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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 08:40

ZZZ

Depuis le 23 avril, le groupe hôtelier Accor n'a plus de PDG. Ce fleuron économique français, un géant sur son secteur, est aujourd'hui le théâtre d'un véritable putsch du capitalisme financier sur le capitalisme industriel. Ce constat doit nous préoccuper car il est de fait révélateur d'une époque.

Ce pronunciamiento a laissé sans voix 20 000 salariés français, attachés à leur entreprise et à leur emploi, qui se demandent quelle sera l'issue de cette crise qui secoue Accor. Tous ceux qui se sentent par ailleurs concernés par la place qu'occupe la France sur la scène touristique mondiale et qui veulent protéger les métiers et les savoir-faire de ce groupe partagent cette angoisse.

Accor fut fondé en 1967 par deux patrons visionnaires, Paul Dubrule et Gérard Pélisson – il s'appelait alors Société d'investissement et d'exploitation hôteliers (SIEH). Présente désormais dans 92 pays, de l'entrée de gamme au luxe, elle est devenue une référence dans le monde de l'hôtellerie grâce à ses 160 000 collaborateurs et ses 450 000 chambres.

Mais aujourd'hui, alors que l'entreprise est la victime d'une gigantesque vente à la découpe qui menace la pérennité de son activité, nous ne pouvons pas, nous ne devons pas rester muets.

STRATÉGIE CUPIDE

Que se passe-t-il chez Accor ? Le 23 avril, Denis Hennequin, jusqu'alors PDG du groupe, a été débarqué par des actionnaires qui lui reprochaient de ne pasmettre en oeuvre leur stratégie de découpe.

Leur objectif est clair : il s'agit d'amasser un maximum de dividendes très rapidement. Pour donner corps à leur stratégie cupide, tous les coups sont permis: vente de filiales étrangères, cession de segments d'activités, vente de murs d'hôtel à des conglomérats immobiliers.

Comme certains rêvaient autrefois d'une entreprise sans usine, les fonds spéculatifs qui contrôlent le groupe Accor veulent une chaîne d'hôtellerie sans murs. La machine à transformer des produits exceptionnels en dividendes est en marche : arrêtons-la !

Le malheur d'Accor est de compter parmi ses actionnaires deux groupes qui, avec 20 % du capital, créent un chaos inouï au sein de l'entreprise. Ils ont pour nom Eurazeo – société française d'investissement qui a réalisé 4,4 milliards d'euros de chiffres d'affaires en 2012 et qui compte 50 collaborateurs – et Colony Capital – un hedge fund américain qui possédait, il y a peu, le club defootball Paris-Saint-Germain. Ils veulent des dividendes à tout prix.

Accor devient ainsi le théâtre de la confrontation entre le capitalisme financier, d'une part, et le capitalisme productif symbolisé par Denis Hennequin, le PDG limogé, d'autre part.

PRÉFÉRER LE LONG TERME AU COURT TERME

Ce dernier, ancien patron de McDonald's France, était soutenu par les fondateurs et par plusieurs personnalités du monde économique qui comprennent l'immensité de l'enjeu pour notre appareil productif.

Leur combat n'est pas une lutte d'arrière-garde, c'est le combat de ceux qui pensent que l'économie doit préférer la production à la spéculation et le long terme au court terme. La nouvelle direction d'Accor devra faire un choix entre ces deux options.

Via le fonds stratégique d'investissement (FSI), l'Etat est également actionnaire d'Accor.

Il doit aujourd'hui faire entendre sa voix pour défendre la ligne de ceux qui pensent que le développement et la croissance d'Accor reposent sur la préservation de l'unité du groupe, sur sa capacité à être un "pure player" hôtelier, sur sa vocation à être présent sur tous les segments de ce marché et sur tous les continents. L'Etat doit soutenir la coalition productive contre la coalition financière.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, qui a engagé une action résolue pourenrayer la désindustrialisation, se trouve confronté à un nouveau phénomène touchant, cette fois, les services. Sur ce dossier aussi, l'affirmation de notre volontarisme peut faire bouger les lignes et remettre la France sur la voie de la croissance.

Francis Chouat (maire (PS) d'Evry)

Francis Chouat

Francis Chouat est maire (PS) d'Evry et président de la Communauté d'agglomération Evry-Centre-Essonne.

Sa commune abrite le siège social du groupe hôtelier français Accor.

Cette entreprise tiendra son conseil d'administration le 27 août.

Article publié dans le Monde

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Hommage à Léon Jouhaux

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.