Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 08:19

Denis HENNEQUIN Management

Aux manettes d’Accor depuis un an, l’ancien patron de McDonald’s Europe bouscule déjà les méthodes du géant de l’hôtellerie. Avec sa décontraction habituelle.

Comme baptême du feu, il pouvait rêver mieux. Mi-mai 2011, cinq mois après avoir été nommé PDG du groupe hôtelier Accor, Denis Hennequin se trouve plongé au cœur de l’affaire DSK, le plus gros imbroglio politico-judiciaire de ces dernières années. Enquêtes dans les couloirs du Sofitel New York, l’un des fleurons du groupe, convocations par la justice américaine, soupçons de complot dans la course à l’Elysée, acharnement d’officines privées et de journalistes du monde entier… le cocktail était explosif. Joignable jour et nuit, décalage horaire oblige, le nouveau patron a suivi avec sa cellule de crise l’évolution de l’affaire en temps réel. Sans jamais se départir de son sang-froid. «A un moment, c’est même lui qui a dû réconforter une partie des équipes, qui avait craqué», se souvient un collaborateur. Sept mois plus tard, dans son vaste bureau au dernier étage du siège d’Accor, à Paris, Denis Hennequin sourit, aimablement, comme à son habitude, mais reste ferme. Pas question de revenir sur l’épisode, qui a déjà trop occupé son comité de direction. «Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai lutté pour garder la plus grande neutralité possible», lâche-t-il simplement.

Un look de rockeur anglais. Il est comme ça, Denis Hennequin. Calme, froid, mais direct et efficace. Ça tombe bien, depuis qu’il a pris les commandes du premier opérateur hôtelier mondial (plus de 4 200 hôtels F1, Ibis, Mercure, Pullman… dans 90 pays), rien ne lui a été épargné. L’affaire DSK, la dégringolade de l’action du groupe en Bourse, l’enlèvement et l’assassinat du directeur du Novotel d’Abidjan, en Côte d’Ivoire… «Ce drame l’a beaucoup marqué, il a passé des heures au téléphone avec les familles», raconte un de ses proches. Et maintenant, le retour de la crise économique. Pas de quoi troubler la décontraction de ce manager de 53 ans au look de rockeur anglais, avec ses bottines de cuir et ses costumes cintrés noirs sans cravate. «Denis aime les gens sérieux qui ne se prennent pas au sérieux», apprécie Yann Caillère, le numéro 2 du groupe. Le nouveau PDG tutoie collaborateurs, syndicalistes ou hommes politiques au bout de dix minutes et déteste les attributs du pouvoir. «La seule décoration que je mérite, c’est mon pin’s Accor», plaisante-t-il en désignant sa boutonnière. Et le chauffeur que le groupe met à sa disposition ? Il l’emploie, mais affirme ne pas assumer. «Je vais lui apprendre à conduire ma moto», rigole en privé cet amateur de Harley.

Mission Big Size. Ce côté atypique a-t-il joué dans la nomination de Denis Hennequin ? Les actionnaires d’Accor, au premier rang desquels figurent les redoutables fonds d’investissement Colony Capital et Eurazeo (27% du capital), l’ont en tout cas rapidement désigné pour remplacer Gilles Pélisson, débarqué fin 2010 après cinq années de service. Le nouveau patron se sait attendu au tournant. Sa lettre de mission ? Secouer le groupe hôtelier, désormais séparé de Ticket Restaurant, des casinos Barrière et du traiteur Lenôtre. En continuant à vendre les murs de ses hôtels, en dépoussiérant ses douze marques et en ajoutant 40 000 chambres par an, principalement en franchise ou en contrat de gestion, aux 510 000 déjà dans le giron d’Accor. Du lourd.

