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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 14:36
JEAN CLAUDE MAILLY EQUIPE FO
Vous allez être réélu pour un troisième mandat. Sera-t-il votre dernier ?
Je ne sais pas. Je n'exclus rien.

Les instances dirigeantes vont-elles beaucoup évoluer ?
Le bureau confédéral a été largement renouvelé au dernier congrès. Il n'y aura cette fois-ci qu'un seul changement, avec le remplacement de Bernard Devy par Philippe Pihet (UD du Rhône). Il y aura un peu plus de mouvement dans la commission exécutive.

Quelles revendications seront mises en avant au congrès ?
Nous allons durcir le ton sur la défense des piliers de la République sociale : le service public, le maintien d'une protection sociale collective et la hiérarchisation des normes, avec le primat du national en matière conventionnelle ou statutaire. Ces trois piliers sont très attaqués par le gouvernement et le patronat. L'accent sera également mis sur l'organisation du travail, la prise en charge publique et non privée de la dépendance et une vaste réforme de la fiscalité. Il faut aussi mettre Nicolas Sarkozy face à ses responsabilités. Je n'ai pas oublié son discours très social de Genève en 2009 à l'OIT. Il soulignait, je cite, qu' « il est chimérique et irresponsable de croire que les peuples subiront sans rien dire les conséquences douloureuses de la crise ». Et aujourd'hui, on parle de constitutionnaliser la rigueur ! Il ne suffit pas d'avoir raison à Genève si on a tort à Paris ou Bruxelles.

Pour certains, la réforme de la représentativité met en péril l'avenir de FO à l'horizon 2017...
J'entends cette petite musique du côté de Belleville et de Montreuil (sièges de la CFDT et de la CGT, NDLR). Il est temps qu'elle cesse. Je suis très serein, pour 2013, 2017 et après. FO est sur une pente ascendante, n'en déplaise à ceux qui rêvent d'une bipolarisation du syndicalisme.

Cet optimisme contraste avec vos récents reculs électoraux à La Poste ou EDF-GDF...
Il y a des hauts et des bas, comme pour tous les syndicats. Je le redis, FO se développe : on vient par exemple de progresser à ADP, la RATP et Airbus. Et ne soyons pas hypocrites : nous combattons la réforme de la représentativité, mais nous en bénéficions car des syndicats, notamment des autonomes, se tournent vers les grandes confédérations. FO a récupéré 24.000 ex-Unsa Police, 3.500 hôtesses et stewarts du SNPNC, 8.000 à 9.000 professeurs du SNETAA... D'autres arrivées seront annoncées au congrès.

Le flou règne sur vos adhérents. Combien en revendiquez-vous ?
Notre système d'adhésion rend impossible d'avancer un total précis. J'estime que FO compte environ 500.000 adhérents. Les chiffres ne remontent pas assez bien et vite du terrain, c'est vrai. Nous attaquerons ce chantier après le congrès. Autre tendance : nos adhérents du privé pèsent de plus en plus. Ils représentent 60 % des troupes. Pour continuer à nous développer dans le privé, nous devons mieux articuler les relations entre les structures nationales, fédérales et locales. Ce sera un des grands thèmes de travail du congrès.

Gardez-vous espoir de faire annuler la réforme de la représentativité ? Vos actions devant les tribunaux français ont échoué...
Notre plainte auprès de l'OIT devrait être examinée en mars. On verra. Et, dans tous les cas de figure, FO n'aura pas dit son dernier mot. Notre opiniâtreté irrite certains. C'est le signe qu'ils ne sont pas aussi confiants qu'ils le disent.

La stratégie de FO lors du conflit sur les retraites et vis-à-vis de l'intersyndicale a fait débat. Ne craignez-vous pas de pâtir d'une ligne difficilement lisible ?
Notre ligne est claire, a été validée en interne et reste historiquement inchangée : FO est favorable à l'unité d'action mais refuse de mettre la charrue avant les boeufs. Ce sont les revendications communes qui doivent amener l'unité d'action. Mais il n'est pas question de nous laisser enfermer dans une intersyndicale institutionnalisée qui débouche sur la recherche stérile du plus petit dénominateur commun pour une unité de façade. FO garde sa liberté et refusera toujours de faire le jeu d'une structure permanente qui aurait vocation à devenir une sorte de syndicat unique !

Reste que le développement d'un axe CGT-CFDT semble réduire à terme l'espace de FO...
 La bipolarisation ou le syndicat unique sont des fantasmes. La table syndicale est comme les autres : elle a besoin d'au moins trois pieds pour tenir. Je constate au contraire que FO est de plus en plus incontournable pour trouver des points d'équilibre. Les syndicats qui nous critiquent sont aussi prompts à reprendre nos analyses et propositions. Il est amusant d'en voir se réveiller aujourd'hui sur les ravages de la RGPP. Ou d'autres reprendre notre idée d'une allocation de solidarité intergénérationnelle sur l'emploi des jeunes.

Propos recueillis par DEREK PERROTTE, Les Echos

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Hommage à Léon Jouhaux

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.