouvelle, selon les sociologues. Cette situation aboutit à un paradoxe dans les réponses des jeunes interrogés: s'ils en ont «marre de payer pour les retraites des baby-boomers» alors qu'eux n'auront rien, il n'est pas question que la retraite de leurs propres parents soit amputée. Difficile en effet de mordre la main qui vous nourrit et vous soutient moralement.

● Une envie de révolte

Pas de travail, ou bien sous-qualifié. Difficulté à se loger ou à faire des plans sur le long terme sans l'indispensable CDI. Désillusion envers les études, qui ne sont plus le sésame vers l'emploi désiré. Ces portes fermées, cette absence de reconnaissance sociale et «ce sentiment d'être privé de l'essentiel est un terreau fertile à la contestation», prévient la sociologue. Et ce n'est pas la politique qui va leur redonner de l'espoir. Les jeunes dressent un portrait noir de la classe politique, en qui ils n'ont pas du tout confiance (46%).

61% des jeunes affirment qu'ils seraient prêts à participer à un mouvement de révolte «type Mai-68». Le taux de réponse est similaire quelque soit le statut social et la situation professionnelle. Même les jeunes en CDI, et donc perçus comme «tirés d'affaire», sont 54% à se dire prêts à se mobiliser. Pour les sociologues, le fait que cette génération soit la plus éduquée que la France ait connu la rend extrêmement consciente et critique sur sa situation. Pour le moment, elle est résignée, et fait le dos rond en attendant qu'après le tunnel des stages et des CDD s'ouvre le chemin de la stabilisation professionnelle. Mais «si rien ne bouge ... il suffit d'une étincelle», préviennent les sociologues. «Un ‘nous' pourrait se former, si les diplômés étaient rejoints par les jeunes en désespérance sociale».

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
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Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.