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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 07:29

Quand les patrons des hôtels de luxe froncent le sourcil, la loi instituant une taxe de 2% sur les nuitées est de suite abrogée. Quand deux millions de citoyens descendent dans la rue, le recul de la retraite à 67 ans est validé. Deux poids, deux mesures. Tout un symbole du quinquennat de Nicolas Sarkozy, constate notre blogueuse associée Lait d'Beu.

 sarkozy.jpg

 (capture d'écran YouTube - PascalGibert - cc)

 

Exemple type du poids des lobbies. La loi instituant une taxe de 2 % sur les nuitées des hôtels de luxe - d’un montant supérieur à 200 € - votée en septembre et entrée en application le 1er novembre - devrait être abrogée très prochainement : épargnée des mesures de rigueur (Europe 1, le 10 nov. 2011), il aura suffit que les patrons des grands groupes du secteur - fort amis de Nicolas Sarkozy et commensaux de la « bande du Fouquet’s » - fronçassent seulement un sourcil pour obtenir immédiatement gain de cause… 

Nous, le vulgum pecus avons bien pu protester plus de 4 mois avec des manifestations record - 2 millions de personnes dans la rue criant leur colère et leur désespérance - contre la réforme des retraites, on nous l’a enfoncée grave dans le baba et voilà-t-y pas que Fillon parle même d’en avancer l’application à 2017 voire 2016. Je vous fiche mon billet que si par malheur Sarkozy était réélu, il ferait appliquer la retraite à 67 ans dès l’été 2012 et pour tous les futurs retraités. 

Pour s’y opposer très vivement, le directeur général délégué du groupe Accor - dont Le Mondedu 11 nov.  indique qu’il s’appelle Yann Caillère - argue que « la TVA à 7 % représenterait déjà un surcoût de « 22,5 millions d'euros » sur un an pour le groupe hôtelier ». Je ne sais si vous avez quelque idée de cette nébuleuse - présente dans 90 pays répartis sur les cinq continents, propriétaire d’un impressionnant nombre de sociétés et d’hôtels de toutes catégories - des moins chers aux palaces - et dans le monde du tourisme dont Wikipedia nous apprend qu’elle ne réalise que 37 % de son chiffre d’affaires global (7 065 millions d’euros le 31 déc. 2009) en France. 

C’est dire si ses actionnaires vont avoir à souffrir ! Ces gloutocrates n’ont décidément aucune pudeur ni retenue. Ils profitent allègrement de toutes les dispositions fiscales qui permettent aux multinationales de payer proportionnellement moins (sinon aucun) d’impôts en France que les PME mais ne sont jamais suffisamment rassasiés. 

Or donc, ce si gentil garçon tempêtait : « On ne va pas rentrer dans un modèle où c'est taxe, sur taxe, sur taxe » ! 
Pour lui c’est peanuts… Peu lui chaut que ce fût le sort qui nous est réservé par l’avalanche de mesures plus antisociales les unes que les autres qui va nous tomber sur le coin de la gueule dès le 1er janvier et va obérer sérieusement un pouvoir d’achat déjà plus que peau de chagrin. Déjà,« j’les entends murmurer des drôles de mots comme…» TVA sociale. Et hop ! 2 % de plus. 

Si vous passez par Wikipedia, ne manquez pas la composition du Conseil d’administration, elle est tout à fait emblématique de l’interpénétration des multinationales s’emboîtant les unes dans les autres comme autant de poupées russes. 

Comment voudriez-vous que X qui a déjà plusieurs casquettes dans divers autres conseils d’administration - les jetons de présence, c’est leur argent de poche ! - et dirige un groupe dans lequel Untel, également membre de son Conseil d’administration et titulaire d’autant de casquettes d’administrateur dans d’autres sociétés - s’opposent à des décisions réputées« stratégiques » pour l’orientation du groupe sinon quand elles leur semblent défavorables à leurs intérêts de prédateurs… Ils débarquent alors incontinent le PDG qui ne repartira toutefois pas breddouille : « golden parachute » et « retraite chapeau » d’un montant exorbitant. 

