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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 15:25

Ce qu’il y a de commode avec les pratiques de bonne gouvernance, c’est qu’elles fournissent des explications toutes faites lorsqu’on n’a pas forcément envie d’en donner. Franck Riboud, le PDG de Danone, vient de démissionner du conseil d’administration d’Accor «afin de se conformer aux recommandations limitant le nombre de mandats d’administrateurs détenus par un dirigeant exécutif», dit le groupe hôtelier dans un communiqué publié lundi 7 janvier. Sans doute une soudaine prise de conscience de la part de Franck Riboud, la veille du réveillon, qu’il y avait urgence à se mettre en conformité avec le code AFEP-Medef de 2008 qui prône de ne détenir que quatre mandats.

En la matière, le mieux ne peut être l’ennemi du bien. Dont acte. En même temps, la bonne gouvernance a bon dos. Franck Riboud n’aurait-il pas plutôt fini par se lasser des batailles de polochon auxquelles se livrent depuis des années les deux principaux actionnaires d’Accor, Eurazeo et Colony Capital, avec les patrons successifs de l’entreprise?

Le débat porte sur le rythme de la création de valeur, qui, pour les deux fonds d’investissement, n’est jamais assez rapide. Leur marotte consiste à faire pression pour séparer le parc immobilier – c’est-à-dire les murs des hôtels – de l’exploitation proprement dite.

L’actuel PDG, Denis Hennequin, lui, a une vision plus pragmatique et surtout plus entrepreneuriale. Accor n’a pas à être systématiquement propriétaire de ses hôtels, soit, mais la gestion du foncier doit en même temps rester un outil de pilotage de l’ensemble. C’est dans ce but qu’une nouvelle direction générale chargée du patrimoine est en cours de création. Même si le cours de Bourse d’Accor a regagné du terrain depuis l’arrivée de Denis Hennequin, Eurazeo et Colony continuent à vouloir aller plus vite que la musique. D’où les tensions récurrentes avec la direction.

Défenseur d’une vision plus industrielle que financière, Franck Riboud a fini par penser qu’il avait mieux à faire qu’à arbitrer ces joutes sans fin, qui ont repris de la vigueur cet hiver.

 La gouvernance est un sujet sensible chez Accor. L’influence envahissante de Colony et d’Eurazeo avait déjà conduit en 2009 à une crise retentissante. Celle-ci avait abouti à la démission collective de six administrateurs, qui estimaient que détenir 30% n’autorise pas à faire comme si l’on était chez soi.

C’est bien aussi l’avis du maître de maison, Denis Hennequin, qui jusque-là a su habilement résister à l’impatience de ses actionnaires. Le départ de Franck Riboud rompt un certain équilibre. Le nom de son successeur au conseil n’est donc pas anodin pour savoir si Accor va rester entre ses murs.

Source : Stéphane Lauer Le Monde

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Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.