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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 22:55
PHOTOS-FO-ACCOR-6289.JPG Manifestation 19 Octobre 2010 Paris
 
a abattu ses cartes dans le dossier des retraites en répétant qu'il ne bougerait plus d'un iota sur une réforme érigée en emblème, et compte sur une fissure du front syndical et les vacances pour voir la contestation s'essouffler.
Depuis plusieurs jours, la ligne rouge est tracée. A Deauville aux côtés de la chancelière et du russe Dmitri Medvedev ou en Gironde devant des étudiants et des chercheurs, le chef de l'Etat répète le même message de fermeté.
Quel que soit le niveau de la contestation de rue, sa réforme des retraites ira jusqu'au bout.
"Je mènerai à son terme la réforme des retraites car mon devoir en tant que chef de l'Etat est de garantir aux Français qu'eux-mêmes et leurs enfants pourront compter sur leur retraite", a redit mercredi Nicolas Sarkozy devant le Conseil des ministres, au lendemain d'une 6e journée de mobilisation massive contre le projet du gouvernement.
"Dans quelques jours la réforme des retraites sera la loi de la République", a renchéri devant les députés le Premier ministre, François Fillon.
"Ce matin, le président avait l'air de considérer que le gouvernement avait fait d'importantes concessions et que c'était fini", témoigne un ministre, "il semblait surtout préoccupé par l'approvisionnement en essence".
Depuis le week-end, Nicolas Sarkozy est monté en première ligne sur le front du blocage des dépôts d'essence et du maintien de l'ordre, convaincu de tenir là un moyen de discréditer la contestation.
"Jusque-là, les syndicats avaient plutôt l'opinion pour eux, c'est une erreur de s'en prendre à la vie quotidienne des Français", juge un ministre, "l'essence, c'est sacré". "Les casseurs, c'est pas des images qui plaisent aux Français", complète un responsable de la majorité.
Quant à la mobilisation lycéenne, l'exécutif compte clairement sur le début des vacances de la Toussaint vendredi soir pour calmer les ardeurs contestatrices des jeunes. Et pouvoir, une fois le texte adopté par les sénateurs, tourner enfin la page de la contestation.
"Il faut saturer la pièce d'oxygène pour éteindre l'incendie", résume un ministre, "le vote au Sénat, les vacances, le remaniement à venir".
Les syndicats doivent se revoir jeudi pour juger de l'opportunité d'une 7e journée de mobilisation. Certaines fissures sont apparues dans un front jusque-là uni, dont l'Elysée compte bien profiter. "Un projet de loi et une loi ce n'est pas la même chose", a jugé le patron de l'Unsa Alain Olive, "les façons de les contester ne peuvent pas être les mêmes".
S'il refuse de céder sur une réforme qui lui permettre de se présenter en 2012 comme "le président qui a sauvé les retraites", Nicolas Sarkozy est conscient des dégâts potentiels de ce bras de fer avec les syndicats, dont il se targue de les avoir souvent reçus à l'Elysée.
Pour renouer le contact, le gouvernement pourrait profiter de deux amendements déposés au Sénat qui permettraient de rouvrir d'ici à l'avenir le débat sur une réforme "systémique" des retraites, comme le souhaite la CFDT. Son porte-parole Luc Chatel l'a toutefois exclu mercredi, indiquant qu'aucune "clause de revoyure" n'était à l'ordre du jour.
Plus sûrement, Nicolas Sarkozy compte sur le prochain remaniement, annoncé en novembre, pour recoller les morceaux avec les syndicats.
Dans un entretien à paraître jeudi dans l'hebdomadaire Valeurs actuelles, son bras droit Claude Guéant vante précisément les qualités sociales de Jean-Louis Borloo, fréquemment cité pour remplacer François Fillon Matignon. "C'est un orfèvre en matière sociale et il a l'oreille des syndicats".

 
 20.10.2010, 20h33

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Hommage à Léon Jouhaux

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Léon Jouhaux Fondateur de FO en 1948

  1879-1954


  « Pour remplir sa mission, le syndicalisme doit conserver son entière personnalité.
Il
ne peut ni ne doit s’inféoder à aucun parti politique. »

 

Né en 1879, Léon Jouhaux est un jeune ouvrier anarchiste, travaillant à la manufacture d'allumettes d'Aubervilliers. À trente ans, le 12 juillet 1909, il est élu secrétaire général de la CGT. Il participe aux efforts des syndicats pour prévenir les deux guerres mondiales. Au début de la seconde, il s'installe à Marseille où il prend contact avec les syndicalistes de la zone occupée. Arrêté par la police de Vichy, il est livré aux Nazis en novembre 1942. Son statut politique lui permet d'échapper aux camps d'extermination ou aux stalags des prisonniers de guerre. Il est libéré par les Américains après deux ans et demi de captivité. Dans l'euphorie de la victoire et de la paix, l'heure est à l'unité et Léon Jouhaux représente pour de très nombreux travailleurs le père, le fédérateur, le rassembleur. Il reprend donc la tête de la CGT. Mais devant l'influence grandissante du PCF au sein de la Confédération syndicale, il démissionne en 1948 pour fonder la CGT-FO. La suite de sa carrière dépasse alors le cadre national. Il devient vice-président de la Fédération Syndicale Mondiale et délégué à l'ONU. Son engagement est couronné en 1951 par le Prix Nobel de la paix.