Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 00:34

original.38348.plein.jpg 

Tiens, une autre histoire d'hôtel du groupe Accor. Elle fera sans doute moins de bruit. Pour tout dire, elle n'en avait pas fait du tout, jusqu'à maintenant. Ce n'était qu'un entrefilet, dans l'actualité tourmentée. Le directeur du Novotel d'Abidjan avait été enlevé, début avril, au plus fort des combats. On avait retrouvé son corps fin mai. Des hommes de Gbagbo étaient impliqués. On lisait ça machinalement dans les fils d'actualité, pris par tant d'autres urgences.

Paru dans Libération d'aujourd'hui, un très beau texte rend vie à Stéphane Frantz di Rippel, directeur de l'hôtel, ainsi qu'à trois clients de l'hôtel, qui se trouvaient là au mauvais moment, Yves Lambelin, Raoul Adeossi et Chelliah Pandian. Signé par une dizaine de reporters de guerre français présents à Abidjan début avril, ce texte raconte l'ambiance au Novotel, dans les derniers jours du régime de Gbagbo finissant. Il raconte les manifestations d'intimidation devant les grilles, jusqu'à ce jour fatal où un commando fait irruption à l'intérieur de l'hôtel. "Que cherchait le commando de tueurs ce 4avril en début d’après-midi? Des «Blancs», des journalistes? Une monnaie d’échange? Les victimes expiatoires d’un régime agonisant? Toujours est-il que lorsque ces hommes en armes atteignent le 7e étage où se trouve le bureau de Stéphane Frantz di Rippel, ce dernier a un réflexe qui va sauver des vies, les nôtres, et condamner la sienne. Il nie la présence de journaliste dans son hôtel, alors même qu’une quinzaine d’entre eux se trouve à l’étage supérieur".

Stéphane Frantz di Rippel est emmené par le commando, ainsi que les trois clients qui se sont interposés. Le commando ne montera pas au huitième étage. Y serait-il monté sans l'interposition du directeur ? On ne le saura jamais. Le texte des reporters de guerre français est titré "A vous quatre qui nous avez sauvé la vie au Novotel d'Abidjan". Ce n'est rien d'autre qu'une stèle de papier, une déclaration de gratitude. Comme les rappels rituels de la détention de Ghesquière et Taponnier, il fait irruption dans l'hystérie virtuelle de l'information continue, et dans le tumulte de nos furieux débats. Il nous rappelle que là-bas, très loin, dans des trous noirs si proches du rond de lumière, il arrive encore, mais oui, qu'on meure pour l'information.

 

Par Daniel Schneidermann le 09/06/2011

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Syndicat FO Accor
  • : le blog du syndicat FO au sein du Groupe Accor et ses franchisés
  • Contact

IN MEMORIAM

             

Cécilio Garcia

Fondateur du Syndicat FO Accor 

1947-2018

 

 

Recherche

Découvrez le nouveau site FGTA FO

PiedMail_FGTA-FO4
           
cliquez sur le lien ci-dessus

ADHESION

FOAccor

  Si vous souhaitez adhérer à notre Syndicat,
contactez nous à
  l'adresse ci dessous 

  fleche 058-copie-5Syndicat FO ACCOR
253, Bis rue de Vaugirard
75015 Paris
06 08 16 67 58
bateau 015

VISITEURS


compteur visiteurs

Hommage à Léon Jouhaux

leon-jouhaux.jpg

Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.