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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 08:17

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Marc Thépot, vice-président de la société Risma. l'entreprise n'a pas trop souffert de la désaffection des touristes étrangers pour le Maroc.

Du deux-étoiles à l'hôtellerie de grand luxe, le groupe hôtelier est parvenu à s'implanter durablement au Maroc, en quinze ans seulement. Les raisons de son succès ? Des partenariats solides, pour financer et gérer les enseignes du groupe.

Tout démarre en 1996, à Bouznika, une petite ville à 40 kilomètres au sud de Rabat, par une rencontre entre Hassan II et Gérard Pélisson, cofondateur du groupe français Accor. Au père de l'actuel monarque, étonné d'attirer si peu d'investisseurs dans le secteur touristique, l'ancien président français Jacques Chirac avait répondu : "Je peux vous envoyer mon hôtelier préféré !" De cette rencontre, organisée par André Azoulay, conseiller du défunt roi, naîtra la feuille de route d'Accor au Maroc, avec pour objectif la création d'une entité franco-marocaine, opérateur touristique de référence, chargée de développer l'enseigne hôtelière dans le pays. Ce sera chose faite grâce aux milliards injectés par la société Risma, détenue majoritairement par Accor (35 %) et ses partenaires institutionnels marocains (46 %), notamment les banques BMCE et CFG Group, la caisse de retraite CIMR et les mutuelles Mamda-MCMA. Créée en 1993 pour gérer deux villages de vacances du groupe, Risma devient en 1996 une société anonyme avec un capital augmenté. Ce montage permet au groupe d'acquérir le foncier et de financer les hôtels. Il est complété par la création d'Accor Gestion Maroc, chargé de l'exploitation, dont Risma est actionnaire.

Du luxe (Sofitel, Pullman) aux deux-étoiles (Ibis), en passant par le segment affaires et le milieu de gamme (Novotel, Mercure), ce sont 3,5 milliards de dirhams (305 millions d'euros) qui ont été investis ces dix dernières années et près de 1,2 milliard (environ 100 millions d'euros) programmé au cours des trois prochaines années.

Aujourd'hui, Gérard Pélisson s'est retiré de la direction du groupe, mais demeure néanmoins président du conseil de surveillance de Risma : un signe qui ne trompe pas et témoigne d'un attachement particulier à l'égard du Maroc. Plus de quinze ans après ses débuts dans le royaume chérifien, Accor-Risma est présent dans 13 villes et à la tête d'un portefeuille de 29 établissements. L'année 2012 devrait voir par ailleurs l'ouverture de huit nouveaux hôtels. Surfant sur le plan Azur, stratégie nationale de développement touristique, Accor-Risma détient également 40 % de la station balnéaire Mogador à Essaouira.

"Se concentrer sur le maillage territorial avec Ibis"

Après avoir installé durablement le luxe via ses Sofitel d'exception à Marrakech, Rabat ou encore Agadir, Accor-Risma s'emploie désormais à développer une hôtellerie très économique, avec les marques Ibis Moussafir et Ibis Budget. Le nombre d'hôtels Ibis Moussafir, développés en partenariat avec Attijariwafa Bank, est ainsi passé de 6 en 2001 à 16 aujourd'hui. Cinq nouvelles ouvertures sont prévues pour compléter le réseau. Début 2012, Ibis Moussafir représentait près de la moitié de la capacité litière du groupe : 1 900 chambres, sur un total de 4 300 offertes. Lancée il y a deux ans avec le groupe Akwa, propriété de l'homme d'affaires Aziz Akhannouch, par ailleurs ministre de l'Agriculture, la marque Ibis Budget se déploie également rapidement. Après celui de la zone franche de Tanger inauguré le mois dernier, la construction de cinq autres hôtels s'achève, et huit nouveaux établissements devraient voir le jour d'ici à la fin de 2013. L'objectif est d'arriver à 25 hôtels de la marque Ibis Budget et autant du côté Ibis Moussafir. "Nous sommes en train de développer un vrai réseau économique, qui montre d'excellentes performances en termes de taux d'occupation", se réjouit Marc Thépot, vice-président de la société Risma. S'il était jusque-là absent de l'hôtellerie, le groupe Akwa détient en revanche la première chaîne de restauration du pays. Son enseigne, Oasis Café, est présente sur toutes les grandes aires de station-service Afriquia. Outre son implantation locale forte qui facilite les relations avec les autorités administratives, il présente pour Accor-Risma le très grand intérêt de disposer de terrains.

Diversification

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Après avoir installé durablement le luxe via ses Sofitel d'exception (ici, le Jardin des roses, à Rabat), le groupe se concentre désormais sur une hôtellerie économique.

D.Hudson

Après une décade consacrée à de lourds investissements, la société entame une phase de maturité. "Nous avons investi beaucoup plus que ce que l'on imaginait au départ, indique Marc Thépot. Maintenant, il nous faut digérer tout cela. Nous allons nous concentrer sur le maillage territorial avec Ibis. Nous serons très sélectifs sur les prochains investissements." Une pause bienvenue. Introduite en Bourse de Casablanca en 2006, autour de 240 dirhams (21 euros), Risma offre pourtant de piètres performances. Son cours s'établit aujourd'hui à moins de 110 dirhams, ce qui ne reflète guère les résultats réels du groupe. "L'hôtellerie ne délivre pas de bénéfices tout de suite, souligne le vice-président de Risma. Mais maintenant que nous sommes en phase de digestion, nous allons pouvoir distribuer des dividendes. Les prévisions de cash-flow pour 2013-2014 sont très satisfaisantes. Un signal positif adressé à la Bourse de Casablanca."

Un modèle qui pourrait être reproduit ailleurs en Afrique

La crise économique mondiale a eu peu de conséquences sur le programme de développement du groupe. Et tandis que la concurrence s'inquiète de la désaffection des touristes étrangers pour le Maroc, à Marrakech tout particulièrement, Accor-Risma s'apprête à publier des résultats satisfaisants. "Certes, nous avons perdu des points d'occupation sur certains hôtels, mais ce n'est pas l'effondrement, explique Marc Thépot. La crise a plutôt affecté les tour-opérateurs positionnés dans le loisir. Or, nous avons une clientèle diversifiée, moitié affaires, moitié loisirs, européenne et marocaine. La composante locale est largement majoritaire dans les Ibis. Nous avons également un fort maillage territorial et de très bons emplacements dans les villes."

Véritable succès, le modèle marocain pourrait être reproduit ailleurs en Afrique. En investissant dans la construction d'hôtels au Maroc et en choisissant d'opérer des hôtels dont il est propriétaire, Accor s'implante durablement. "Nous, on est là pour cinquante ans ! C'est une stratégie à contre-courant de ce qui se pratique aujourd'hui dans l'hôtellerie mondiale, où l'on privilégie les actifs light pour se concentrer uniquement sur la gestion", explique le vice-président de Risma. Autre clef du succès : les partenariats noués avec des institutionnels marocains, "légitimes et crédibles". Un schéma qui permet aussi une grande mobilité du personnel - 2 400 salariés au total - entre les établissements du groupe, alors que le manque de personnel qualifié est l'une des grandes faiblesses du Maroc.

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

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Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.