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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 09:01

210078 0201587326426 webLe Forum d'Avignon a posé quelques questions à des artistes, entrepreneurs, intellectuels et politiques au sujet de leurs raisons d'espérer en la culture. Voici la réponse de Denis Hennequin, président directeur général du groupe hôtelier Accor.

La culture et l'imagination créative vous donnent-elles une raison d'espérer?

Qu'est-ce qui caractérise notre temps ? Notre aptitude à consommer, qui est vraisemblablement un attribut marquant de nos sociétés. La croissance même est liée à la notion de consommation, et ce, bien que nous ne sachions plus quoi faire des objets, des services... Le rôle de la culture est de donner du sens, et ce sens, tout en s'intégrant dans une dialectique de consommation, peut dépasser la simple logique d'accumulation: qu'il s'agisse de musées qui parviennent à attirer un public large et varié en se transformant en lieux de vie ou qu'il s'agisse de centres commerciaux, de gares ou d'hôtels qui deviennent des espaces d'exposition et de sensibilisation à l'art. Il y a quelques années, le musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg offrait chaque dimanche du chocolat chaud à ses visiteurs, une façon comme une autre de créer un contact entre les spectateurs et les œuvres, presque inconsciente.

Dans le même ordre d'idée, nous avions, à l'époque où j'étais PDG de McDonald's France, organisé une exposition d'artistes contemporains dans la salle des pas perdus de la gare St Lazare, un lieu de passage où se croisent quotidiennement 200.000 personnes. Des œuvres surprenantes (Andrée Putman, Hilton Mac Connico...) allaient à la rencontre des passants.

L'hôtel est également un de ces lieux qui peut jouer un rôle d'aiguillon, en dépassant sa fonctionnalité d'usage initial. Lors de l'inauguration d'un Sofitel à Vienne, Jean Nouvel formulait que souvent l'architecture et les bâtiments 'prennent à la ville', dans une relation unilatérale. Or, il faut que les bâtiments, les hôtels 'redonnent à la ville' ce qu'elle leur apporte : devenir des lieux de convivialité sans pour autant renoncer à leur fonction de lieux de passage en accueillant des installations d'art, dans les chambres, dans les halls ou  sur les façades, en surprenant, en interpellant, en donnant envie. 
Ma forte raison d'espérer porte donc sur notre capacité à faire sortir la culture de son étui traditionnel ! Mettre du beau partout où cela est possible pour porter les valeurs positives de la diversité et du mélange, du 'blend', mais aussi pour amener différemment les gens à la culture et... pour provoquer !
 
Qui l'incarne le mieux?

Les artistes qui réussissent à conjuguer différentes formes d'expression, qui font appel aux cinq sens, qui cassent les codes : les collages de Picasso, les œuvres numériques sur Ipad de David Hockney, les inventions de Léonard de Vinci, la Sagrada Família de Gaudí... Il s'agit moins d'une personne en particulier que d'une attitude. 
 
Quelle serait l'initiative personnelle qui concrétise votre raison d'espérer?

Les secteurs productifs, notamment économiques,  peuvent être des vecteurs de communication formidables pour la culture, l'art et le design. Dans nos hôtels, nous travaillons à conjuguer différentes disciplines créatives. Avec Ibis, nous développons une nouvelle idée de l'hôtellerie économique où la fonction s'enrichit de l'émotion pour sortir l'hôtel économique du ghetto purement fonctionnel. Nous faisons entrer le design dans les hôtels avec des meubles iconiques à forte personnalité et développons un projet pilote Ibis Music, en partenariat avec Universal Music pour permettre aux clients d'accéder à l'ensemble du catalogue Universal. Plus globalement, chaque marque du Groupe développe ses propres projets artistiques. Ainsi, les hôtels Pullman s'engagent en faveur de l'art contemporain en faisant entrer des pièces uniques dans les hôtels. Chez Novotel, avec le projet Sanguines, la marque expose dans ses chambres une estampe spécialement créée par des artistes contemporains, comme Alechinsky, Garouste ou encore Marc Desgranchamps. Novotel est aujourd'hui à l'origine de la création de la plus importante collection mondiale de sanguines contemporaines, une collection unique inscrite à la BNF qui a finalement remplacé les classiques reproductions de tableaux que l'on pouvait trouver dans les chambres d'hôtels par des œuvres originales. D'un point de vue architectural aussi, le travail est colossal, notamment pour des hôtels datant des années 60-70. Mais les exemples de réhabilitations réussies ne manquent pas (Moscou, Berlin, ...) et prouvent bien que cela vaut la peine d'investir. Chez Sofitel par exemple, les plus grands architectes internationaux signent les ouvertures à travers le monde. Il ne s'agit plus de faire des marques standardisées mais au contraire de faire du 'glocal' (global- local).
 
Comment souhaitez-vous transmettre votre raison d'espérer aux générations futures?

Pour l'entreprise, la transmission passe par la nécessité de faire évoluer les comportements managériaux en fédérant autour de programmes forts. Chez Accor, le programme Planète 21 défend  les principes du développement durable en y incluant notamment une dimension culturelle, du 'beau durable'.

Nous cherchons ainsi à développer des 'réflexes de design' respectant l'environnement et incitant à repenser les villes. Il est en effet crucial que les villes nouvelles ne reproduisent pas les erreurs du passé, qu'elles repensent leur stratégie, notamment en termes d'urbanisme, de modes de déplacement, pour aller vers un environnement favorisant l'humain et son le bien-être.

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Hommage à Léon Jouhaux

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.