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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 01:01
hennequin

 

 

 

 

 

 

Denis Hennequin. Fan de rock, l’ex-patron de

McDonald’s Europe prend cette semaine la tête des hôtels Accor.

 

Par CAROLINE DE BODINAT (Libération)

  

 

On n’a rien trouvé de mieux, pendant la pause-café, que de se repasser en mode diaporama le trombinoscope des patrons du CAC 40. Pour voir. Et en effet, il y a contraste. Avec son style de dandy British, dressing majoritairement Paul Smith, et sa simplicité de nudiste question cravate. Denis Hennequin, nouveau président du groupe Accor (145 000 collaborateurs, 4 200 hôtels dans le monde), rafraîchit le look de la galerie. On pourrait lui trouver des petits airs à la Kevin Spacey d’American Beauty. Il a la démarche élastique, un sourire présent qui fait baisser la garde. Et dans le regard, cette ironie de rusé goupil, tombeur de grillage quelle que soit l’épaisseur du maillage.

 

Visite éclair de son bureau accordée. Rien sur les murs, rien nulle part, comme un appartement déserté. Son prédécesseur, Gilles Pelisson, s’est fait évincer début novembre. Denis Hennequin, qui sera nommé samedi, travaille à la table de réunion, assis sur une chaise anonyme. Il néglige le fauteuil présidentiel, n’aime pas le côté tour d’ivoire de l’endroit.Il organise ses réunions à la cafétéria et déjeune fréquemment à la cantine. Ce qui a surpris dans la maison. L’entretien se déroulera donc dans la salle du board. Il propose le canapé, on se pose à même la moquette. Il suit le mouvement et boit au goulot de sa petite Evian. C’est Gilles Pelisson qui l’a fait entrer au conseil d’administration. Denis Hennequin explique : «Nos relations restent amicales mais la situation est compliquée. On se connaît, on s’apprécie, on s’est parlé. Il m’a dit : "Je m’en vais, et je suis content que ce soit toi."»

L’ex-président Europe de McDonald’s a débuté sa carrière, à 26 ans, au bac à frites du fast-food parisien de Richelieu-Drouot, armé d’une licence en sciences économiques, d’une maîtrise en droit des affaires et en droit fiscal. De sa fausse nonchalance, il a fait un positionnement. Il a un côté cool et courtois, et on pointe sa fidélité extrême, sa capacité à réussir sans écraser. «Les dîners m’assomment. Quand j’ai débuté chez McDo, on m’a soufflé que le golf et les résultats étaient la recette pour durer. Je me suis concentré sur les résultats.» Inutile donc d’inviter le nouveau patron d’Accor sur un green. Il pratique le vélo. «Quand j’ai pris mes fonctions à l’Europe chez McDo, Jean-Pierre Petit, qui dirige la France aujourd’hui, m’a offert un vélo. Je trouvais la tenue ridicule, mais j’ai commencé à m’entraîner et fini par gravir l’Etna. J’en ai bavé.» Parmi ceux avec lesquels il attaque le bitume, dimanche et jours de fête, se trouve l’un des deux fondateurs d’Accor, Paul Dubrule. Pierre Woreczek, pointure McDo, qui l’a pratiqué pendant dix ans, définit ainsi son ex-boss : «Denis va à l’essentiel, c’est un moteur. Il tire les équipes vers le haut, sait exister, s’imposer. Il a cette capacité à fédérer et à se gagner la complicité des gens. Il est calme, pas jargonneux, pragmatique et sans agressivité. Son sens de la repartie et son humour très anglais sont constants. Ce n’est pas saint Vincent de Paul pour autant. Quand il n’y croit pas, sa fin de non-recevoir est directe. Il peut aussi être un peu égocentrique.»

