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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 07:07

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Au début des années 1990, Accor s'est aventuré sur le segment de l'hôtellerie économique aux États-Unis, avec le rachat de Red Roof Inn et de Motel 6. Crédits photo : www.alamy.com/Alamy

 

INFOGRAPHIE - Le groupe hôtelier français revend la chaîne américaine Motel 6 au fonds Blackstone, pour 1,9 milliard d'euros. Ces 1104 hôtels d'entrée de gamme pesaient sur les résultats financiers d'Accor depuis plusieurs années.

Le géant de l'hôtellerie Accor tourne une page de son aventure américaine avec la cession de Motel 6, son enseigne économique aux États-Unis. Cette opération embléma­tique porte sur le quart de son parc hôtelier: 1102 hôtels sur un total de 4426. Mais le chiffre d'affaires de cette filiale (532 millions d'euros en 2011) ne pesait que 9 % des facturations globales, et sa contribution aux résultats du groupe était encore plus faible. La marge opérationnelle de Motel 6 s'est limitée l'an passé à 2,8 %, contre une moyenne de 8,7 % pour le groupe.

Cette piètre performance illustre les difficultés traversées par le groupe avec Motel 6. Au début des années 1990, Accor s'est aventuré sur le segment de l'hôtellerie économique aux États-Unis, avec le rachat de Red Roof Inn et de Motel 6. La première marque a été cédée dès septembre 2007. Une fois bouclée l'opération annoncée mardi, Accor ne gérera plus que 17 hôtels haut de gamme aux États-Unis, dont le Sofitel de New York.

Denis Hennequin, le PDG d'Accor, assure que les sommes dégagées par cette cession permettront de renforcer les moyens du groupe pour se développer en «Asie Paci­fique, Amérique latine et Europe, marchés sur lesquels le leadership de nos marques constitue l'un des leviers essentiels de notre croissance future». Le groupe dispose de 104.000 chambres (soit 609 hôtels) en développement aujourd'hui, dont 45 % en Asie Pacifique.

En présentant la stratégie du groupe, en septembre dernier, le dirigeant avait déclaré que «si quelqu'un veut racheter Motel 6, je ne ferme pas la porte». Des paroles entendues par le fonds d'investissement Blackstone, qui a décidé de miser 1,9 milliard de dollars (1,45 milliard d'euros) après «quelques semaines de négociation», selon la directrice financière d'Accor. Blackstone met la main sur une activité qui va mieux, puisqu'elle était encore en perte en 2010.

Accor expliquait en début d'année que l'environnement affichait «une bonne dynamique sur le segment économique aux États-Unis». Si le prix payé par Blackstone atteint 1,9 milliard de dollars, Accor doit parallèlement racheter tous les hôtels en location à loyers fixes de Motel 6. Au final, seuls 330 millions d'euros rentreront dans ses caisses. Pis, il va devoir comptabiliser une perte comptable de 600 millions d'euros liée au rachat par anticipation de ces hôtels. Le groupe avait prévenu les analystes de ce risque de moins-value. Le titre s'est envolé de 5,81 % en Bourse hier, preuve du bon accueil des investisseurs.

Plus d'hôtels en franchise

Pour justifier cette cession, Denis Hennequin pointe également la part trop importante des actifs ­détenus en pleine propriété par Motel 6. Le mode d'exploitation des hôtels a en effet un impact économique sur un groupe hôtelier. «Avec une plus large proportion d'hôtels en propriété ou en location à loyers fixes que ses concurrents, Accor affiche une part plus importante de coûts fixes», détaillent ainsi les analystes d'Exane BNP Paribas. Un point évident de fragilité lorsque la conjoncture se retourne.

La stratégie d'Accor depuis plusieurs années est de développer l'exploitation via la franchise, la gestion pour des investisseurs et la location à loyers variables. En 2011, ces trois modes d'exploitation représentaient 68 % des hôtels du groupe. Ils sont de plus de 90 % chez ses grands concurrents Intercontinental, Marriott ou Starwood. Or les établissements de Motel 6 n'étaient qu'à 45 % en franchise et à 55 % en propriété ou loyers fixes. La cession va donc permettre d'accélérer le mouvement. «Après cette opération, Accor affichera un taux de 77 % pour les trois modes d'exploitation que nous privilégions alors que nous avons un objectif à 2015 de 80 %», se félicite ainsi Denis Hennequin.

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Hommage à Léon Jouhaux

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
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Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.