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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 11:45

pole-emploi-chomage-chomeurs-travail-crise-wauquiez-chatel-Accor, Veolia, HSBC France, DCNS, Groupama, Carrefour... Depuis l'été, nombre d'entreprises ont perdu leur patron des ressources humaines, parfois brutalement. «  C'est une hécatombe ! », souffle un expert. Les chiffres impressionnent. Depuis janvier 2011, un jeu de chaises musicales a modifié l'organigramme dans plus de 130 sociétés. Alcatel-Lucent France, Quick, Altran France, VVF Villages, Logica France, Steria, PPR, Fiat, Air France... pas moins d'une trentaine d'entre elles ont nommé de nouveaux DRH au cours des deux derniers mois.

Cette valse ne doit pourtant rien au hasard. «  L a fonction est sensible aux aléas du marché. En période de crise, les équipes des ressources humaines, qui ont, entre autres, pour mission de recruter, sont appauvries », estime Olivier Boileau, associé du cabinet de recrutement Taste. D'autre part, on voit se profiler  un changement de génération qui implique un passage de flambeau. » Sans compter que, de nos jours, les DRH, comme tous dirigeants, bougent davantage. «  Beaucoup ne restent pas en poste plus de trois ans », commente Christophe Leparcq, fondateur du Club DeciDRH.

Mais cela n'explique pas tout. Désormais, le sort des DRH semble davantage lié à celui des patrons. Certains arrivent dans les valises du nouveau président. A l'instar de Xavier Broseta, qui, début février, a quitté Thales pour rejoindre un de ses anciens dirigeants, Alexandre de Juniac, désormais numéro un d'Air France. L'inverse existe aussi : «  J'ai dû partir suite à des désaccords avec le récent PDG. J'étais en travers de son chemin », témoigne un professionnel remercié récemment. Etre complice du « boss » est d'autant plus essentiel que, «  contrairement à des experts, cantonnés aux fonctions techniques, les DRHs'occupent de sujets humains et sont facilement en concurrence avec leur PDG sur le terrain transverse du management », poursuit-il.

«  C'est devenu un poste politique, résume Sandra Enlart, directrice générale de l'association Entreprise & Personnel. La plupart des DRH en recherche d'emploi sont d'excellents professionnels. Mais beaucoup sont associés à des personnes, à des politiques d'entreprise. Ils sont perçus comme appartenant à un clan. Auparavant, ils étaient davantage considérés comme des gestionnaires du personnel. Ils étaient moins en vue.  »

Et pour cause ! En 2009, la crise sociale qu'a traversée France Télécom a braqué les projecteurs sur ces dirigeants, longtemps restés dans l'ombre. « Ce qui s'est passé chez France Télécom a montré qu'on était au bout d'un système », estime Edgar Added, coauteur du livre « Le DRH du 3 e Millénaire » (Pearson).

En outre, à l'heure où les salariés réclament du sens, le social est désormais un enjeu de compétitivité.« La performance économique est devenue indissociable de la performance sociale, aux yeux des salariés, mais aussi des clients et des actionnaires », affirme-t-on à l'Association nationale des DRH.

Un métier en mutation

De quoi sensibiliser les PDG au rôle de ces professionnels, d'autant que les dérapages se jugent au pénal. Un rôle sensible aussi, car de l'emploi aux retraites, les gouvernements en France sont très présents sur les thèmes du social. Un rôle plus vaste enfin, dès lors que des questions de société, comme la religion, par exemple, s'invitent dans des entreprises aux frontières désormais poreuses.

La mission des professionnels est donc délicate. Et le métier, en pleine mutation : à l'évolution des technologies, qui bouleversent leur tâche, s'ajoutent les défis de la mondialisation, qui les poussent à concilier politique globale et pratiques locales en matière de gestion des carrières, de mobilité, de rémunérations... Et surtout, depuis l'été, les cycles de l'entreprise se sont encore raccourcis. Un casse-tête pour ces hommes dont l'action est calée sur le long terme.

Le retour de la crise a compliqué la donne. De manière générale «  dans une même entreprise, il est complexe de porter des politiques contradictoires. On ne peut pas alterner rapidement des plans sociaux et des recrutements, sous peine de perdre sa crédibilité », estime Olivier Boileau.

Plus problématique encore, l'optimisme du début 2011 a duré trop peu de temps pour offrir un recours aux méthodes traditionnelles de motivation ou de fidélisation, comme les recrutements ou la hausse des salaires. «  L es entreprises ne peuvent plus considérer leurs évolutions stratégiques en fonction des modèles existants. Aujourd'hui, il faut aller chercher la croissance dans d'autres zones géographiques et dans de nouveaux secteurs porteurs, et donc optimiser les ressources internes. assure Jean-Dominique Perret, DRH du groupe Rexel. Les DRH doivent développer l'excellence en transformant les forces vives déjà en place. Ils doivent créer, innover. »

Ainsi, les DRH sont à la croisée des chemins. «  C'est une remise en question profonde. Ils doivent prendre des risques, exercer une influence ! Les DRH de demain sont des hommes pluriels, dotés de compétences politiques, stratégiques et financières ! Ce sont des patrons », poursuit Edgar Added, qui lancera, fin mars, le Cercle d'excellence RH. Déjà, nombre d'entre eux ont des parcours opérationnels. A l'instar de Pierre Barnabé qui, en 2009, a lâché son poste de PDG d'Alcatel-Lucent France pour piloter, jusqu'à récemment, la DRH du groupe de télécommunications dans le monde. Mais les embûches sont légion. « Tous n'ont pas la stature », prévient Edgar Added. A charge pour les autres de prendre leur destin en main. «  Les DRH doivent impérativement porter la fonction en dehors des murs de leur entreprise. Il est grand temps de rompre avec cette tradition de "pour vivre heureux, vivons cachés" »,affirme Laurent Choain, DRH de Mazars.

LAURANCE N'KAOUA, Les Echos

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Hommage à Léon Jouhaux

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.