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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 17:45

 

Marc Blondel aura indéniablement marqué l'histoire du syndicalisme français.

Marc Blondel aura indéniablement marqué l'histoire du syndicalisme français.

L'ex-secrétaire général de FO est décédé ce lundi à l'âge de 75 ans. Anticommuniste primaire et laïcard revendiqué, il aura fait basculer son organisation dans l'ère de la contestation radicale.

 

Les propos élogieux sur Marc Blondel vont pleuvoir toute la journée. Il en est toujours ainsi lorsqu'un personnage public, qui a marqué l'histoire par son empreinte -et quelle empreinte médiatique! -, décède. Ses proches et ceux qui l'ont côtoyé multiplieront les anecdotes sur ce syndicaliste atypique aux bretelles rouges, fort en gueule et adepte des coups de com', qui affectionnait fumer les gros cigares et avait fait basculer FO au début des années 90, après le règne d'ouverture d'André Bergeron, dans une posture beaucoup plus radicale et contestataire.

Mais Marc Blondel était bien plus que la caricature du «Monsieur Non» qu'il avait lui-même contribuée à bâtir - et cultiver - pendant les 15 années qu'il a passées à la tête de la confédération de l'avenue du Maine, entre 1989 et 2004. Marc Blondel était avant tout un personnage aimant la bonne chère et les bons mots, un dogmatique anticommuniste primaire qui avait fait de la lutte contre la CGT l'un de ses chevaux de bataille et de la préservation de ses bastions dans le service public, en voie d'extinction naturelle, un point central de sa politique. Et un «tribun hors pair» capable de mobiliser les foules.

 

Opposé en 1995 au plan Juppé sur la sécu

Fils de militaire et petit-fils de mineurs, il a notamment redonné des couleurs au courant trotskiste de son organisation -avec lequel il s'est allié en 1989- pour accéder à la tête de FO, en battant d'une courte tête le modéré Claude Pitous. Un courant qui depuis est toujours bien présent même si Jean-Claude Mailly, le successeur en 2004 de Marc Blondel après avoir été pendant 20 ans son secrétaire particulier, a plutôt bien réussi à le tenir à distance et à composer, bon an mal an, sans lui.

Quoi qu'il en soit, Marc Blondel aura indéniablement marqué l'histoire du syndicalisme français. Par son entente avec les grandes figures patronales de la métallurgie (UIMM). Par sa condamnation en 2001 dans le dossier des emplois fictifs de la ville de Paris pour avoir bénéficié, pendant les années 90, d'un garde du corps payé par les contribuables de la capitale française. Par sa capacité à mobiliser les foules pour s'opposer à la politique du gouvernement, de tous les gouvernements qu'il a côtoyés.

Ses principaux faits d'arme? Entre autres, son opposition viscérale au plan Juppé de réforme de la Sécu en 1995 qu'il a contribué, par ses coups de semonce contre le premier ministre de l'époque, à mettre à mal. Logique, cette réforme s'attaquait à l'une des pierres philosophales de son organisation, l'organisation de la sécurité sociale en France. Ou encore son combat quelques années plus tard contre la réforme des 35 heures de Martine Aubry dont il ne voyait pas l'utilité, si ce n'est de jouer contre les salaires.

 

Les militants de FO lui rendront hommage demain dans la rue

Militant laïque depuis toujours -un positionnement qui fait d'ailleurs partie de l'ADN de FO depuis la scission en 1947 avec la CGT-, il s'était encore illustré sur les dernières années de sa vie en prenant la tête de la Fédération nationale de la libre pensée (FNLP), une association hostile au dogme religieux dont la définition est de «refuser l'obscurantisme, le dogme et ce qui en découle, l'intolérance». Il aura également contribué à développer le syndicalisme international, après son départ des commandes de FO, en représentant les organisations françaises au bureau international du Travail (BIT), à Genève.

Son décès, lundi à l'âge de 75 ans, devrait redonner quelques couleurs à FO. Et notamment à la mobilisation contre le pacte de responsabilité de François Hollande programmée, demain, dans toute la France Et ce, ironie de l'histoire, d'un commun accord avec le grand ennemi d'hier, la CGT. Nul doute que les militants de FO voudront, par cette mobilisation qui aurait du passer inaperçue, rendre un vibrant hommage à leur ex-leader charismatique. Une sortie, en haut de l'affiche et pour une dernière fois dans la contestation, qui n'aurait pas déplu à l'intéressé…

source le figaro

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Hommage à Léon Jouhaux

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.