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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 01:06

denis Hennequin 05 01 2011A la tête d'Accor, Denis Hennequin a engagé la mutation des marques et l'expansion internationale dès sa première année. Mais il reste prisonnier des carcans du groupe.

 

Temps sec et brise légère sur Séville. Une météo idéale pour attaquer à vélo les collines d’Andalousie. À la fin du week-end de quatre jours qu’il s’octroie, le cycliste Denis Hennequin, 54 ans, affichera 400 km au compteur. Une façon tonique d’affronter l’assemblée générale du groupe, jeudi, à Paris. Les actionnaires du géant hôtelier l’attendent au tournant. Ils veulent être rassurés sur la stratégie de ce transfuge du groupe McDonald’s, nommé en janvier 2011 à la place de Gilles Pélisson. En septembre, sa prestation avait déçu la communauté financière au point de faire plonger le cours du titre. Et le pire était à venir : la suite du feuilleton DSK au Sofitel de New York, le meurtre d’un directeur de Novotel à Abidjan ainsi que la crise en Grèce et en Espagne.

Et puis ce faux calme, qui dort cinq heures par nuit, a lancé les premiers chantiers. Aidé de Grégoire Champetier, son alter ego marketing débauché de chez McDo, il repense les marques. En septembre dernier, Ibis devient l’enseigne phare qui doit planer sur le monde. Etap est rebaptisé Ibis Budget et All Seasons, Ibis Styles. Il met 150 millions d’euros dans cette mutation étalée sur deux ans. Et peaufine une réorganisation du groupe par marques en Europe pour… 2013. Une évolution alors qu’on s’attendait à une rupture de la part de cet adepte du publicitaire Jean-Marie Dru, l’inventeur de la "disruption". C’est pourtant sans surprise pour Henri Giscard d’Estaing, patron de Club Med : "Denis est un homme de marketing. Et l’hôtellerie est une industrie à cycle long." Le GO en chef, qui échange à l’occasion avec Hennequin autour d’une table de la brasserie parisienne La Coupole, sait de quoi il parle : il lui a fallu une décennie pour repositionner ses villages vers le haut de gamme.

L’enseigne Mercure, justement, doit monter en gamme. À Shanghai, Denis Hennequin a inauguré en avril Grand Mercure – Meijue en mandarin –, une chaîne à la sauce chinoise : salles de banquets, karaoké, tatouage, taï-chi… C’est l’autre vision de ce patron intuitif : adapter les hôtels Accor aux goûts locaux. Il avait réussi cette prouesse chez McDo. "Je rêve qu’un jeune Indien qui débarque en France puisse se dire : “Tiens ! Ils ont des Ibis aussi à Paris.” Je me méfie de la notion globale de pays émergents. Chaque région est spécifique. À nous d’être inventifs."

 

Objectif : 40.000 nouvelles chambres cette année

Tout cela est raconté avec un méli-mélo de conviction et de séduction sur le même timbre de voix que le chanteur Alain Souchon. À l’écouter, le changement surgit sous vos yeux. L’homme qui ressemble à l’acteur américain Kevin Spacey vole d’un aéroport à l’autre, de Pékin à Hanoï. Il observe les hôtels concurrents, les clients au bar, au restaurant… Et remet en question des décennies de standardisation. Un changement de cap qui, selon lui, est la clé de la réussite en Asie et en Amérique latine.

Là encore, les lois du métier s’imposent à lui. Le sprinteur Hennequin n’a pas pulvérisé l’organigramme d’Accor : il s’appuie sur des piliers comme Yann Caillère, un proche de Gilles Pélisson qu’il a promu directeur général en charge des opérations monde. Objectif : ouvrir 40.000 chambres cette année. "Je sens le poids du groupe, reconnaît le nouveau patron. Mais je sais libérer la créativité. J’ai été élevé dans l’indiscipline." Dominique Reiniche, la présidente Europe de Coca-Cola Company, connaît bien ce dirigeant "atypique, spontané et adepte du brainstorming". Tous deux furent longtemps les seuls Frenchies à des postes clés de multinationales américaines. Cela crée des liens : "Denis est musicien, souligne-t-elle. C’est un rockeur qui sait s’adapter à d’autres rythmes."

 

L’action a grimpé de 35% depuis janvier

Donner du temps au temps devient une obligation, car la chaîne se développe désormais via des partenariats avec des investisseurs locaux. Des magnats, brésiliens ou indonésiens, construisent l’hôtel à leurs frais, et Accor, chargé de la gestion, s’occupe de remplir les chambres. En Inde, la création d’un établissement prend plusieurs années, mais sans bourse délier. De quoi ravir le duo Colony-Eurazeo qui détient 27,21% du groupe. Depuis leur entrée fracassante au capital, ils préconisent la cession des murs. Une stratégie que partage Denis Hennequin : "Cette année, 600 millions d’euros d’actifs immobiliers seront cédés. Au final, le groupe doit conserver 20% de son parc immobilier." La remontée du cours du Bourse (+ 35% depuis janvier) ajoute à la détente générale. À condition de composer avec les fondateurs Gérard Pélisson et Paul Dubrule, toujours actionnaires, avec moins de 2% du capital. Deux sportifs, capable de glisser des bâtons dans les roues du sprinteur.

 

Marie Nicot - Le Journal du Dimanche

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Hommage à Léon Jouhaux

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.