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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 22:39

Pourquoi la direction de la société hôtelière s'est-elle montrée si peu coopérative avec les avocats de DSK ? C'est ce qu'aimeraient savoir certains de ses amis. Par Marie-France Etchegoin

Le Sofitel de Manhattan (Chernin-Afp)Le Sofitel de Manhattan (Chernin-Afp)

(Article paru dans le Nouvel Observateur en kiosque mardi 5 juillet)

L'heure des explications a sonné et c'est d'abord sur la chaîne hôtelière Accor, propriétaire du Sofitel de Manhattan, que certains strauss-kahniens ont décidé de déverser leur colère. A nouveau, ils agitent la thèse d'un « attentat politique », ourdi par des « officines », pourquoi pas à la solde de l'Elysée. Une chose est sûre en tout cas : en coulisse, un lourd contentieux a opposé, ces dernières semaines, les avocats américains de DSK et la société Accor. Depuis le début de l'affaire, Benjamin Brafman et Bill Taylor réclament à la direction du groupe un certain nombre d'« éléments » qui ne sont pas couverts, selon eux, par le secret de l'enquête.

Protocole, photo des VIP, emploi du temps du personnel...

Ainsi, ils aimeraient bien lire les « protocoles » fournis aux femmes de chambre, définissant leurs tâches et la manière de les exercer : sont-elles, par exemple, autorisées à nettoyer une chambre alors que son hôte a déjà annoncé à la réception qu'il s'apprête à quitter les lieux (ce qui était apparemment le cas de Dominique Strauss-Kahn) ? Ils souhaiteraient également savoir si une photo de chaque « VIP » séjournant dans l'hôtel est systématiquement affichée dans le local des employés, comme l'a indiqué l'un d'eux au « Figaro ». Si cette information est exacte, Nafssatou Diallo aurait pu connaître l'identité de l'occupant de la suite 2806 avant l'agression présumée, contrairement à ce qu'elle a toujours affirmé. Brafman et Taylor rêveraient enfin de mettre la main sur l'emploi du temps du personnel, le roulement des équipes, les changements d'affection aux alentours du 14 mai. La jeune Guinéenne a-t-elle été désignée pour remplacer une collègue affectée jusque-là à « la 2806 » ou s'est-elle portée volontaire ?

La direction d'Accor n'a pas répondu aux demandes

La direction d'Accor n'a pas répondu aux demandes des avocats new-yorkais. Dimanche, elle a signifié qu'elle était «tenue à un devoir de réserve dans le cadre de la procédure judiciaire » et qu'elle restait « à la disposition des autorités américaines pour que toute la lumière soit faite sur l'affaire ». Manière de souligner que rien ne l'oblige à collaborer avec la défense de l'ex-patron du FMI. Le même jour, pourtant, le député PS de l'Eure François Loncle dégainait à l'arme lourde : « Tout n'est pas clair dans le comportement des dirigeants du Sofitel et il peut y avoir eu des connexions entre le groupe Accor avant ou après l'afaire et certaines officines françaises. » Faisait-il allusion à cette vieille rumeur selon laquelle les « services » auraient leurs correspondants dans la plupart des grandes compagnies hexagonales installées à l'étranger ?

Le député UMP de Paris Bernard Debré à Paris, le 20 décembre 2011

Le député UMP de Paris Bernard Debré (c) Afp

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'aveu de Bernard Debré ravi les strauss-kahniens

Michèle Sabban, vice-présidente PS du conseil régional d'Ile-de-France et fidèle entre les fidèles de DSK, est allée encore plus loin en évoquant Raymond Kelly, le chef de la police new-yorkaise, décoré en septembre 2006 de la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. « Souvenez-vous aussi des propos de Bernard Debré », a-t-elle encore lâché. Le député UMP avait assuré sur son blog que Dominique Strauss-Kahn - qu'il traitait de « délinquant sexuel » - avait commis d'autres forfaits au Sofitel de New York. Depuis, il a reconnu avoir été « trop vite », précisant benoîtement : « J'avais été en direct avec un certain nombre de gens qui travaillent au Sofitel et en particulier un ami d'enfance de mon collaborateur. » Un aveu de nature à ravir tous les socialistes qui voyaient déjà derrière le fameux « tweet » d'un jeune militant UMP annonçant rapidement l'arrestation de DSK, avant même la presse américaine, la preuve d'une possible conspiration.

Les réponses de Claude Guéant

Depuis dimanche, en tout cas, Claude Guéant, qui juge « odieuses » les « insinuations » de François Loncle et Michèle Sabban, a apporté quelques réponses à des questions restées longtemps en suspens. C'est « dans la nuit de samedi [14 mai] à dimanche, un peu après minuit et demi » qu'il a été prévenu de ce qui était arrivé à DSK, par son directeur de cabinet, « lui-même informé par le coordonnateur national du renseignement », Ange Mancini, ancien « grand fic » aujourd'hui en poste à l'Elysée. Qui avait alerté Mancini Vraisemblablement son ami René-Georges Querry, le directeur de la sécurité du groupe Accor, qui n'est autre que l'ex-patron de la brigade antigang... Rien de véritablement surprenant, étant donné le statut de celui qui venait de se faire embarquer dans un commissariat de Harlem. Mais alors que les dirigeants d'Accor persistent à « démentir formellement les allégations laissant entendre qu'ils seraient intervenus d'une quelconque manière dans le déroulement et le traitement de cette affaire », voilà encore du grain à moudre pour tous les complotistes.

Marie-France Etchegoin-Le Nouvel Observateur

(Article paru dans le Nouvel Observateur en kiosque mardi 5 juillet)

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Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.