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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 23:33

McDonald’s : l’envers du décor (Photos-Vidéo)

Vendredi dernier, à 20h pile, 13 des 15 équipiers du McDonald’s Paris-Sud Austerlitz dépointent. C’est leur première journée de grève. Sous la neige, ils partent scotcher leur banderole « McDonald’s en grève – Non à la précarité ! » sur la façade de leur restaurant. Les salariés ont 2h30 de grève devant eux pour se faire entendre : le personnel ne roule pas sur l’or et n’a pas les moyens de perdre plus de deux heures de salaire. Hier, pour leur deuxième journée de cessation de travail, les équipiers du midi dépointaient pendant que l’équipe du soir venait les soutenir. StreetGeneration était présent sur place.

A l’entrée du restaurant, les employés comptent bien se faire entendre. Distribution de tracts et récolte de centaines de signatures pour leur pétition en quelques heures seulement, l’enthousiasme et le soutien des clients les pousse à poursuivre leur mouvement. Les employés réclament l’augmentation de leurs primes trimestrielles, l’amélioration de leurs conditions de travail ainsi que l’arrêt des pressions de la part de leur direction pour « faire du chiffre ». Alors que les années précédentes, les bonus trimestriels des salariés étaient de 250 à 550€, ils ne touchent plus, et ce depuis un an, que de 20 à 50€. La direction, quant à elle, reste claire : « Nous ne pouvons rien vous apporter de plus ».

Pourtant, l’entreprise ne fait qu’accroître ses bénéfices. Rappelons le chiffre de 3.500.000€ de chiffre d’affaire (net) annuel pour ce seul restaurant… Et la direction continue de toucher des primes allant de 1.000 à 5.000€ tous les trois mois. Un employé témoigne : « Vendredi soir ils ont voulu rameuter des employés d’autres restaurants pour contrer l’impact de notre grève, mais le soir tous les restaurants sont en sous-effectif, ils sont tous en galère d’équipiers, c’est bien la preuve qu’il y a un problème quelque part !». Sous-effectif, occupation de plusieurs postes pour un seul salarié et mauvaises conditions de travail font également partie de leurs revendications.

Sur les 15 équipiers présents vendredi soir, 13 étaient en grève ; les deux autres, en période d’essai, ne pouvaient risquer leur poste. Autant dire que le McDonald’s, en grève, à la sortie d’une gare un jour de départ en vacances, ne tournait plus avec seulement 2 équipiers sur le terrain, un manageur et le directeur. Au départ des deux seuls salariés pointés, le manager et le directeur ont du approcher les conditions de travail des salariés : directeur en caisse, manager en cuisine. Et seuls pour faire tourner le restaurant blindé. Les salariés, tantôt devant le comptoir, s’adonnaient à des « Aller, on fait du chiffre, on fait du chiffre !», « Ca fait mal d’être seul en caisse devant une queue de 20 personnes ! ». La satisfaction de voir la direction vivre leur quotidien.

« Sans nous, ils ne feraient aucun chiffre d’affaire ! »

L’un des employés, dans l’entreprise depuis plusieurs années, nous explique la situation : « Le directeur n’est présent que la journée. Donc la journée, les conditions de travail sont correctes : il y a de nombreuses caisses, plusieurs personnes en cuisine, une personne aux frites, une autre aux boissons, etc. Car si le restaurant manque d’effectif en journée, le directeur doit venir mettre la mains à la pâte. Mais le soir, le directeur n’est pas là et ne risque pas de devoir venir au secours de ses salariés en cas de grande affluence, comme souvent ; Alors, le terrain est vide et nous nous retrouvons à travailler dans des conditions déplorables ».

« La plupart du temps, il y a une personne en cuisine, seulement deux caisses, et une personne au FCN [« Fish, Chicken, Nuggets », cuisine poulet/poisson] qui doit gérer les frites en même temps. Et évidemment personne aux boissons/desserts. On se retrouve à devoir gérer des vagues d’affluence en étant seulement deux face aux clients. On nous met la pression pour faire du chiffre, ne pas remonter les pertes, faire un travail rapide, tout en passant outre la qualité ! », nous raconte une équipière. « Avant, nous travaillions dans d’aussi mauvaises conditions, mais au moins nous avions des primes ! Pourquoi continuer à se donner à fond pour que le restaurant empoche si nous ne touchons pas aux fruits de notre travail ? ». Mais ce qu’ils veulent par-dessus tout, c’est que leur travail soit reconnu : « Si le restaurant génère du chiffre d’affaire, c’est quand même grâce à ses équipiers qui sont en première ligne. Et on aimerait être reconnu pour ça. Car sans nous, ils ne feraient aucun chiffre ».

 Leur action s’inscrit dans la continuité des grèves et blocages déjà en cours depuis plusieurs mois dans d’autres McDonald’s parisiens comme celui de Boulogne, le Louvre et République. Les salariés le savent bien, leurs primes, ils ne les toucheront pas malgré ces grèves. Certes, ils font perdre beaucoup d’argent à leur restaurant, mais il faudra attendre les prochaines Négociations Annuelles Obligatoires pour pouvoir espérer percevoir leurs primes. Mais ils comptent bien continuer leur mouvement pour être mobilisés au maximum le moment venu. Ces grèves leur seront certainement d’une aide précieuse pour ces négociations qui approchent à grands pas. Mais la politique est rude, étant pour la plupart étudiants et en contrat de 20h/semaine, leurs salaires sont très faibles, et de courtes heures de grèves sont pour eux un petit luxe qu’ils s’accordent sans en avoir les moyens. La direction compte sur cette faiblesse pour essouffler ce mouvement qui l’inquiète.

Emelyne G.

Street Génération

 


Grève au McDonald’s Austerlitz vidéo

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Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.