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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 19:22
jc-mailly.jpgPour complaire aux agences de notations financières, le Premier ministre, François Fillon est disposé à des réductions drastiques dans les dépenses publiques et sociales.

L’occasion fait le larron. «On doit restaurer les grands équilibres de nos finances publiques parce que je ne voudrais pas qu'on se trouve dans la situation de la Grèce, je ne voudrais pas qu'on perde notre notation qui est aujourd'hui "AAA" (la plus élevée, ndlr)», a fait valoir jeudi la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, à l'issue d'un séminaire gouvernemental consacré à la lutte contre le déficit public. Elle prétendait ainsi justifier le plan de rigueur annoncé sur TF1 la veille par le Premier ministre, François Fillon, et confirmé lors de ce raout ministériel. «Pour conserver cette signature de la France, qui est aujourd'hui, avec l'Allemagne la meilleure (…) en Europe», M. Fillon semble prêt à tout pour atteindre l'objectif de ramener en 2013 le déficit public à moins de 3% du produit intérieur brut, conformément au diktat du Pacte de stabilité européen. Pour FO, ces annonces constituent les premiers ingrédients d’un plat «à la grecque» inacceptable.

Alors que depuis un moment les dépenses publiques n’évoluent qu’à peine au niveau de l'inflation («zéro volume »), il veut désormais les voir geler à leur montant actuel («en valeur») pour les trois ans à venir, hors charges d’intérêt de la dette. Les dépenses courantes de l’Etat diminueraient alors de 10% sur la période (-5% dès 2011). La politique de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la à la retraite sera poursuivie bien qu’elle ait déjà détruit environ 100.000 emplois. Le pouvoir d’achat de l’État étant ainsi réduit, le gel des salaires des agents publics ne serait pas exclu. Par ailleurs, les «opérateurs de l'Etat» (universités, musées, Météo France, Pôle emploi, etc.) sont également visés par ces «efforts de productivité». Les dépenses d’intervention, comme les aides à l'emploi (contrats aidés...) ou les aides sociales (aide au logement, allocation adulte handicapé...) n’échapperaient pas non plus au coup de rabot. M. Fillon a mis en avant enfin «la nécessité de réduire les niches fiscales et sociales» (sans préciser lesquelles) pour économiser 5 milliards en deux ans.

«On fait un plan d'austérité, on est en train de refroidir la machine économique. On n'est même pas encore sorti de la récession qu'on risque de retomber dans une décroissance (...), on est en train de préparer les Français à la diète», a dénoncé vendredi le leader de FO Jean-Claude Mailly, avant d’ajouter: «On va finir par dire: nous sommes tous des travailleurs grecs!». Après ces annonces du Premier ministre, le «sommet social» qui réunira ce lundi patronat et syndicats à l'Elysée risque d’être quelque peu tendu.

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Hommage à Léon Jouhaux

leon-jouhaux.jpg

Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.