Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 23:07

bertrand-mailly.jpgSix mois après l’adoption de la loi sur le travail dominical, Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP et Jean-Claude Mailly, délégué général de Force Ouvrière, étaient attendus pour un débat qui a pris des allures de premier bilan. « Ce débat sur le travail le dimanche est nécessaire », annonce en guise de préambule Xavier Bertrand. Pour lui, ce texte a permis « de légaliser une situation qui existe de facto dans de nombreuses entreprises ». Jean-Claude Mailly dénonce, lui, « un vieux débat, dans la grande tradition de la dérégulation du code du travail. Ce que fait le gouvernement, c’est légaliser l’illégalité. Certaines entreprises ne respectaient pas la loi quant au travail dominical. Plutôt que de les punir, la loi vient leur donner raison. Pourquoi ? ». « Ce texte n’oblige personne mais permet de faciliter la situation de certains salariés ». Le délégué général de Force Ouvrière conteste cette thèse du volontariat : « Le but de la loi n’est pas de réglementer sur mesure, mais de considérer la condition des salariés dans sa globalité. C’est une banalisation du travail dominical qui est amenée par ce texte. Certains salariés, au moment de l’embauche, n’auront d’autre choix que d’accepter ces nouvelles conditions de travail ». A terme, les salariés seront « payés comme n’importe quel jour si cette situation s’enracine », et « on oubliera qu’avant on ne travaillait pas le dimanche ». Les applaudissements font sourire Xavier Bertrand : « Je sais bien que je ne suis pas en terrain conquis ici. Mais j’aime le débat ». Le pouvoir d’achat en question « Ouvrir plus pour gagner plus ? Non ! » proteste Jean-Claude Mailly, amenant l’idée que « si ces entreprises font des bénéfices le dimanche, c’est parce qu’elles prennent du chiffre d’affaires à leurs concurrents fermés. C’est du cannibalisme ». Xavier Bertrand contredit : « Ce n’est pas le problème. Le travail dominical permet aux travailleurs d’augmenter leur pouvoir d’achat ». Jean-Claude Mailly ironise : « A quoi bon ouvrir les magasins le dimanche ? Le jour où tout le monde travaillera le dimanche, il faudra fermer les magasins, car il n’y aura plus personne pour s’y rendre ». Le public est conquis. « Qu’en est-il de la question du maintien de la cellule familiale et son bonheur ? » demande un auditeur soucieux de recentrer le débat. «Le but du gouvernement n’est pas de créer le bonheur, mais de créer les conditions de sa réalisation » répond Xavier Bertrand, sans convaincre. Les deux conférenciers en prennent pour leur grade : « Vous pensez tous deux de la même façon, soutient une auditrice. Je vous le dis moi : la raison de vivre des salariés n’est pas le pouvoir d’achat.. La consommation est une pathologie du lien social, a dit ce matin Pierre Rosanvallon. » Salve d’applaudissements dans la salle. Et si le bonheur devait s’émanciper d’une vision trop étroite de l’économie et du travail pour se réaliser pleinement ?

 

Josselin Brémaud (étudiant, Master journalisme Sciences po Rennes)

Lu sur : http://www.travail-dimanche.com

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Syndicat FO Accor
  • : le blog du syndicat FO au sein du Groupe Accor et ses franchisés
  • Contact

IN MEMORIAM

             

Cécilio Garcia

Fondateur du Syndicat FO Accor 

1947-2018

 

 

Recherche

Découvrez le nouveau site FGTA FO

PiedMail_FGTA-FO4
           
cliquez sur le lien ci-dessus

ADHESION

FOAccor

  Si vous souhaitez adhérer à notre Syndicat,
contactez nous à
  l'adresse ci dessous 

  fleche 058-copie-5Syndicat FO ACCOR
253, Bis rue de Vaugirard
75015 Paris
06 08 16 67 58
bateau 015

VISITEURS


compteur visiteurs

Hommage à Léon Jouhaux

leon-jouhaux.jpg

Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.