Denis Hennequin a déjà exécuté ce genre de stratégie chez McDonald’s, sa maison pendant vingt-six ans. Avant de quitter le roi du hamburger fin 2010, alors qu’il en était administrateur – une première pour un non-Américain – en charge de l’Europe. Et son nom était régulièrement cité pour rejoindre la direction du géant américain, à Chicago. Le big boss a pourtant commencé au bas de l’échelle. En 1984, ce fils unique de juristes parisiens envoie au diable sa maîtrise en droit des affaires et son premier boulot dans un cabinet de conseil en stratégie pour travailler comme directeur adjoint dans un restaurant McDonald’s. «Je n’étais pas fait pour un job de consultant, je suis un manager dans l’âme», résume-t-il, en empilant sur sa table de réunion les cadeaux de Noël qu’il compte distribuer à son comité de direction. Plan de carrière en tête et casquette McDo vissée sur le crâne – «J’avais encore des cheveux, à l’époque» –, Denis Hennequin débute aux cuisines du MacDonald’s des grands boulevards, à Paris. Isabelle Kuster, l’actuelle vice-présidente des opérations dans l’Hexagone, se souvient des longues heures à faire le ménage ensemble dans son second restaurant, rue de Rivoli. «Entre une frite et un soda, Denis m’expliquait qu’il présiderait un jour la France», se souvient-elle.

McDonald’s France s’entend. Les années suivantes, le jeune ambitieux grimpe tous les échelons : directeur de restaurant à Mulhouse, conseiller en formation, responsable de la franchise, directeur pour l’Ile-de-France… avant de décrocher le poste de ses rêves en 1996.

Parvenu à ce premier sommet, Denis Hennequin révèle sa nature iconoclaste. A l’époque, le groupe américain, symbole de la malbouffe et de la mondialisation, est attaqué de toutes parts, surtout en France. Le nouveau patron va calmer petit à petit ses détracteurs grâce à quelques bonnes idées. Comme le slogan «Born in the USA, made in France», l’ajout de salades et de fruits à croquer dans les menus, ou l’affichage des calories, tabou jusqu’ici. Il adapte l’architecture des restaurants au goût local, aménage les agences de manière plus conviviale. Et fait courageusement front lors du saccage du McDonald’s de Millau par José Bové en 1999 et du dynamitage de celui de Quévert par les indépendantistes bretons, qui coûte la vie à un employé. Les Américains apprécient son cran. Et ses résultats : la France devient le deuxième pays le plus rentable du groupe, après les États-Unis.

Le hamburger à toutes les sauces. Bombardé à la tête de l’Europe en 2005, Denis Hennequin se signale en déclinant l’immuable recette des hamburgers à la sauce de chaque pays : le Royal Deluxe français est relevé de moutarde à l’ancienne, le cheeseburger italien saupoudré de parmesan et le hamburger allemand garni de crevettes. Pour mettre dans sa poche ses patrons de Chicago, le Frenchy en rajoute sur son amour de la culture américaine et se forge une image de rockeur. Déjà président du fan club français de Bruce Springsteen, il se met à la guitare – il en possède six, dont deux trônent dans son bureau – et se produit en concert avec les N’Kings, un groupe composé de sa femme et de ses trois enfants. Sa passion de la moto – il a descendu la Pacific Coast Highway, de San Francisco à Los Angeles, en 2008 – remonte à cette époque. «Il a acheté sa première Harley avant même d’avoir son permis deux-roues !» glousse un de ses amis.

Partager cet article

Repost 0
Published by FO ACCOR
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Syndicat FO Accor
  • Syndicat FO Accor
  • : le blog du syndicat FO au sein du Groupe Accor
  • Contact

NOUS SOMMES TOUS CHARLIE

je-suis-c.png             


Recherche

Découvrez le nouveau site FGTA FO

PiedMail_FGTA-FO4
           
cliquez sur le lien ci-dessus

FORMULAIRE ADHESION

FOAccor

  Si vous souhaitez adhérer à notre Syndicat,
    renvoyez votre formulaire d'adhésion à
  l'adresse ci dessous avec votre réglement à
 l'ordre du

  fleche 058-copie-5Syndicat FO ACCOR
253, Bis rue de Vaugirard
75015 Paris

bateau 015

VISITEURS


compteur visiteurs

Hommage à Léon Jouhaux

leon-jouhaux.jpg

Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.