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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 14:09

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Et de trois PDG débarqués en l'espace de huit ans chez Accor par le fonds d'investissement américain Colony. Après Jean Marc Espalioux en 2005, Gilles Pélisson cinq ans plus tard, Denis Hennequin quitte ses fonctions à la tête du groupe hôtelier.

A deux jours de l'assemblée générale, l'ex-président de McDonald's Europe devait démissionner, ou être démissionné, mardi 23 avril, lors d'un conseil d'administration comme l'annoncent Les Echos et Le Figaro.

La raison : un désaccord profond sur la stratégie avec le duo d'actionnaire principal, Colony Capital et le français Eurazeo détenteurs ensemble de 21 % du capital et 30 % des droits de vote. Sans tomber dans la caricature, elle se résume à une confrontation de deux logiques, l'une entrepreneuriale, l'autre financière.

Voila plusieurs semaines, voire plusieurs mois que le conflit est latent. A son origine, un malentendu. En 2010, quand il est porté à direction générale du groupe, M. Hennequin a pour feuille de route approuvée par ses actionnaires le développement du cinquième groupe hôtelier mondial vers les pays émergents.

Il faut absolument redévelopper l'entreprise vers cette zone pour atténuer le poids de l'Europe, en crise qui représente 70 % du résultat. L'objectif étant de le ramenerà 50 %. La tâche est d'autant plus complexe que la crise est profonde ce qui ralentit le processus de changement.

Les actionnaires ont aussi l'œil rivé sur le cours d'Accor qui ne décolle pas. Au contraire. Une première initiative sera de se séparer, en 2010, de toutes les activités non hôtelières – les Tickets restaurant regroupés dans Endered, leader mondial des services prépayés aux entreprises – pour mieux valoriser en Boursechaque activité.

Nouvelle étape en janvier 2012. Cette fois Colony et Eurazeo poussent à la vente du parc immobilier et à une séparation totale de l'exploitation des hôtels. L'idée étant de dégager une meilleure valorisation de ce parc. La conséquence serait alors de fragiliser Accor qui, en n'étant plus que concentré sur la gestion des hôtels, serait alors facilement opéable. M. Hennequin s'y oppose.

INQUIÉTUDES SYNDICALES

Plutôt qu'un changement de modèle économique radical, il prône une stratégie souple et évolutive consistant à garder le contrôle de 20 % des hôtels du groupe. Il est ainsi décidé que 800 établissements changeront de mode de gestion en quatre ans, passant pour la plupart sous le régime de la franchise, ce qui permet à Accor d'alléger sa dette et de ne pas avoir à financer des investissements de modernisation.

Cette réorganisation ne suffit pas aux deux fonds actionnaires qui ne la jugent pas assez rapide. Les tensions alors se multiplieront avec M. Hennequin. Tout est prétexte à dissensions. Les sujets seront multiples allant jusqu'à concerner les modalités du plan de départs volontaires de 172 personnes engagé au siège. Les actionnaires le jugent trop onéreux et auraient préféré des négociations au cas par cas. D'où la séparation.

Et pourtant M. Hennequin aurait tenté de rallier à sa cause les autres détenteurs de capital, notamment le Fonds stratégique d'investissement (FSI) actionnaire à 3 %, en vain apparemment, en avançant l'idée de défendre un champion national.

"Nous sommes surpris du peu de délai qu'on laisse à un capitaine pour faire ses preuves et inquiet de voir le tout financier prendre la place", réagit Gilles d'Arondel secrétaire général du syndicat Force ouvrière (FO) chez Accor. Il redoute de voir"un fleuron national passer aux mains de fonds de pension dont les seuls critères sont d'accélérer la rentabilité". Si FO réserve sa réaction en tant que deuxième syndicat d'Accor, la CFDT qui est la première instance dans l'entreprise appelle à une manifestation jeudi.

Mais au-delà de l'éviction d'un PDG, l'affaire Accor pose un problème de gouvernance. Car avec 21 % du capital, les deux fonds détiennent aujourd'hui 40 % des sièges du conseil d'administration imposant ainsi leur stratégie.

D'ores et déjà, Colony et Eurazeo devraient s'interroger sur leur choix de limoger M. Hennequin, car au lieu de provoquer l'effet escompté – une hausse du cours dutitre Accor –, elle a fait l'inverse. La valeur perdait près de 2 % à l'ouverture de la séance, mardi. "Cela révèle une fois de plus que Colony ne sait pas choisir ses dirigeants. Regardez Carrefour, il a fallu virer deux patrons avant de trouver le bon", note perfidement un spécialiste du secteur.

Source: Le Monde Dominique Gallois

 

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

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Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.