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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 10:40

Retraites : l'ouverture de François Chérèque


Crédits photo : Le Figaro

Tout en réaffirmant son opposition à la réforme, le patron de la CFDT fait quatre propositions pour dénouer le conflit. 

Une ouverture qui ne porte pas son nom. Tout en réaffirmant, mercredi, «son désaccord global sur le projet de loi» et en appelant toujours les Français à se mobiliser le 7 septembre contre la réforme des retraites, François Chérèque a fait un geste envers le gouvernement. Dans un entretien au journal Le Monde , le secrétaire général de la CFDT a concédé - et c'est une première - vouloir «faire avancer tout ce qui permettrait d'en atténuer les effets» et surtout «faire modifier tout ce que l'on pourra faire modifier». Et le leader syndical - qui exigeait jusqu'alors de négocier de son seul contre-projet - de faire quatre propositions à Éric Woerth, le ministre du Travail.

François Chérèque demande ainsi de maintenir à 65 ans la borne d'âge pour l'attribution de la retraite à taux plein «jusqu'en 2018, date à laquelle il est prévu de réaborder la question des retraites». Et non de la relever jusqu'à 67 ans à compter du 1er juillet 2016, au rythme de 4 mois par an. Bref, de reculer seulement d'un an et demi la mise en œuvre de cette mesure qui, selon lui, «pénalise les femmes et les ouvriers» et non de la supprimer du projet de loi. Le secrétaire général de la CFDT demande encore au gouvernement de revoir sa copie sur trois points annexes: les carrières longues, la pénibilité et les polypensionnés, soit les trois domaines qui seront justement précisés par des amendements lors du débat parlementaire qui débute le 7 septembre. Enfin, le leader syndical exige une réponse «avant la réunion de l'intersyndicale» prévue le 8 septembre dans l'après-midi.

 

Une double attitude 

 

«François Chérèque donne l'impression de renoncer à la retraite à 60 ans», analyse un expert en relations sociales. «Il tend la main au gouvernement pour préparer une fin de conflit la moins douloureuse possible, explique le patron d'une autre centrale. Il a compris qu'il ne le ferait pas reculer sur le passage à 62 ans, mais veut négocier des contreparties.» Une analyse partagée à l'Élysée, où l'on n'est pas surpris par les demandes du leader de la CFDT. «François Chérèque veut montrer qu'il n'est pas dans une position de fermeture, comme la CGT, et cherche à se différencier. Il cherche aussi à obtenir des concessions du gouvernement pour pouvoir dire à sa base que le conflit dur dans lequel la CFDT s'est lancé n'aura pas été vain.»

À la CFDT, on revendique cette avancée. «On a une double attitude, reconnaît un proche de François Chérèque: on reste opposé à une réforme injuste, mais on cherche à avancer sur des points que l'on a déjà dénoncés.» L'objectif est assumé: pousser le gouvernement à faire des concessions qui seront à porter au crédit de la CFDT. La centrale cédétiste, qui avait soutenu la réforme Fillon de 2003 et voudrait tourner la page pour pouvoir se concentrer sur d'autres dossiers chauds comme celui de l'emploi des jeunes, craint que ses militants lui reprochent de les avoir enfermés dans un conflit sans avoir obtenu quoi que ce soit. Bref, d'avoir manifesté et fait grève «pour rien».

 

Montrer que l'Élysée a cédé

 

Reste à savoir comment va réagir le gouvernement. Pour l'heure, rien n'est décidé, mais l'appel du pied lancé par François Chérèque a été reçu 5 sur 5 à l'Élysée. La réponse est non seulement économique - «accéder aux demandes de la CFDT nécessiterait de trouver plusieurs milliards de recettes nouvelles», précise un conseiller du chef de l'État - mais aussi politique et stratégique. «François Chérèque veut montrer que nous avons cédé après la manifestation du 7 septembre, résume-t-on à l'Élysée. A-t-on intérêt à le faire? Cela mérite réflexion.»

Quoi qu'il en soit, la sortie du leader de la CFDT, à moins d'une semaine de la grande mobilisation contre la réforme des retraites, sème le trouble. Pour preuve, la réponse d'Éric Aubin, un proche de Bernard Thibault: «Bouger sur la borne des 65-67 ans ne réglera rien. La CGT est toujours sur la même ligne: une opposition totale à un projet de loi injuste.» Ambiance…

Par Marc Landré
01/09/2010

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Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.