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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 10:52

 

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INTERVIEW Le co-fondateur du géant mondial de l’hôtellerie s’indigne de l’éviction de Denis Hennequin de la présidence du groupe et s’inquiète pour le moral des salariés et franchisés d’Accor.

 

Paul Dubrule (SIPA)

Challenges. Pourquoi Denis Hennequin quitte-t-il le groupe Accor?

Paul Dubrule. Denis Hennequin avait une feuille de route très claire avec de nombreuses options possibles à mettre en place dans le temps. Mais il a fini par s’épuiser qu’on ne le laisse pas travailler sereinement. On lui demandait sans cesse de se justifier, de fournir des chiffres et de faire des additions alors qu’il était venu pour faire du management. De guerre lasse, il a décidé que cela ne pouvait plus durer. Il était épuisé, il a préféré laisser tomber. Je déplore cette situation catastrophique car je constate que Denis Hennequin avait su gagner la confiance des salariés et des franchisés qui, aujourd’hui se posent des questions.

Les fonds Colony Capital et Eurazeo sont-ils responsables de cette situation?

Oui. Quand, avec Gérard Pélisson, nous avons fait entrer Colony Capital et Sébastien Bazin au capital du groupe, nous avons beaucoup apprécié son approche. Personnellement, au début, j’écoutais Sébastien Bazin et il m’a beaucoup apporté. Mais par la suite, il s’est allié à Eurazeo pour constituer ce que l’on a appelle aujourd’hui "le concert" et qui détient 21% des actions. Leur pression pour obtenir plus d’argent est devenue telle qu’elle a des conséquences néfastes pour le groupe. Leurs demandes constantes de "rendre de l’argent aux actionnaires" ne sont pas compatibles avec le développement du groupe Accor sur le long terme.

Certains disent que la vente systématique des murs des hôtels s’apparente à une liquidation rampante de l’entreprise. Qu’en pensez-vous?

Gérard Pélisson et moi-même ne sommes pas opposés à une vente mesurée de l’immobilier afin de financer des investissements. De la même façon, la stratégie d’asset light peut se justifier car dans une certaine mesure, notre métier consiste bien à gérer des hôtels et non pas à les posséder. Mais ce serait méconnaitre totalement les équilibres fragiles de l’hôtellerie pour un groupe français comme Accor que de vouloir à tout prix établir un ratio d’hôtels gérés en asset light. Déjà, le socle d’hôtels détenus en propre ne doit pas être le même dans l’hôtellerie de luxe et l’hôtellerie économique. Quant à la vente de l’immobilier, si elle n’est destinée qu’à servir des dividendes, c’est une folie destructrice de richesse.

Vous êtes-vous opposé au remplacement de Denis Hennequin par cette direction à deux têtes avec un président non opérationnel et la nomination de Yann Caillère comme directeur général?

J’aurais voulu que Denis Hennequin reste mais je n’ai pas de droit de vote au conseil d’administration. D’autre part, je connais bien Yann Caillère et je soutiens son action. Les administrateurs n’aiment pas que je m’exprime dans la presse mais je considère que je suis libre et comme je ne suis pas entendu en interne, je dois bien faire entendre ma voix. Je rappelle qu’avec Gérard Pélisson, nous avons créé un groupe constitué de milliers de PME, dans lequel les équipes sont essentielles et leur engagement primordial. Mais aujourd’hui, elles ont le "jarret mou", elles doutent et c’est très mauvais. D’autant que le marché est porteur et qu’Accor dispose d’excellents atouts.

Cette direction est-elle temporaire ?

J’espère que l’action de Yann Caillère n’est pas temporaire et qu’on va lui laisser le temps. En revanche, la présidence de Philippe Citerne et la nomination de Sébastien Bazin comme vice-président du Conseil d’administration sont, je l’espère transitoires.

Avez-vous eu des échanges avec Denis Hennequin depuis sa démission?

Oui. Nous avons échangé quelques SMS. Il m’a écrit: "Remettez de l’ordre et je reviens". Je lui ai répondu : "A l’impossible, nul n’est tenu". Et il a conclu: "tu peux réussir ». Maintenant je crois qu’il va se reposer et faire du vélo.

Challenges Par Jean-François Arnaud

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Hommage à Léon Jouhaux

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.