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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 13:52

Vivek Badrinath, 44 ans, a fait l’essentiel de sa carrière chez France Télécom

Vivek Badrinath, 44 ans, a fait l’essentiel de sa carrière chez France Télécom | Denis ALLARD/REA/Denis ALLARD/REA

Tout un symbole. S'il était resté chez Orange comme responsable de l'innovation, du marketing et des technologies, Vivek Badrinath aurait participé au Mobile Word Congress, la grand-messe mondiale de la téléphonie mobile, du 24 au 27 février, à Barcelone. Il sera en fait, début mars, au Salon international du tourisme de Berlin pour ses premiers pas chez Accor.  

Celui qui, en Espagne, aurait été un expert reconnu dans ce forum des télécommunications se familiarisera en Allemagne avec son nouvel univers. L'enjeu est de taille pour cet X Télécom de 44 ans qui, dès le 1er mars, sera responsable de la stratégie numérique du sixième groupe hôtelier mondial et membre du comité exécutif.

Il s'agit de reprendre la main dans le numérique, Accor comme les autres chaînes du secteur ayant été dépassés par les sites de réservations en ligne et les comparateurs de prix qui détournent une partie de l'activité sur Internet. Et ce n'est pas fini. Si aujourd'hui 30 % de l'activité mondiale dans l'hôtellerie estimée à plus de 300 milliards d'euros se fait par l'intermédiaire d'Internet, 20 % à 30 % supplémentaires devraient venir des mobiles dans les années à venir selon Georges Panayotis, PDG du cabinet de conseil MKG Group.

« RÉINVENTER UN MODÈLE ÉCONOMIQUE »

 

« Le mobile et ses applications sont une opportunité pour les groupes hôteliers, qui ont perdu la première bataille du Web, de reprendre la main, estime cet expert. Accor a fait un excellent choix et surtout c'est le premier à ouvrir le bal dans le domaine numérique etle mobile. » « Il s'agit de réinventer un modèle économique, peut-être vaut-il mieux le confier à quelqu'un qui ne connaisse rien au secteur », apprécie Didier Krainc, directeur général du cabinet IDC France.

L'action Accor a gagné 1,7 % quand ce transfert a été officialisé, le 27 janvier. « Certes, Vivek Badrinath a une bonne réputation mais je doute que ce soit uniquement son arrivée qui ait fait gagner 70 millions d'euros de capitalisation boursière au titre ce jour-là », temporise un analyste. « Même le transfert du joueur Zlatan Ibrahimovic au PSG n'a pas atteint cette somme », relativise-t-il, faisant allusion au club de football parisien, aujourd'hui qatari. Il était auparavant propriété de Colony, le fonds d'investissement dirigé par Sébastien Bazin, le nouveau PDG d'Accor. Et c'était à ce moment que les deux hommes se sont rencontrés, voilà quatre ans « A l'époque, nous avions investi dans la construction d'un centre d'hébergement de base de données à Marcoussis , appelé Data4, et cherchions des clients », se souvient M. Bazin.

Des opérateurs sont contactés, dont France Télécom en la personne de M. Badrinath, directeur d'Orange Business Services. « J'ai été impressionné par sa très grande courtoisie, sa compétence et son côté studieux, il écrit sur un petit carnet avec une toute petite écriture », explique M. Bazin. Les deux hommes se rencontreront plusieurs fois mais ne feront pas affaire.

Les relations seront ensuite épisodiques et professionnelles. « Quand il a été nommé directeur général adjoint d'Orange en mai 2013, je lui ai envoyé un petit mot de félicitations », raconte le patron d'Accor. La réciproque sera vraie et il recevra à son tour un petit mot en août lors de sa désignation au poste de PDG. 

UN « PROPHÈTE ET VISIONNAIRE »

« Je l'ai contacté à l'automne, quelques mois après ma prise de fonction pour avoir son point de vue de spécialiste du digital sur l'évolution d'un groupe comme Accor », poursuit M. Bazin. Au départ, c'était un simple dialogue avec celui dont il apprécie le côté « prophète et visionnaire », car, dit-il, il a été capable « voici quinze ans d'anticiper le passage du fixe au téléphone cellulaire chez France Télécom en développant les logiciels adaptés ».

A l'issue de ces discussions « il n'y a pas eu de déclic » ou d'envie de venir chez Accor, « ce n'était pas le sujet », reconnaît M. Bazin. D'ailleurs quand le poste lui a été proposé « il n'a pas accepté immédiatement, car il a un très grand attachement à la maison France Télécom ».

Et pour cause, c'est dans cette entreprise où il a passé quatorze ans que M. Badrinath a fait l'essentiel de sa carrière. Un parcours international et d'ingénieur à l'image de son milieu familial. Ses parents sont arrivés d'inde en France à la fin des années 1950, son père ingénieur chargé des fonctions commerciales et exportation chez Alstom, sa mère fut éducatrice spécialisée.

A la maison, on parle anglais et tamoul. Tous les deux ans, un retour à Bangalore et Madras est organisé pendant les vacances pour ne pas perdre le contact avec la famille, dont l'un des grands-pères a été diplomate, l'autre ingénieur. Son frère devient ingénieur de l'armement. M. Badrinath, lui, rencontre sa femme à Polytechnique. Ils ont quatre enfants.

Après ses études, son passage au ministère de l'industrie en 1992 intervient en pleine mutation des télécommunications avec la loi de libéralisation et le rapport sur les autoroutes de l'information évoquant l'émergence d'Internet. Ce qui le conduit tout naturellement chez France Télécom qu'il rejoint à 27 ans.

« UNE CARRIÈRE ASSEZ FULGURANTE CHEZ ORANGE »

« Il a eu une carrière assez fulgurante chez Orange où il est entré très jeune, constate M. Krainc. Il a rapidement accédé à des fonctions très importantes et fait partie du cénacle. » En 2009, à 40 ans, il intègre le comité exécutif du groupe, passant de directeur technique à celui de la division réseau et opérateurs. « C'est un technologue brillant et reconnu sur le plan international », ajoute Mathias Hautefort, directeur général délégué du groupe Netgem, qui fut avec lui à Polytechnique.

Son parcours chez Orange a été interrompu brièvement, entre 2000 et 2004, par un passage chez Thomson, en tant que directeur général à Madras pour commercialiser des téléviseurs. Une parenthèse indienne avant le retour vers le futur, et le plongeon dans le numérique.

S'il préfère le consensus au conflit, certains lui reprochent de ne pas prendre de décisions. « C'est vrai qu'il peut parfois prendre du temps, admet un de ses proches, mais les enjeux sont tels dans le hight-tech qu'il veut tout peser avant de trancher . »

Son temps de réflexion avant de décider de partir chez Accor en est aussi l'illustration. Et surtout, il n'a pas voulu que son départ soit considéré comme une défiance vis-à-vis d'Orange et de son patron, Stéphane Richard. Bien au contraire.

Pour marquer la rupture, il a préféré partir au ski en famille dans les Alpes, plutôt que d'aller à Barcelone retrouver, une dernière fois, le monde du mobile dans ce salon qu'il a fréquenté sans discontinuer depuis sept ans.

Source: Le Monde

 

 

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Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.