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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 12:30

accor-377482Sébastien Bazin, le patron Europe de Colony Capital, a proposé au conseil d'administration d'Accor la séparation entre le parc immobilier hôtelier et l'exploitation. Denis Hennequin, le PDG du groupe, s'est porté garant vendredi dernier de son unicité devant les représentants du personnel.

Accor prépare-t-il une nouvelle scission ? Le groupe, qui a mis en Bourse son précieux pôle services - devenu la société Edenred -début juillet 2010 et qui a parachevé son recentrage l'an dernier avec sa sortie de Groupe Barrière et la vente de Lenôtre, s'interroge sur l'opportunité de créer une foncière regroupant son parc immobilier hôtelier. La question est loin d'être tranchée, mais elle est désormais posée au sein du conseil d'administration, alors qu'Accor a vu son cours de Bourse s'effondrer de plus de 40 % en l'espace d'un an (- 42,08 % à la clôture de vendredi), en dépit de performances opérationnelles particulièrement bonnes en 2011, si ce n'est record (lire encadré). Tout l'enjeu du débat est de savoir en substance, si la séparation entre le parc immobilier hôtelier et le métier d'exploitant ferait ressortir la valeur du groupe non perçue par le marché, sachant que la valeur des « murs » est de l'ordre de 3,7 milliards d'euros, à comparer à une valorisation boursière de 4,7 milliards à la clôture vendredi.

Signe des temps, c'est Sébastien Bazin, directeur général Europe de Colony Capital et actionnaire principal du groupe de concert avec Eurazeo, qui a mis le sujet sur la table, lors de la réunion du conseil d'administration - « animée », voire « musclée », dit-on -, qui s'est tenue dans la deuxième quinzaine de décembre. « Sébastien [Bazin, NDLR] est un actionnaire et un administrateur actif, chez Accor comme chez Carrefour », rappelle-t-on chez Colony, tout en se refusant à commenter ses propos. Nul doute que la société d'investissement entend s'inspirer d'une tendance à l'oeuvre depuis une bonne vingtaine d'années au sein du secteur de l'hôtellerie, qui tend, de plus en plus, vers la séparation entre l'actif et son exploitation. A la fin 1993, l'américain Marriott avait ainsi procédé à une scission stricto sensu en isolant son parc dans une nouvelle société cotée, Host Marriott, rebaptisée douze ans plus tard « Host Hotels & Resorts » du fait de la diversification de son portefeuille.

Inquiétudes

Depuis vendredi, la question n'est plus seulement débattue au sein du conseil. Elle a été ouvertement évoquée par une représentante du personnel au conseil dans le cadre d'une réunion du comité de groupe d'Accor France particulièrement intense. Ce qui a conduit le PDG Denis Hennequin, qui vient de boucler sa première année à la tête de l'entreprise, à s'exprimer sur le sujet. Il s'est alors posé sans ambiguïté en garant de l'unicité du groupe. Contraint à réagir sur l'éventualité de cette foncière, hypothèse qui inquiète les syndicats d'autant qu'elle peut préfigurer une nouvelle scission, l'ancien patron Europe de McDonald's a ainsi déclaré, rapporte-t-on : « De toute façon, si on devait le faire, ce n'est plus le moment. » De même, il a assuré que la nouvelle organisation par marques, qui verra le jour en 2013 et qui concerne l'Europe, n'est pas une stratégie de « dépeçage » et de « démantèlement », sachant qu'elle suscite des inquiétudes. Au passage, il l'a totalement endossée, déclarant qu'elle « n'est pas une organisation du conseil d'administration ». « Je suis venu chez Accor pour faire du développement, pour gagner des parts de marché », a également déclaré Denis Hennequin, désireux de rassurer son auditoire, auquel il a demandé la « confiance ». Cela étant, le PDG d'Accor s'est tout autant montré soucieux des actionnaires, qui doivent eux aussi « s'y retrouver », alors que le cours de Bourse s'est effondré. « Denis [Hennequin, NDLR] n'est pas un ayatollah. S'il faut le faire [la séparation entre les murs et l'exploitation, NDLR], il le fera. Mais, pour lui, le problème d'Accor c'est d'abord le surpoids du marché européen dans son activité, d'où la nécessité d'accélérer en Asie. En outre, la crise économique va rendre plus difficile la réalisation du plan de cession d'actifs immobiliers », souligne une relation très proche du PDG.

Or la machine Accor semble désormais en branle en matière de développement. Le nouveau plan d'expansion, déjà préparé sous la houlette de Gilles Pélisson, porte ses fruits puisque, pour la première fois en 2011, la barre des 35.000 chambres ouvertes dans l'année est atteinte, voire avoisine les 40.000 avec la croissance externe (absorption de Citéa par Adagio). A ce propos, la récente reprise de la société australienne de management hôtelier Mirvac, moyennant 195 millions d'euros, confirme un appétit d'acquisitions ciblées. En outre, souligne un ancien de la maison Accor, Denis Hennequin accélérerait un indispensable changement culturel : « Denis [Hennequin, NDLR] apporte un oeil neuf. Accor, c'est historiquement le triomphe du tangible, des normes. Aujourd'hui, ce qui prime, c'est l'adaptation aux marchés », explique-t-il. C'est dans ce contexte que s'inscrit le débat qui s'amorce sur la constitution d'une foncière par Accor.

Les Echos

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Hommage à Léon Jouhaux

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.