Ce phénomène d’interpénétration des administrateurs des grandes sociétés n’a rien de nouveau. Mon père le dénonçait bien des années avant sa mort (1983) et scrutait attentivement la composition des Conseils d’administration dont il pouvait avoir connaissance. C’est dire si je m’intéresse au sujet depuis belle heurette. 
Au moment de l’affaire DSK, sachant le co-fondateur d’Accor - Paul Dubrule - fort ami de Nicolas Sarkozy, je m’étais intéressée à ce personnage. J’appris en quelques clics que tout en restant co-président du Conseil de surveillance, il fut de 1999 à 2004 sénateur UMP de Seine-et-Marne (décidément un vivier pour les troupes de Sarkozy !) et mieux encore grâce àLibération : ancien sénateur, évadé fiscal et fier de l'être (20 mai 2010), ce qui lui permit d’économiser une sacrée somme : il est imposé en Suisse pour l’équivalent de 210 000 euros, contre 2,5 millions d'euros s'il était soumis au fisc français… 

Il n’y a pas de petits bénéfices pour ce genre de rapiats, Français tant que cela arrange leurs intérêts : sa fortune serait estimée à 300 millions de francs - suisses ! - selon le magazine économique helvétique « Bilan »… Dire que Sarkozy et sa clique prétendent nous donner des leçons « d’identité nationale » ! Je préfère un étranger qui choisit la France - quelles que fussent ses raisons - souvent économiques : ne pas crever de faim dans un pays en guerre mais aussi parfois en même temps culturelles : amour de langue, sans oublier la patrie des droits de l’homme - qu’un Français plein aux as qui la quitte uniquement pour payer moins d’impôts… raclure d’ordures. 

Encore plus rigolo d’apprendre - toujours grâce à Libération - qu’avec son compère Pellisson, co-fondateur d’Accor ils furent surnommés par les langues de vipères du CAC 40 « Crapule et Polisson », duo parfaitement rodé, la charge de Grégoire Biseau ne datant pas d’hier mais du 10 oct. 2005. Malgré mes recherches, je n’ai pas retrouvé la trace d’un article mentionné par Wikipedia présentant Dubrule comme « Un homme plein de sagesse. La lâcheté ne lui fait pas peur, si elle est au service de la France »… Sauf quand il s’agit d’y acquitter ses impôts ! 

Sachant aujourd’hui qu’il a 75 ans, je souhaite que Dieu dans son infinie bonté lui épargnât rapidement tous ces tourments d’homme riche : que faire en effet de telles sommes qui n’ont aucune justification à l’échelle humaine ? Tant pis pour lui s’il ne peut passer par « le chas de l’aiguille ». Il n’avait qu’à y songer plus tôt. Au moins, le Scrooge des « Contes de la nuit de Noël » de Dickens fut-il sauvé par la Grâce. En prenant conscience par une invitation d’un employé - qui ne tenait en rien de la flagornerie mais de l’amour du prochain - à partager en toute simplicité une fête familiale où l’amour avait beaucoup plus de part que la recherche du lucre. 

Une dernière chose me troue littéralement le cul : apprendre que les hôtels de luxe ne sont redevables que de la TVA à taux réduit : 5,5 % ! En principe réservée aux produits de première nécessité ! Je ne saurais dire sous quel gouvernement l’on a imaginé pareille connerie. Rien que pour ce secteur, il me semblerait nécessaire de réinstaurer le taux de 33 % pour les produits de luxe ! 

S’agissant des palaces, le gouvernement fait peu de cas des quelques 500 employés du Ritz - fermé deux ans pour cause de travaux de modernisation, sans doute nécessaires - mis sur le carreau. Seront-ils indemnisés tout ce temps ? Car il paraît évident qu’en ces temps de crise y compris dans l‘hôtellerie de luxe, ils ne retrouveront pas de longtemps un job équivalent. 

Enfin, cette taxe sur l’hôtellerie de luxe était destinée - disaient-ils - à compenser l’abandon de celle qui devait peser sur les parcs de loisirs censée apporter à l’Etat 90 millions d’euros… Une broutille relativement à l’ampleur du déficit mais drôlement salée quant à l’équilibre financier de ces parcs. Combien d’emplois à la clef ? Je me demande si le projet est conservé bien au chaud sous leur coude gauche. 

Certes, la visite d’un parc de loisir n’est pas une priorité quand l’on peine à joindre les deux bouts. Mais si l’on considère le nombre potentiel de visiteurs relativement aux clients d’un hôtel de luxe, ils sont autrement nombreux - surtout si l’on y ajoute les touristes étrangers et le fait que certaines familles se diront qu’après tout, quitte à souffrir de la crise, autant se donner un peu de bon temps. Se priver de tout, tout le temps : à l’impossible nul n’est tenu, surtout quand il y a des enfants .

 

Source Marianne

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Hommage à Léon Jouhaux

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.