Denis Hennequin explique avoir eu pour l’hôtelier un coup de cœur à l’identique de celui qu’il a ressenti pour le roi du hamburger. «Je suis frappé par la proximité des cultures. Les marques, les services et le brassage humain.» Son refus du poste de direction mondiale de McDonald’s s’explique par des raisons essentiellement personnelles. «Le poste était basé à Chicago. Je n’étais pas prêt à rompre l’équilibre familial qui m’a permis de me construire. Les honneurs et l’argent ne sont pas pour moi un moteur, bien que ce soit facile à dire quand on a un certain niveau de confort.»

Il ne donne pas le montant de sa rémunération chez Accor. Chez McDonald’s, il touchait un salaire annuel de 1,7 million d’euros - sans les primes. Il habite à Paris, un appartement dans le IXe arrondissement et possède un pied-à-terre à Londres, qui date de l’époque où il y séjournait pour McDo. Il adore la capitale britannique, achète ses disques chez RoughTrade, et comme il ne conçoit pas la vie sans ses amis, il y organise des week-ends. Il a la manie de disséquer les modes d’emploi du petit électroménager, et passe ses vacances sur l’île de Bréhat, en Bretagne. «La seule plage où l’on puisse se prélasser en col roulé sans passer pour un déséquilibré.» Il n’a jamais roulé autrement qu’en Mini parce qu’il trouve un côté puéril aux dispendieuses grosses cylindrées. Désormais, il dispose d’une voiture de fonction, avec chauffeur. Pas de Rolex au poignet, une Jaeger Lecoultre. Côté moteur, il aime celui de sa Harley et laisse ses copains le chambrer à propos de son tracteur de rocker.

Ses mots préférés sont «fierté», «ambition» et «différence». Il les prononce en anglais, soulignant qu’une fois traduits, ces termes ont l’allure d’un brushing qui aurait pris la pluie. Denis Hennequin est fondu de culture américaine et surtout de musique. Rock bien sûr, mais l’éclectique achète tout ce qui sort. Si son chat s’appelle Joséphine, c’est en hommage à Bashung. Il crée, en 1978, Asbury Sound, le premier fan-club français de Bruce Springsteen et suit toutes les tournées du boss. Il aime les concerts et ne voudrait pas louper le prochain Patti Smith. Il s’est mis tardivement à la guitare, en possède six. On a passé une bonne partie du rendez-vous à parler musique et même, problématique des maisons de disques. Hennequin n’a rien, donc, de la posture du faux fan de Joe Strummer. Pourquoi n’a-t-il pas dirigé une major ? Il répond : «On n’offre pas un bar à un alcoolique.»

Hennequin a créé avec sa femme et ses trois enfants les N’Kings, groupe de rock, que ce chef de bande fait répéter tous les samedis, sonnant le clairon pour les couche-tard. Evoquant cette détermination, Sylvie, son épouse, diplômée de droit et de l’école du Louvre, qui écrit des livres pour enfants, dit de son mari qu’il a «une force de persuasion hors du commun».

Fils unique, Denis Hennequin est un Parisien pure souche, et qualifie son enfance de privilégiée. L’appartement familial était situé en face de la Sorbonne. Son Mai 68 est synonyme de libération de la pelouse du square Paul-Painlevé. Les événements ont fait fuir le gardien du square qui interdisait le foot des copains sur l’herbe tendre. Son père était conseiller juridique fiscal et sa mère docteur en droit, expert auprès la cour d’appel de Paris. Des études à Henri-IV, puis à Montaigne, lui ont inculqué des valeurs de gauche qu’il n’a pas perdues en faisant son droit à Assas.

Il n’envisageait pas sa vie dans le costume d’un expert-comptable. Il s’est dit qu’il y avait plus funky.

  

En 7 dates

  

8 juin 1958

Naissance à Paris.

  

Mai 68

Libération du square Paul-Painlevé.

  

Juillet-octobre 1976

Premier voyage au cœur du mythe américain.

  

1978 

Création d’un fan-club de Bruce Springsteen.

  

Décembre 1984

Assistant stagiaire du directeur d’un McDo parisien.

  

1995 

Direction de McDonald’s France.

 

15 janvier 2011

PDG d’Accor.

 

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Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.